Un «guitar hero» comme on en fait presque plus.

À l’occasion du 25e anniversaire de la sortie de son album Passion and Warfare (qui lancera sa carrière solo), Steve Vai a montré toute l’étendue de son talent jeudi soir, lors d’une représentation au Théâtre Corona. Un vrai régal auditif et visuel.

Steve Vai est un oiseau rare, un homme aux doigts de fée. Son talent ne se discute même plus: il faut dire qu’avec un professeur de guitare comme Joe Satriani, son destin était déjà tout tracé.

À en juger par les acclamations du public, celui-ci est rempli de fins connaisseurs. C’est un peu avant 21 h que Steve Vai arrive sur scène, le visage caché sous une large capuche argentée, sa guitare tout éclairée de bleu et des lunettes fluorescentes qui lancent des rayons rouges. Toute une entrée en matière.

Avant le retour nostalgique, le prodige de la guitare nous propose quelques titres histoire de se mettre dans le bain: Bad Horsie, The Crying Machine, ou encore Gravity Storm.
La première chose que l’on remarque chez l’artiste mis à part son talent indéniable c’est sa mimique, disons singulière. Passant tout à tour de la surprise à la passion avec une intensité que l’on pourrait comparer à un quasi-orgasme (oui, oui), ses expressions faciales transmettent des émotions là où la plupart des artistes ont besoin de leur voix.

Autant à l’aise dans la douceur que dans le son brut, Whispering a Prayer vient alors apporter une touche de sensualité après un début en force. Plutôt taquin avec son public, il s’amuse ensuite à jouer des sons simples sur sa guitare, sons qui seront reproduits par le public: un moment d’échange qui fait sourire.

Il est à présent temps d’entendre ce que Steve Vai a à nous raconter. Avant de continuer sur sa lancée, il prend quelques minutes afin d’interagir avec le public, de présenter ses musiciens et de raconter quelques anecdotes, notamment l’enregistrement de Passion and Warfare il y a maintenant 25 ans de cela. Brian May apparaît sur scène (ne soyez pas jaloux, il était juste sur un écran) puis Liberty lance le «retour en arrière» tandis que Joe Satriani sera là aussi «virtuellement» sur Answers.

Les titres s’enchaînent dans le même ordre que l’album, les prouesses de Steve Vai ne faiblissent pas, bien au contraire. On en vient même à se demander comment font ses doigts pour parcourir les cordes de sa guitare toujours plus vite; c’en serait presque déconcertant. Adepte, entre autres, du tapping (qui consiste à taper une corde plutôt qu’à la gratter ou à la pincer), les sons qui sortent de son instrument semblent parfois venir d’un autre monde, des sons qu’il produit avec ses doigts, ou ses dents.

Nostalgique jusqu’au bout, l’écran placé sur scène diffuse parfois d’anciens extraits de concerts.
Pour terminer la soirée en beauté, rien ne vaut une reprise du très grand Franck Zappa, Stevie’s Spanking avec bien sûr Vai à la guitare et Zappa au chant, toujours sur grand écran.

Racing The World sonne la fin du concert, avant bien sûr une chanson de rappel où les premiers rangs auront eu la chance de voir Steve Vai marcher et jouer juste à côté d’eux. Preuve que l’on peut être un des meilleurs guitaristes du monde, mais aussi être humble et généreux avec son public.

Que pourrait-on alors reprocher à Steve Vai? Peut-être une présentation trop linéaire?

Il faut savoir que les titres de Passion and Warfare ont été joués dans le même ordre que sur son album. Un peu de variété, ça n’aurait fait de mal à personne. Quoi qu’il en soit, la soirée touche à sa fin, Steve Vai est ovationné et s’attarde sur scène afin de profiter du moment présent, sous les douces notes d’Hallelujah, chanson de Leonard Cohen (dont la reprise par Jeff Buckley reste probablement la plus connue). Leonard Cohen qui nous aura quitté ce soir-là.
Dommage, la soirée avait si bien commencé…!

Texte: Marine Lardennois

Photos: Sébastien Tacheron

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SETLIST

Bad Horsie

The Crying Machine

Gravity Storm

Whispering a Prayer

Liberty

Erotic Nightmares

The Animal

Answers

The Riddle

Ballerina 12/24

For the Love of God

The Audience Is Listening

I Would Love To

Blue Powder

Greasy Kid’s Stuff

Alien Water Kiss

Sisters

Love Secrets

Stevie’s Spanking (Frank Zappa cover)

Racing the World

RAPPEL

Fire Garden Suite IV — Taurus Bulba