À mesure que les heures passent, le Hellfest révèle son vrai visage. L’effervescence du premier jour laisse place à quelque chose de plus instinctif : un rythme collectif où l’on ne compte déjà plus les kilomètres parcourus ni les heures de sommeil perdues. On suit simplement le mouvement, de scène en scène, jusqu’à la tombée de la nuit. La chaleur toujours présente, est difficile à gérer malgré les quelques nuages salvateurs.
Entre les Mainstages monumentales, une Warzone sous tension permanente, la Valley et ses atmosphères tantôt lourdes, tantôt psychédéliques, le Temple et l’Altar dédiés aux sonorités les plus extrêmes, sans oublier les échappées du côté du Metal Corner : le Hellfest déploie cette année encore, toutes ses facettes.
METAL CORNER – YOGA METAL (10H00)
Impossible de passer à côté du phénomène. Depuis 2023, le Yoga Metal s’impose du côté du Metal Corner comme un rendez-vous désormais bien installé dans les matinées du Hellfest.
Cette session d’une heure propose un mélange d’étirements, d’exercices doux et de respiration, le tout dans une ambiance étonnamment cohérente avec l’énergie du festival. Et contre toute attente, ce réveil sportif trouve son public : année après année, les participants sont de plus en plus nombreux à dérouler leur tapis au milieu du Metal Corner.
Initiée par Metal Workout, le projet fitness porté par Yann Heurtaux (Mass Hysteria, Karras) et Matthew K. Heafy (Trivium, Ibaraki), cette parenthèse réussit à faire cohabiter bien-être et playlist musclée, dans un esprit finalement très Hellfest.
TEMPLE – MOURIR (11H05)
On attaque intensément la journée sous la tente du Temple avec Mourir, formation toulousaine de black metal, qui s’inscrit dans une esthétique (forcément) sombre et contemplative, parfaitement taillée pour ce type de créneau matinal. Les codes du genre sont là : une atmosphère feutrée et sobre, une voix en détresse signée Olivier Lolmède, une présence imposante.
Tout repose sur les textures et une énergie plus intérieure qu’explosive. Le groupe préfère laisser parler l’intensité de sa musique, oppressante par moments, presque hypnotique à d’autres.
Le prochain album, Nous, le Venin est attendu le 10 juillet prochain chez Pelagic Records et une interview du groupe arrive bientôt chez Daily Rock pour revenir plus en détail sur cette actualité.
La foule s’installe timidement mais est déjà bien présente en cette matinée très ensoleillée.
WARZONE – WAKE THE DEAD (11H05)
À l’opposé du site, et donc à l’opposé du genre, on retrouve Wake The Dead sur la scène de la Warzone. Autant dire qu’ils portent très bien leur nom. À peine arrivés, on se prend une grosse claque de la part de ces Marseillais actifs depuis 2010, qui incarnent un hardcore moderne, sincère et profondément DIY. Fidèles à leur devise (« conduire des heures pour jouer une demi-heure »), ils se sont bâti une solide réputation sur la route. D’ailleurs, nous les avions découverts lors de l’édition 2025 du Sylak et nous n’avions pas été déçus !
Sur scène, Aleksandra participe à une énergie directe et efficace. Elle défend avec brio un hardcore mélodique nourri d’influences variées et parfaitement taillé pour réveiller la Warzone. Devant la scène, les premiers rangs reprennent plusieurs passages à pleins poumons. Malgré les changements de line-up, Wake The Dead a toujours continué d’avancer, enchaînant les sorties (souvent en collaboration avec Florent Salfati de Landmvrks) et les tournées. Bref, du bon hardcore live qui nous secoue exactement comme on l’espérait.

MAINSTAGE 2 – RETURN TO DUST (11H40)
Return To Dust n’aura eu besoin que de quelques minutes pour stimuler une Mainstage encore endormie. Dès 11h40, les Américains imposent leur rock grunge rugueux et organique, porté par des harmonies vocales impeccables et une maîtrise qui dépasse largement leur jeune âge.
L’influence d’Alice in Chains ou de Soundgarden est évidente, mais le groupe ne se contente jamais de regarder dans le rétroviseur. Son interprétation du genre reste moderne, sincère et particulièrement efficace sur scène. Les quatre musiciens déroulent avec assurance et parviennent rapidement à capter l’attention d’un public pourtant encore en phase d’échauffement.
Une très belle découverte et sans doute l’une des bonnes surprises de ce début de journée. Pour ceux qui les auraient loupés ils seront le 6 juillet à Paris au Pan Piper.
