Fondé en 1999 à Richmond, Virginie, Strike Anywhere fait partie de ces groupes qui ont marqué la scène punk mélodique engagée, avec des textes ultra-politiques et une énergie presque… militante. Leur passage ce soir relève presque du rappel à l’ordre : les anciens sont encore là, et ils sont incroyablement vivants. Le chanteur, cheveux longs façon un peu poivre-et-sel un vrai personnage, un peu cabossé par la route, déborde d’énergie. Survolté, il saute partout, grimpe, se penche, revient, repart.
Devant, ça se secoue pas mal, ça remue, ça tangue. Et puis il y a cette force… cette force qui vous fait sentir chaque coup de batterie résonner comme une onde sismique dans votre propre poitrine. Bam, on respire au rythme du set. Re-bam, le cœur repart. À un moment, le chanteur s’accroche à la barrière du premier rang, hurle presque au visage des fans, partage son micro. Quarante minutes. Pas plus. Et pourtant, ça paraît dense, presque trop court, mais assez puissant.
Place ensuite à Comeback Kid, formation canadienne née en 2000, devenue un des poids lourds du hardcore moderne. Depuis Wake the Dead, leur album iconique, le groupe s’est forgé la réputation d’envoyer des concerts survitaminés, sans pause, sans détour, bref, hardcore dans tous les sens du terme. Le show démarre et… pfiou ! Le chanteur est déjà à fond. Complètement investi, il donne tout, absolument tout ce qu’il a. Au bout de deux chansons, il est en nage, littéralement. Ça dégouline, ça perle, et au fil du set on a l’impression qu’il sort de la douche. Le groupe enchaîne sans broncher : un morceau, puis un autre, puis encore un autre. Pas de parlote, pas de moment de répit. On cligne des yeux et on en est déjà à quarante minutes.
Et c’est… fini ? Comment ça ? Vraiment ? Alors oui, on a pris une claque. Une énorme claque, même. Le set est puissant, nerveux, compressé comme un uppercut. On ressort heureux, chargé à bloc, électrisé. Mais je vais le dire, un peu déçu aussi quand même. Parce que quarante minutes pour un groupe comme Comeback Kid, ce n’est pas… enfin, on n’est pas habitué à si peu. On en voulait encore, un peu plus de chaos, un peu plus de sueur partagée, un peu plus de… tout.
Au final, une soirée en demi-teinte, oui, mais de celles qui vous collent encore au corps en rentrant. Heureux de la puissance reçue, heureux d’avoir été secoué, traversé même, mais frustré par cette brièveté presque injuste. Le punk frappe fort, c’est vrai. Mais parfois, on aimerait qu’il frappe un peu plus longtemps.
Texte : [Adeline Pusceddu]
Photos : [Deadly Sexy Carl]
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