Une chose que l’on ne peut pas reprocher à Idles, c’est leur façon de venir dans ta gueule et de t’expliquer la vie, comme ce cousin que tu vois tous les six mois et que tu trouveras toujours cool parce qu’il a ce côté rebelle et attachant. Le quintet post-punk anglais revient avec un nouvel album, moins de deux ans après la réjouissante surprise de ‘Brutalism’ qui les avait présentés à la face du monde. Le groupe semble s’être désormais vêtu d’une cape de héros défendant la veuve et l’orphelin et distille un son plus sombre et torturé, voire plus binaire et moins aventureux que ce qui les a fait connaître. De l’anxiogène ‘June’, au Pixies-esque ‘Samaritans’, traitant autant d’enfants mort-nés que de sexualité au XXIe siècle, cet opus ne surprend pas mais sait flatter les oreilles : enfin de quoi remplir notre playlist avec de nouveaux titres ! Le batteur semble avoir pris des cours et tape plus fort que tous les autres musiciens, et le groupe est généralement plus carré qu’auparavant. Un mastering beaucoup trop propre pour un groupe de post-punk vient néanmoins ruiner l’écoute : Idles n’a pas envie de créer des chansons, il veut simplement les jouer devant un public, et l’on peut d’emblée se voir chanter les refrains à tue-tête plutôt. Pas de titres ultimes comme ‘Queens’ ou ‘Well Done’ à l’horizon, et une baisse de niveau général nous laisse un goût doux-amer. Comme si le groupe cherchait à concilier leurs anciens fans amateurs de moshpits transpirants et acquérir de nouveaux amateurs de leur son percutant avec des titres dignes d’hymnes de stades de foot. Le groupe aurait-il rechigné son amour pour les salles sombres aux relents de moisissure ?

www.idlesband.com

Note : 3/5

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