MAINSTAGE 2 – BROTHERS OF METAL (12H50)
Brothers of Metal, groupe de power metal formé en 2012 à Falun, petite ville de Suède, s’empare de la Mainstage 2 avec un univers inspiré de la mythologie nordique. Des vikings modernes qui savent parfaitement transformer un concert en célébration épique.
Chœurs fédérateurs, refrains accrocheurs : la recette déclenche immédiatement la réaction du public, très réceptif en ce début d’après-midi. Difficile de résister à cette énergie terriblement communicative et entraînante qui donnerait presque envie de conquérir quelques territoires avant le concert suivant.
Ylva Eriksson y contribue largement. Souriante, toujours juste et dotée d’une présence naturelle, la chanteuse porte de nombreux moments forts du set et transmet son enthousiasme à toute la foule.
Un show généreux et très efficace, parfaitement adapté à une Mainstage qui commence à sérieusement monter en puissance.
WARZONE – DIE SPITZ (13h35)
Directement depuis Austin (Texas), Die Spitz débarque avec une énergie brute et irrésistible. Le quatuor, formé en 2022 et auteur d’un premier album, Something to Consume (2025), incarne une nouvelle génération rock qui refuse de choisir entre punk, hardcore et grunge.
Sur scène, c’est le chaos organisé : les rôles s’échangent, les instruments aussi, et l’énergie collective prend le dessus sur tout le reste. Une sensation de groupe soudé à l’extrême se fait sentir immédiatement : sourires complices échangés sur scène et face-à-face intenses, qui transforment chaque morceau en décharge émotionnelle.
La bassiste pousse même le délire jusqu’à jouer quelques instants sur la tête. Dans le pit, c’est la décadence la plus totale, mais toujours avec ce côté fun et incontrôlable qui colle parfaitement à l’esprit du groupe et de la Warzone.
Die Spitz impose un live instinctif, imprévisible et furieusement vivant. À voir absolument !
VALLEY – CONJURER (14H20)
La Valley change d’atmosphère à l’heure de Conjurer. Le groupe anglais déploie immédiatement un son massif et oppressant. Avec Unself (2025, Nuclear Blast), ils installent une noirceur continue et une tension qui ne redescend jamais vraiment.
Sur scène, tout est serré, frontal, presque étouffant par moments. C’est surtout d’une puissance impressionnante. Une de ces prestations que l’on ressent autant dans les tripes que dans les oreilles, portée par une rage omniprésente qui traverse chaque morceau.
Le public se laisse totalement embarquer, hypnotiser, malgré les allers-retours incessants en direction des différents points d’eau à cause de la chaleur de plus en plus écrasante.
MAINSTAGE 2 – TESSERACT (14H20)
Du côté de la Mainstage, Tesseract propose cette aura particulière des groupes qui ont redéfini leur propre terrain de jeu. Les Anglais portent depuis plus de vingt ans une vision du metal progressif à la fois technique et atmosphérique.
Sur scène, tout est précis, millimétré malgré cette chaleur qui semble augmenter au fil de la journée. Mais comment font-ils sur scène pour supporter lumière et soleil en pleine face ? D’ailleurs, on note que la foule est encore timide à cette heure-ci et ça se comprend largement. Le bon côté de la canicule est que l’on circule encore facilement, de manière à se placer très près des Mainstages.
Avec Tesseract, le djent devient un espace aérien, où les rythmiques complexes laissent toujours passer l’émotion. Au centre, la voix de Daniel Tompkins est parfaitement posée : claire, maîtrisée, capable de planer au-dessus du mix sans jamais forcer, tout en gardant une vraie intensité. Le tout est doublé de lights parfaitement synchronisées.
Pour l’occasion, le groupe a construit un set qui avance par vagues, sans jamais perdre en densité. Un concert puissant et maîtrisé, porté par une identité sonore immédiatement reconnaissable.
WARZONE – POINT MORT (15H05)
On fait un crochet par la Warzone pour voir Point Mort, groupe français parmi les plus prometteurs de la scène actuelle. Déjà passés par le Hellfest en 2022 à la Valley, les Parisiens reviennent avec une intensité intacte.
Sur scène, le décor est étonnamment fleuri, avec une scénographie qui tranche nettement avec la marée noire du festival. Dans cette ambiance de printemps funéraire en plein cœur de canicule, Sam, fine silhouette au centre du chaos, apparaît, sautillant en tenue rose pâle et impose une présence à la fois fragile et incandescente.
