Après plus de 770 kilomètres de route, l’attente touche enfin à sa fin. Face à nous, ce monument doublement millénaire dressé sous le ciel du Gard offre un écrin magistral, presque mystique. C’est le lieu idéal pour accueillir la grand-messe curiste — la première aux Arènes depuis 1998, sous le regard discret de Mary en backstage (la femme de Robert Smith). Aux abords du site, les terrasses du centre-ville sont envahies par une armée d’« anciens corbeaux » croisant des générations plus jeunes : un public d’une immense variété, à la fois familial et passionné. Nous voilà plongés dans une bulle de 10 500 personnes en pure communion avec le groupe.
Une Traversée entre Ombre et Lumière
Au fil des soirées, le groupe déploie un set à la dynamique captivante, faite de hauts et de bas (up & down), alternant une tension hypnotique et des plages d’émotion pure. Le cœur du concert voit passer de magnifiques pépites émailler le répertoire, à l’image du sublime et rare « In Your House », ou encore d’incursions marquant les esprits comme Three Imaginary Boys et Charlotte Sometimes.
Parmi les moments de grâce et les belles surprises qui ont illuminé le séjour nîmois, impossible de ne pas retenir la présence sur scène de Gabriel Cooper — le fils du batteur Jason Cooper — venu prêter son saxophone le temps d’un « A Night Like This » d’anthologie. Autre clin d’œil mémorable gravé dans les mémoires : Simon Gallup glissant malicieusement les notes de bass de The Holy Hour en conclusion de A Forest.
La Magie des Rappels : Du Sommet Émotionnel à la Fête Pop
C’est dans la séquence des rappels que la magie atteint son paroxysme :
- Le Premier Rappel (Le Sommet) : Un moment de grâce suspendu au-dessus des Arènes. L’intensité émotionnelle y est totale, portée par une atmosphère sombre, dense et envoûtante (magnifiée par des moments d’exception autour de morceaux comme Faith ou It Can Never Be the Same).
- Le Second Rappel (Le Relâchement) : Changement total d’ambiance pour le final. C’est l’explosion pop et festive ! Robert Smith lâche la bride, esquisse ses pas de danse légendaires, le sourire aux lèvres, dans une complicité viscérale et chaleureuse avec le public.
Bilan
Au-delà des subtilités du jeu et des raretés éparpillées au fil du week-end, on retient avant tout cette alchimie parfaite entre la majesté d’un lieu doublement millénaire et la générosité d’un groupe hors du commun (qui a dit que les garçons ne pleuraient pas ?). Une parenthèse intemporelle gravée dans la pierre des Arènes et nos mémoires….
Set list jour 1 :
Set principal : Alone, Pictures of You, High, Lovesong, Catch, Burn, Fascination Street, alt.end, Push, In Between Days, Just Like Heaven, Treasure, Want, A Night Like This, Secrets, Play for Today, A Forest, From the Edge of the Deep Green Sea, Endsong
Rappel 1 : It Can Never Be the Same, Faith
Rappel 2 : A Letter to Elise, Lullaby, Hot Hot Hot!!!, The Walk, The Lovecats, Friday I’m in Love, Close to Me, Why Can’t I Be You?, Boys Don’t Cry
Set list jour 2 :
Set principal : Alone, Pictures of You, High, Lovesong, Catch, Burn, Fascination Street, Never Enough, Push, In Between Days, Just Like Heaven, Last Day of Summer, In Your House, A Night Like This, Play for Today, A Forest, Primary, From the Edge of the Deep Green Sea, Endsong
Rappel 1 : It Can Never Be the Same, Faith
Rappel 2 : A Letter to Elise, Lullaby, The Walk, Mint Car, The Lovecats, Friday I’m in Love, Close to Me, Why Can’t I Be You?, Boys Don’t Cry
Set List jour 3 :
Set principal : Alone, Pictures of You, High, Lovesong, Catch, Burn, Fascination Street, A Night Like This, Push, In Between Days, Just Like Heaven, Trust, Three Imaginary Boys, Charlotte Sometimes, Play for Today, A Forest, Shake Dog Shake, From the Edge of the Deep Green Sea, Endsong
Rappel 1 : It Can Never Be the Same, Faith
Rappel 2 : A Letter to Elise, Lullaby, The Walk, The Lovecats, Let’s Go To Bed, Friday I’m in Love, Close to Me, Why Can’t I Be You?, Boys Don’t Cry
L’Analyse des Setlists : Un Savant Jeu de Variations
Sur une structure très travaillée de 30 titres par soir, The Cure a offert une expérience sur mesure aux fans présents sur plusieurs dates. Si l’ossature reste monumentale — avec l’ouverture majestueuse sur Alone, la triade finale intense du set principal (A Forest, From the Edge of the Deep Green Sea, Endsong), le premier rappel très sombre (It Can Never Be the Same suivi de Faith) et la conclusion sur Boys Don’t Cry —, le groupe a Distribué de superbes raretés au fil du week-end.
1. Les Pépites du Set Principal
C’est au cœur du concert que Robert Smith a le plus varié les plaisirs :
- Jour 1 : Un concert axé sur des sonorités puissantes et plus modernes, marqué par la présence de titres comme alt.end, Want, Secrets ou le très touchant Treasure issu de l’album Wild mood swings.
- Jour 2 : Une soirée marquée par l’immense surprise « In Your House » (joyau issu de l’album Seventeen Seconds), complétée par l’énergie brute de Never Enough, Primary et la mélancolie de Last Day of Summer.
- Jour 3 : Un véritable retour aux sources punk/post-punk des débuts. Le groupe y a aligné le fondateur « Three Imaginary Boys », le sublime « Charlotte Sometimes », ainsi que les poignants Trust et Shake Dog Shake.
2. Les Nuances du Second Rappel
Même au cœur de la déferlante de tubes pop du final, le groupe a réservé une petite surprise exclusive par soirée juste avant d’enchaîner les classiques :
- Le Vendredi (Jour 1) : La surprise cuivrée et groovy avec « Hot Hot Hot!!! ».
- Le Samedi (Jour 2) : Une parenthèse solaire et sautillante avec « Mint Car ».
- Le Dimanche (Jour 3) : L’incontournable et irrésistible « Let’s Go To Bed ».
Texte et Photos : Carl Neyroud / Deadly Sexy Carl
















