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Greenfield Festival – Jeudi – Live Report

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Texte: Sandra Lehmann & Pauline Elmer
Photos: Maud Robadey & Andy Gaggioli

©Andy Gaggioli

Intro (Sandra Lehmann)

Retour sur la place de l’aérodrome d’Interlaken pour la quatorzième édition du Greenfield Festival. Quatorze ans déjà que les fans de musiques rock, metal et punk se donnent rendez-vous dans ce cadre idyllique !

Même si la programmation peut paraître redondante, le public est au rendez-vous. À 14h35, l’habituel concert de cors des Alpes retentit en ouverture du festival et, très vite, un circle pit se forme devant la scène. Au bout de quelques minutes, on a même droit à une reprise de Linkin Park par les cors des Alpes !

 

Talco (Sandra Lehmann)

Une fois le signal du début de festivités greenfieldiennes terminé, c’est Talco qui prend le relais sur la grande scène. Quoi de mieux pour commencer dans la bonne humeur que du ska punk italien ? De toute manière, un festival de metal/punk sans ska-punk est un festival auquel il manque quelque chose. Le groupe ne ménage pas ses efforts pour chauffer le public. Les festivaliers qui ont attendu le Greenfield 2018 depuis la fin de l’édition 2017 et patienté derrière les barrières durant plusieurs heures peuvent enfin laisser éclater leur joie !

 

Anti-Flag (Pauline Elmer)

©Maud Robadey

Les festivités continuent et enchaînent de suite avec le concert d’Anti-Flag. Le combo tout droit venu de Pittsburgh commence sa tournée européenne sur la Jungfrau stage du Greenfield. Du haut de leur vingtaine d’années (de carrière…) le groupe de punk emblématique n’a pas pris une ride. L’énergie et le public étaient au rendez-vous, ce dernier scandant à pleins poumons les hymnes punks d’Anti-Flag. Leur dernier album, ‘American Attraction’ confirme à nouveau leur statut de groupe engagé pour les causes qui leurs tiennent à cœur, telles que la lutte contre les inégalités, le racisme, le sexisme, le fascisme et l’homophobie. C’est donc un concert militant auquel nous assistons avec un immense plaisir, largement partagé par la foule. Le groupe enchaîne ses ‘killers tracks’ les unes après les autres, variant entre les époques et passant de ‘Turncoat’ à ‘This Machine kills Fascists’ pour revenir à des titres plus actuels comme ‘All of the Poison, All of the Pain’ et ‘Trouble Follows Me’ entre autres. Un concert intense et fort en émotions d’environ 50 minutes qui se clôture par une incursion de Pat Thetic et sa batterie ainsi que du bassiste et co-vocaliste Chris #2 parmi les spectateurs. Un groupe proche de son public, comme on les aime !

 

Mantar (Sandra Lehmann)

Un rapide coup d’oeil à Shinedown et leur hard rock accrocheur, parfois un peu lisse et taillé sur mesure pour les ondes mais qui révèle tout son potentiel sur scène, puis départ pour l’Eiger stage et le concert de Mantar. Et les festivités se transforment en hostilités !

Difficile de classer le groupe dans un genre tant le groupe tient à rester en dehors des cases. Ce duo ovni nous ferait douter si on ne les voyait pas de nos propres yeux : tout ce bruit et seulement deux personnes sur scène ? Le groupe ne vise en effet pas un style précis mais l’intensité, et sur leurs albums, le pari est réussi : tout chez eux déborde de puissance et de rage ! Ce n’est pas pour rien qu’il est écrit en grand “POWER” sur l’ampli du chanteur/guitariste !

Malheureusement, le début du set souffre d’un son ne mettant pas en avant ces aspects de leur musique pourtant primordiaux pour l’apprécier. Malgré le paysage ensoleillé qui nous entoure et contraste avec Mantar, ces derniers font tout pour installer leur ambiance sombre et presque malsaine. Ambiance qui cadrerait tout de même mieux avec des petites salles, caves ou clubs mal éclairés !

Hanno, le chanteur/guitariste, chante comme s’il était possédé par un démon qu’il cherche à exorciser.

Notons la disposition inhabituelle sur scène : le batteur et le chanteur/guitariste se font face. Disposition qui ne favorise pas l’interaction avec le public, ce qui de plus ne semble pas être le point fort du groupe, dont le chanteur ne se tourne vers le public que brièvement à la fin du troisième titre. L’avantage d’être un duo dans ce style de musique attire certes l’attention, mais remplir une scène à deux n’est pas une tâche facile !

