Si Dave Mustaine n’avait jamais quitté Metallica, que se serait-il passé ? On ne le saura jamais, mais c’est en 1983 que l’histoire de Megadeth débute. Quarante-trois ans plus tard, le groupe semble arriver à la fin du parcours : Dave l’a laissé entendre lors de la sortie du nouvel album, tout en annonçant une ultime tournée mondiale.
Cette décision semble avoir été motivée par des problèmes à une main, l’empêchant de jouer de la guitare avec la précision habituelle. C’est donc, peut-être, la dernière visite du groupe dans la ville de Québec.
Ce Canada Tour 2026, qui a débuté le 15 février à Victoria, en Colombie-Britannique, s’achève à Québec et c’est Exodus qui se charge de lancer les festivités. Autant dire que ceux qui avaient hâte de voir le groupe avec Rob Dukes, de retour derrière le micro, vont être un peu déçus. Non pas par la performance du groupe, qui a été quasi parfaite à mon goût, mais par le nombre de chansons jouées : six seulement. À peine le temps de se mettre dedans qu’il a déjà fallu s’arrêter. Les Californiens devront revenir à la sortie de leur nouvel album pour nous en donner davantage.
C’est ensuite au tour d’Anthrax. C’est toujours un plaisir d’entendre leur reprise de I Can’t Turn You Loose, version Blues Brothers, en guise d’introduction. Côté setlist, pas de surprise, si ce n’est l’extrait d’un nouveau titre qui devrait figurer sur leur prochain album à paraître.
Pour le reste, les classiques du groupe commeMetal Thrashing Mad, Madhouse, I Am The Law ou encore Indians sont bel et bien présents. Comme c’est le cas depuis des années, deux reprises figurent au programme : Got The Time de Joe Jackson et Antisocial de Trust. Pour cette dernière, Pour cette dernière, j’ai trouvé que le moment où Joey a tenté de faire participer le public manquait de « couilles », pour reprendre les mots de Bernie Bonvoisin sur l’album live Paris By Night de 1988. La foule n’a pas vraiment joué le jeu et on n’était bien loin d’un cri unanime sur Antisocial…
Et voilà, on y est : le possible dernier passage de Megadeth à Québec. Comme mentionné plus haut, le public est au rendez-vous. Tout a déjà été dit sur la voix de Dave Mustaine. Elle est fatiguée, certains disent qu’il aurait dû arrêter il y a longtemps, mais on ne reviendra pas là-dessus. L’important reste la musique.
De ce côté-là, il a composé au fil des années un nombre impressionnant de classiques qu’il est toujours plaisant d’entendre en concert : Hangar 18, Countdown To Extinction, Symphony Of Destruction, Peace Sells ou encore Holy Wars. Côté visuel, un grand drap avec « Megadeth » écrit en gros, et c’est tout. Pas besoin de dragons crachant des bulles de savon ou de feu partout; seule la musique est ici importante.
Me concernant, j’ai apprécié ce concert. Si, comme je le pense, c’est mon dernier, j’en garderai un bon souvenir. Ce n’a pas toujours été le cas avec les spectacles de Megadeth : je me rappelle notamment qu’il y a une trentaine d’années, je m’étais juré de ne plus jamais aller les voir après un concert des plus pénibles au Zénith de Paris. Comme quoi, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis.
Cette fois, on peut le dire : « à tout le monde, à tous mes amis, je vous aime, je dois partir ! »
Dave, merci pour la musique.












































