CD_Eye of Solitude & Faal

©Eye Of Solitude & Faal

C’est EoS qui ouvre les hostilités avec le bien nommé ‘Obsequies’. C’est d’abord une courte marche funèbre aux cuivres tremblotants, façon funérailles de toute une famille de camorristes, puis ça commence très fort, ou plutôt très lourd. Le son est ample, profond, écrin magnifiant le rythme pachydermique. Les claviers sont omniprésents mais discrets, les grattes immenses, pesantes comme toutes les pierres tombales de la planète. La voix ? Un raclement de gorge en infrabasse, absolument indistinct, qui apporte fort peu à cet ensemble mortuaire (à la limite on pourrait s’en passer…) A mi-parcours du premier titre, un piano solennel et des cordes à peine nasillardes enfoncent le clou de cercueil, sortez les tire-jus et vos poèmes maudits, c’est vous et tout ce que vous avez un jour aimé que l’on descend lentement dans la fosse. Le genre n’est en rien réinventé (la marge de manoeuvre est assez réduire, vous direz), mais ça conviendra parfaitement pour bercer la plus épouvantable de vos gueules-de-bois, un lendemain de rupture, ou le premier jour de boulot après des vacances mal mises à profit.

‘Shattered Hope’, un titre plus long encore que le premier, permet à Faal de prendre le relais de la veillée funèbre. Les grattes sont plus maigres qu’avant, se détachant d’un mix final noyé d’écho, on peut penser aux Wounded Kings de ‘Chapel…’ Le travail de batterie est un peu plus élaboré (« Les gars, franchement, je peux pas mettre un petit roulement ici et là ? J’ai les paupières qui pèsent des tonnes, là, ça me réveillerait… »). Côté vocaux, c’est légèrement plus audible, toujours guttural et plus bas que terre, rarement plus aigus, lentes incantations à va savoir quelle abomination chthonienne. Mais à six minutes sur les treize du total, l’ensemble convainc moins : malgré une intensité croissante menant à une conclusion furieuse, la répétition des trois mêmes accords finit par lasser.

À recommander aux dépressifs chroniques, les mélancoliques raffinés pourraient trouver la chose un peu trop basique pour leurs besoins en noirceurs abyssales.

FICHE CD
S/T
Kaotoxin
www.eyeofsolitude.com

 

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