Au chant, elle délivre des cris saisissants qui donnent au set une dimension cathartique. Le groupe déploie un post-hardcore tendu, une rage brute, le tout porté par une énergie qui déborde littéralement de la scène.
Un concert intense, qui ne laisse pas indifférent la foule, dont une partie, curieuse, était là pour découvrir.

MAINSTAGE 2 – BLOODYWOOD (15H55)
Côté Mainstage, Boodywood transforme immédiatement l’espace en terrain de choc. Le groupe venu de New Delhi mélange nu metal massif et instruments traditionnels indiens, avec une intensité rare. Dhol ultra percussif, riffs épais, rap frontal en hindi et punjabi : tout est pensé pour frapper vite et fort, sans détour. C’est étonnant mais ça fonctionne.
Ça saute, ça groove, ça percute presque comme une transe collective. Même sur un passage rapide, difficile de rester en dehors de cette énergie brute et totalement singulière.
ALTAR – SINSAENUM (15H55)
On file à l’Altar pour Sinsaenum, supergroupe international né en 2016 autour de Frédéric Leclercq, figure de la scène extrême passée notamment par DragonForce et aujourd’hui chez Kreator. Véritable projet personnel, il y tient la guitare et en est le moteur principal, réunissant autour de lui des membres venus de Mayhem (Attila), Slipknot (quand Joey Jordison en faisait partie) ou encore Loudblast (Stéphane Buriez, absent pour ce concert).
Sur scène, le death metal prend une dimension froide et oppressante. Ça cogne fort, sans relâche, avec un mur sonore dense qui ne laisse que très peu d’air, au sens propre comme au figuré.
C’est brut, sombre et totalement implacable. Une interview de Fred Leclercq arrive bientôt pour nous parler plus en détail de ce projet : stay tuned !

ALTAR – STONED JESUS (15H55)
Changement de tempo à la Valley. On ralentit le pas. La chaleur est à son max, nos corps sont de plus en plus lourds : un peu de stoner ne nous fera pas de mal. On apprécie le moment, assis, depuis les marches qui mènent à la Warzone.
Stoned Jesus débarque de Kyiv (Ukraine) avec ce stoner metal hypnotique qu’ils façonnent depuis 2009. Du fuzz, du groove, et cette façon bien à eux de faire durer les morceaux jusqu’à s’y perdre.
Le groupe alterne entre lourdeur sabbathienne et envolées plus psyché, avec une intensité qui monte. Sur scène, c’est un trip puissant, presque physique, où le temps semble se dilater. On reste un moment, le temps de se laisser happer et d’apprécier.
TEMPLE – MØL (16h45)
Retour sous le Temple pour MØL et son blackgaze aussi lumineux que tourmenté. Le groupe danois propose un set varié, piochant dans ses trois albums pour offrir un aperçu assez complet de ses différentes facettes.
Kim Song Sternkopf occupe le centre du dispositif vocal, entre tension et envolées plus mélodiques. Fidèle à son identité, MØL alterne passages abrasifs et respirations plus aériennes, où les guitares dessinent de véritables paysages sonores sans jamais perdre en lisibilité.
Le set garde un rythme fluide et immersif jusqu’à la conclusion avec ‘Bruma’, qui vient fermer le concert.

MAINSTAGE 2 – SEPULTURA (17H40)
Il y a des groupes pour lesquels les présentations sont devenues inutiles. Sepultura en fait partie.
Pour certains d’entre nous, la dernière rencontre remontait au Sylak Open Air 2023. Trois ans plus tard, les Brésiliens n’ont rien perdu de ce qui les a rendus incontournables pendant près de 40 ans. Cette même puissance. Cette même autorité. Cette même capacité à faire réagir une foule entière dès les premières notes.
Sur scène, tout est à sa place. Les riffs sont toujours aussi redoutables, les morceaux traversent les décennies sans prendre une ride et le groupe avance avec l’assurance tranquille des légendes qui n’ont plus rien à prouver. C’est du lourd.
Le concert prend d’ailleurs une dimension particulière, avec cette impression de vivre l’un des derniers grands chapitres du groupe, qui mettra fin à son activité à la fin de l’année. Une fin d’ère qui donne encore plus de poids à chaque morceau joué.
La setlist enchaîne les classiques : Inner Self, Arise ou Roots Bloody Roots dans une intensité constante, jusqu’au moment suspendu de Kaiowas, porté par des invités venus de divers horizons, dont les membres de Savage Lands aux côtés d’Andreas Kisser.
