En voilà qui viennent de loin ! Géographiquement, la distance au Valais reste toute relative, mais du point de vue temporel, le son sorti de vos vieux vinyles qui n’ont que trop pris la poussière, ça, ça vient de vraiment loin, genre au moins un demi-siècle. J’ai l’impression que mon papy pourrait me faire écouter The Revox en disant, avec toute la sincérité du monde :

« Tu vois, c’était ça le vrai punk ! C’était ce son qu’on faisait à l’époque, et ça n’a pas pris une ride ! Une vraie révolution musicale, ceux-là ! »

Certes oui, papy, à ceci près que The Revox ne sont nés qu’en 2011 (enfin le groupe, pas les gaillards), bien longtemps après la période dont tu me parles ! Niveau révolution musicale, la seule que je vois ici, c’est d’avoir réussi à reproduire le son garage-rock sale des années soixante / septante avec le même vieillissement dû à la poussière sur les vinyles.

Du coup je vais m’informer : ils n’en sont pas à leur première galette et se présentent comme

« un projet scientifique de voyage temporel initié par la NASA en 1966, [soit] trois musiciens suisses [qui] furent entraînés à jouer du garage-punk sauvage et agressif avant d’être congelés dans des abris secrets en plein désert, dans l’intention d’être utilisés comme arme secrète en cas d’invasion extra-terrestre. »

Possible que leur style fasse fuir les fans de Bieber, mais contre les extra-terrestres, j’attends de voir. En attendant, j’me passe leur nouvel album ʿIn Monoʾ en musique de fond pour bricoler, réparer mon scooter Vespa, regarder un film de série B, boire un whisky bon marché avec papy… bref, tout ce qui pourrait passer pour être « vintage » aujourd’hui, voire ringard, diraient les mauvaises langues qui n’savent pas c’qu’est bon. L’album est parfait pour ça, finalement. On change instantanément de rythme et d’ambiance, ou de dimension – le whisky de papy aidant.

La plupart des morceaux ont un riff entraînant, que des soli très garage viennent sublimer ou chambouler. La voix du chanteur est assez changeante et quelques effets très sympatoches viennent combler le spectre musical : intro bruitiste sur Gloria Stomper, chœurs et délires en studio à la fin de 3 For Love, synthé on ne peut plus old-school sur Axis avec des gammes orientales.

Si vous vous demandiez, comme tout le monde je suppose, ce qu’aurait donné une progéniture de Brody Dalle et les Beatles après une soirée arrosée à l’abricotine, je pense que ça peut bien s’approcher de The Revox. À conseiller donc à toutes les oreilles curieuses, nostalgiques, amoureuses des guitares fuzz ou du proto-punk !

therevox.bandcamp.com

Note : 3.5/5

Auteur : Alain Foulon

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