En résulte donc un set qui peine à convaincre de nouveaux fans et qui laissera les autres sur leur faim en raison des conditions du live. Un seul conseil : allez les voir en salle ou en club, leur milieu naturel, car c’est là que prend toute l’ampleur de leur déferlante de décibels !

 

The Hives (Pauline Elmer)

©Andy Gaggioli

Est-ce possible de faire du punk-rock et d’avoir la grande classe ? The Hives répondent par la positive. Toujours sur leur trente-et-un, ils apparaissent vêtus de costards noirs et blancs. Leur look décalé et leur musique acidulée ont fait leur réputation, mais c’est leur énergie sur scène qui perpétue leur nom dans l’univers punk-rock. Attaquant directement avec ‘Come on’, les Suédois emportent le public dans une heure de show où le rythme ne baissera pas une seconde, jusqu’à la dernière note. Le Greenfield est pour eux un terrain de jeu car le groupe revient régulièrement secouer les Alpes bernoises et enjailler les spectateurs du festival. Alors vous êtes prévenus, The Hives sur scène, ça déménage !

 

Parkway Drive (Pauline Elmer)

@Andy Gaggioli

La nuit tombée, les têtes d’affiches sortent de leur terrier. Avant le concert de The Prodigy, Parkway Drive déchaîne une foule déjà conquise par le groupe de metalcore. En effet, voilà quelques année que ‘Parkway’, pour les intimes, s’impose sur la scène musicale, devenant, albums après albums, de vrais monstres musicaux, de vraies bêtes de scène. Après la sortie de ‘Ire’ en 2015, les Australiens avaient fait une tournée dantesque, mais c’est avec ‘Reverence’, paru en mai dernier que le groupe s’impose comme le maître en la matière. Et le show présenté est à la hauteur de nos espérances. En effet, la bande de Winston McCall met le feu au Greenfield, au sens propre, comme au figuré. Pyrotechnique endiablée, lightshow éblouissant, feux d’artifice, Ben Gordon et sa batterie se retrouvent sens dessus dessous… on en prend plein la vue ! Peut-être trop ? Sommes-nous à un concert de metalcore ou de hard rock ? Ce genre musical a-t-il besoin d’autant d’artifice ? On se pose ces questions avant de les voir, mais c’est conquises que nous repartons de la Jungfrau stage. Il faut dire qu’avec une telle setlist, personne ne peut rester indifférent. Parkway Drive enchaîne ses tubes et enfonce le clou chanson après chanson. ‘Prey’, ‘The Void’, ‘Wild Eyes’, ‘Vice Grip’, ‘Idols and Anchors’, ne nous laissent pas de répit durant ce concert monstrueux. Le groupe australien tire sa révérence sur ‘Bottom Feeder’ et laisse aux spectateurs un petit goût de bout du monde.

 

The Prodigy ( Sandra Lehmann)

©Maud Robadey

Pour passer après Parkway Drive, il faut bien The Prodigy pour garder le level ! À chaque fois, on se dit qu’on a déjà vu The Prodigy mais on se laisse surprendre par ces rythmes qui ne laissent plus que le choix de se laisser emporter par les beats ravagement punk. Et pourtant, avec le nombre de personnes qui se sont blessées à des concerts de The Prodigy, on peut avoir tendance à approcher la scène avec appréhension.

On ne s’explique toujours pas ce qui a créé un tel attrait pour un groupe de ce style dans la communauté punk et metal, mais les Anglais nous ont offert un show haut en couleurs (et fortement déconseillé aux personnes atteintes d’épilepsie !) et c’est tout ce qui compte !

 

Conclusion (Pauline Elmer)

Ce premier jour nous a fourni son lot de décibels, riffs en tous genres et rythmes soutenus. L’intensité habituelle du festival était bel et bien au rendez-vous ! Rendez-vous demain pour le récit du deuxième jour !

 

Nos ‘Ups and Downs’ du jour :

Ce qu’on a aimé : Parkway Drive, live pour lequel on a un peu traîné les pieds pour y aller et qui nous a finalement conquises à 100%

Ce qu’on a moins aimé : Rien, la journée était au top ! Bravo à l’organisation !

Le truc insolite du jour : en chemin pour aller interview Mantar en backstage, nous avons découvert qu’une loge était occupée par… un salon de tatouage improvisé pour les artistes ! (en se promenant sur les réseaux sociaux un peu plus tard, nous avons appris que les gars du crew d’Anti-Flag se sont fait un tatouage en commun)

@Maud Robadey

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