Que dire de plus. Pas grand-chose, finalement. C’est Sepultura. Et c’est bon. Très bon. Si bien qu’on n’a pas pu décrocher avant la quasi fin du concert.
https://www.arte.tv/fr/videos/132692-016-A/sepultura
MAINSTAGE 1 – HELLOWEEN (18h35)
Quarante ans. Quarante ans que les Allemands d’Helloween façonnent le power metal.
Après tout ce temps, le groupe à la citrouille continue de donner de véritables leçons de musique. Tout paraît simple et évident, alors que tout est incroyablement précis. Les harmonies de guitares s’enchaînent avec une fluidité déconcertante, les refrains fédèrent instantanément la foule et chaque musicien semble évoluer avec une aisance presque insolente. Quelle cohésion sur scène !
Le duo vocal Michael Kiske et Andi Deris impressionne particulièrement, les deux chanteurs se complétant avec évidence. Kiske paraît toujours aussi juste, sans la moindre fausse note, tandis que Deris apporte son énergie et son sourire communicatif, renforçant encore cette impression de maîtrise totale.
La setlist fait la part belle aux classiques comme Future World, I Want Out ou March of Time, avec une présence plus discrète du dernier album Giants and Monsters sorti en 2025.
On parle souvent des pionniers du genre. Ce soir, on comprend pourquoi. Derrière les citrouilles devenues iconiques se cache surtout un groupe qui joue encore avec une aisance et une précision qui forcent le respect.
Une démonstration spectaculaire. Tout simplement.
MAINSTAGE 2 – OPETH (20h00)
On retrouve Opeth sur la même scène que lors de notre passage en 2022. Il y a quatre ans déjà, le groupe de Stockholm avait laissé cette impression très particulière : celle d’un concert qui ne ressemble à aucun autre.
Depuis 1990, Mikael Åkerfeldt et les siens naviguent entre deux mondes. D’un côté, la brutalité du death metal, ses éclats gutturaux et ses tensions presque écrasantes. De l’autre, des passages plus progressifs, amples, presque suspendus, qui étirent la perception du temps.
Sur scène, cette dualité fonctionne toujours avec la même clarté. Les morceaux, peu nombreux mais très longs, s’installent et respirent pleinement, laissant place aux contrastes sans jamais perdre leur cohérence. Au centre, Åkerfeldt impose une force tranquille, avec ce mélange de décontraction et de maîtrise totale qui lui est propre.
La setlist réduite à seulement cinq titres renforce encore cette sensation de voyage hors du temps avec The Grand Conjuration, §7, The Drapery Falls et Deliverance, joués comme des blocs narratifs à part entière.
Un concert à part, totalement captivant.
WARZONE – MALEVOLENCE (20h35)
Malevolence, groupe de Sheffield, débarque sur la scène de la Warzone avec ce qu’il sait faire de mieux : un metalcore massif, taillé pour le pit, pensé pour le live.
Est-ce qu’on arriverait presque à respirer un peu mieux depuis que le soleil s’est légèrement caché ? L’ironie tient peu de temps, parce que le groupe relance immédiatement la machine. Il y a un monde fou prêt à en découdre.
Ça frappe bas, ça avance droit, et ça ne ralentit jamais vraiment. Entre breaks écrasants, énergie hardcore et attitude très street, la Warzone se transforme en terrain de jeu totalement incontrôlable.
Alex Taylor tient le centre du chaos avec une présence frontale, pendant que le public répond au quart de tour. Crowd surfings non stop, fosse en ébullition, et une impression générale de contrôle total du chaos.
Malevolence balance des titres comme Life Sentence, Self Supremacy ou Keep Your Distance, et c’est suffisant pour retourner la Warzone du début à la fin.
Malevolence fait mal. Très mal.
https://www.arte.tv/fr/videos/132692-021-A/malevolence
MAINSTAGE 1 – IRON MAIDEN (21H00)
Iron Maiden arrive sur la Mainstage 1 et tout le reste devient secondaire.
Ils sont attendus de pied ferme, et ça se voit dès l’ouverture des portes du festival avec une marée de T-shirts du groupe partout depuis le premier jour. Le groupe de Steve Harris continue, album après album, tournée après tournée, de transformer le heavy metal en monument vivant. Des morceaux construits comme des récits, des solos qui s’étirent, et cette capacité unique à faire chanter des dizaines de milliers de personnes.
Sur scène, tout est calibré, théâtral, parfaitement maîtrisé. Bruce Dickinson domine l’espace avec une aisance totale et une voix toujours impeccable, pendant que les guitares déroulent ces hymnes gravés dans l’histoire du metal. À la batterie, Simon Dawson assure avec solidité.
