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KK’S PRIEST ET W.A.S.P. À MONTRÉAL : LE LOURD HERITAGE DES ANNÉES 80

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Ce lundi au MTELUS, le passé a repris ses droits. Entre un groupe avec le plein d’énergie et le retour des Californiens de W.A.S.P., la soirée promettait son lot de grands classiques.

Le cuir et les clous étaient de sortie ce lundi au MTELUS avec l’entrée en scène de KK’s Priest, emmené par deux anciens de Judas Priest : Tim « Ripper » Owens au chant et le seul et unique K.K. Downing. C’est sans surprise que la setlist était principalement axée sur la musique de Judas Priest car, avec 8 titres sur 12, on n’était pas très loin du groupe hommage, mais quel hommage ! The Ripper a assuré comme à son habitude car, n’oublions pas, il a remplacé Rob Halford sur deux albums des Anglais, Jugulator en 1997 et Demolition en 2001. Et K.K., on en parle ? Le monsieur a 74 ans et il enfile chaque soir son costume de cuir sans jamais être ridicule. Je ne suis pas un fan hardcore de Judas Priest, donc impossible de juger si notamment les solos sont joués comme à l’époque, mais peu importe, ça sonne parfait, donc chapeau bas, monsieur K.K. Downing.

Pour en revenir à la setlist, sans pour autant énumérer tous les titres joués, on retiendra vite fait You’ve Got Another Thing Comin’, The Sentinel ou encore Turbo Lover. Mais réduire KK’s Priest à un groupe hommage est très réducteur, car le groupe a sorti deux excellents albums, Sermons of the Sinner en 2021 et le plus récent The Sinner Rides Again en 2023. Donc, ne boudez pas votre plaisir : si vous ne connaissiez pas le groupe, allez y jeter vos deux oreilles.

Place maintenant à W.A.S.P., qui était déjà de retour après deux dates au Québec en 2024. Si la première fois le premier album était à l’honneur, ce sont cette fois les 4 premiers qui sont mis en évidence pour cette tournée appelée 1984 to Headless. Côté décors de scène, ils étaient superbes et rappelaient chaque période de ces dix années de tournée des Californiens. Malheureusement, il fallait en profiter avant le concert : une fois les projecteurs de scène allumés, ils n’étaient plus du tout mis en valeur, soit à cause d’un régisseur lumière un peu trop discret, soit à cause des éclairages de la salle. Bref, ce n’était pas la fin du monde, place à la musique !

On a beaucoup lu ici et là que Blackie et sa bande utilisaient des bandes enregistrées pour le chant. Bon, on va se calmer : énormément de groupes le font et, pour certains, personne ne s’en choque, donc le sujet est clos. Là où je suis plus mitigé, c’est sur l’ambiance : j’ai eu un peu l’impression d’écouter une playlist enchaînée à la chaîne. Certes, entendre les classiques I Wanna Be Somebody, L.O.V.E. Machine ou encore Blind in Texas est plus que satisfaisant, mais le groupe a enchaîné les morceaux sans la moindre interaction avec le public. Pas un mot, ou presque. Exception faite pour Mr. Cool, où Blackie a tout de même pris le temps d’expliquer que cette chanson avait été écrite par lui à ses 18 ans, lorsqu’il jouait avec Chris Holmes dans un groupe nommé SISTER (un titre qui finira par être réarrangé sur The Last Command sous le nom de Cries In The Night). C’était les seules paroles de tout le concert, un brin frustrant. Notons tout de même, parmi les surprises, un début de concert mené par Easy Livin’ d’Uriah Heep, paru sur Inside The Electric Circus mais jamais joué en concert auparavant. Petite bizarrerie : le titre Golgotha, qui ne faisait pas partie des quatre premiers albums, était sans doute une chanson que Blackie avait à cœur de jouer.

Le set a filé à toute allure et, même si chacun des 4 albums a eu droit à sa lumière, j’en aurais bien pris un tout petit peu plus de The Headless Children.

Au final, est-ce qu’on passe un bon moment ? Oui, forcément, on est contents de voir W.A.S.P. en vie. Mais entre les petits bémols visuels et ce sentiment d’assister à une prestation un peu trop huilée, presque sans âme ni discussion. Reste l’essentiel : on a revu les vétérans, et comme pour tant d’autres icônes de notre jeunesse, on se demande toujours si c’était la dernière fois qu’on les croisait par chez nous. Alors, autant savourer le positif.

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