Eddie apparaît régulièrement, rappelant que le spectacle est aussi total que maîtrisé.
Les classiques résonnent les uns après les autres : Run to the Hills, The Trooper, The Number of the Beast, jusqu’à Fear of the Dark qui déclenche les frissons et une communion parfaite avec la foule.
Le tout est d’une efficacité totale. Iron Maiden reste intouchable.
WARZONE – LA DISPUTE (22H45)
Venu du Michigan, La Dispute propose un post-hardcore, à la frontière entre tension brute et narration presque parlée. Jordan Dreyer impose immédiatement sa marque : un chant plus décliné qu’explosé, qui donne au set une intensité singulière. L’identité du groupe est elle aussi inhabituelle.
Sur scène, le frontman remplit le rôle à 100%, très mobile, presque dansé par moments, donnant une vraie dynamique au concert. L’ambiance est un peu plus posée que ce qu’on pourrait attendre de la Warzone, mais l’attention reste totale, comme si le public était là avant tout pour écouter et découvrir.
Le groupe joue sur les contrastes. Pourtant, la violence sèche affleure rapidement, entre montées nerveuses et tension constante, avant ces respirations plus ouvertes où se glissent des influences plus larges, sans jamais casser la cohérence.
Le set déroule une longue narration fragmentée avec notamment I Shaved My Head, King Park, Andria ou encore Such Small Hands, joués comme des moments à part entière dans un ensemble très construit.
C’est atypique, habité, et très maîtrisé. La Warzone assiste à quelque chose d’insaisissable mais captivant. On attendait ce concert, on n’a pas été déçus.
MAINSTAGE 2 – SABATON (23H15)
Au Hellfest, le lien avec Sabaton est particulier. On n’a pas oublié ce moment devenu presque mythique : le remplacement de dernière minute après l’annulation de Manowar en 2019 (déjà!). Une entrée au pied levé, portée par une énergie sincère, presque bouleversante. Ce sens du public, cette générosité brute… un moment qui avait marqué tout le monde.
Ce soir, rien n’a changé.
Joakim Brodén, toujours aussi solide, garde cette manière unique d’occuper la scène : simple, direct, fédérateur. Il donne tout, sans calcul à une foule qui lui rend bien. Quel bonheur de partager ce moment hors du temps avec ce groupe d’une authenticité rare.
Les Suédois déroulent un power metal avec une efficacité redoutable. Les refrains sont faits pour être repris par des milliers de voix, et ça fonctionne toujours aussi fort en live. Primo Victoria, Swedish Pagans, To Hell and Back : comme d’habitude, c’est un concert réussi, car, quand bien même Sabaton n’est pas la tasse de thé de tout le monde, il est indéniable que la connexion s’impose dès les premières minutes. Et c’est bien là, la magie de ce groupe.
MAINSTAGE 1 – ULTRA VOMIT (00H50)
Ils sont chez eux. Et ils le savent.
Ultra Vomit, c’est presque une institution ici. Un Hellfest sans eux aurait un goût bizarre, comme un groupe auquel il manquerait un membre car même lorsqu’ils ne jouent pas, il traînent toujours dans les parages.
Le groupe nous embarque dans son univers habituel : second degré assumé, humour potache, et cette façon bien à eux de transformer la scène en énorme terrain de jeu. C’est absurde, parfois limite, souvent débile… mais, n’en déplaise à certains, totalement efficace. Il y a d’ailleurs un monde fou jusqu’à l’entrée pour apprécier le spectacle et reprendre en chœur les classiques. Tikafehukwa, Sonde de bite, Kaamthaar…
Fétus, en forme après ses soucis de santé, mène la danse avec la même énergie communicative. Ça enchaîne les vannes, les riffs et les dérapages contrôlés, sans jamais perdre le public. Tout du moins, une grosse partie.
On connaît la formule mais visiblement, ça marche encore.
TEMPLE – THE GATHERING (00H55)
Avant d’aller au lit, on s’autorise une dernière halte au Temple.
Sous la tente, The Gathering installe une tout autre atmosphère : plus lente, plus sombre, presque suspendue mais tout de même rythmée. Le doom gothique du groupe néerlandais agit comme une parenthèse après la tempête de la journée.
Au moment où Anneke Van Giersbergen fait son entrée, la réaction du public est immédiate et l’ambiance se réchauffe. Elle porte le concert.
On respire autrement, mais le site a du mal à se rafraîchir.
Une fin de journée apaisée par ce concert hypnotique, idéal pour aller se blottir dans les bras de Morphée.





