‘Convalescence’, qui sortira le 12 octobre, marque les 10 ans de Promethee. Nous avons rencontré le groupe pour en parler.

À la sortie de ‘Unrest’, vous nous aviez dit que vous aviez ajouté une corde à vos guitares, vous avez réitéré pour ‘Convalescence’ ?
Ludovic (guitare, voix) : Ah ouais (rires) ! Non non, on n’a pas fait ça. On est restés là, sept cordes c’est pas mal.
Mathieu (basse) : Mais ! On a changé d’accordage !

Vous avez accueilli un nouveau batteur. Comment ça s’est passé ? A-t-il travaillé avec vous sur la composition de ‘Convalescence’ ?
L : Oui ! Baptiste est arrivé dans le groupe au moment où on commençait à composer cet album. Donc il a pris part à la compo de tous les titres. Il a activement co-écrit avec nous. On a beaucoup joué ensemble. On a deux aspects, les maquettes préparées à l’avance, chacun de notre côté, structurées, et la mise en commun de toutes nos idées au local.

Vous avez enregistré à New-York, racontez-nous pourquoi ?
M : C’est grâce à Johann Meyer. C’est un ingé son d’Yverdon et depuis plusieurs années, il travaille avec Gojira. Maintenant, ils ont leur propre studio à Brooklyn. Et un peu par hasard, en parlant avec Johann on a évoqué ‘Convalescence’, le fait qu’on ne savait pas encore où on allait enregistrer, notre envie de tester de nouvelles choses et il nous a invités chez lui. C’était une super expérience, car c’était la première fois qu’on partait et qu’on s’immergeait pendant trois semaines, le temps d’enregistrer. C’est une dynamique vraiment unique.

New-York a une dynamique hors du commun, qu’est-ce que la ville vous a apporté ?
L : Il y a quelque chose qui vibre assez fort, une espèce d’effervescence, une énergie créatrice. On était dans une démarche très créative et je pense que la ville nous a bien aidés.
M : On était dans un quartier au bord de Brooklyn. Les gens nous disaient qu’il y a 10 ans, c’était le ghetto, qu’on ne pouvait pas vraiment sortir sans risque de se prendre une balle. Maintenant ça s’est gentrifié, ça a beaucoup changé et c’est hyper sympa. C’était des endroits qui parlaient d’eux-mêmes et ça nous a bien inspirés.

Quelle histoire raconte la pochette de ‘Convalescence’ ?
M : On l’a faite avec Eliran Kantor. On n’a pas voulu lui donner trop de directives, on avait quelques idées, mais on s’est dit « c’est un artiste, faisons-lui confiance », donc on lui a juste donné quelques pistes. Notamment celle du mythe de Prométhée. Et l’explication qu’il nous a donnée sur ce dessin, c’est qu’on voit une femme un peu bourgeoise, bien séante, qui joue sur des cordes qui sont en fait les veines des mains qui sont en bas. C’est donc le combat des classes qu’on a dans le mythe, où les dieux dominent les humains, ici les riches qui jouent sur la souffrance des pauvres. Et on a la blessure éternelle de Prométhée, son foie qui se fait manger tous les jours. Ces mains ont les veines qui sortent et elles serviront éternellement à jouer de la musique pour la haute société. On retrouve donc ce thème de convalescence avec cette blessure perpétuelle qui est toujours en cours de guérison.

Donc c’est fait indépendamment des titres, l’artiste n’a pas écouté l’album ?
M : Oui, on a vraiment juste donné la piste du mythe. On avait déjà le titre de l’album et il a créé ça comme ça.

Dans ‘Unrest’, il y avait, dans les textes, beaucoup de mal-être, de critique négative de la société. C’est toujours le cas dans ‘Convalescence’ ?
L : Moi je vois quelque chose de quand même bien plus positif et posé. Même si ça reste assez torturé.
Josh [voix] : Je pense qu’il y a eu une suite logique au niveau des thèmes abordés dans nos albums. ‘Nothing Happens, Nobody Comes Nobody Goes’ raconte le désespoir existentiel. Dans ‘Unrest’ j’ai voulu exprimer, en projetant mon propre malaise (dépression, angoisse etc…), les tensions au sein de la société. On arrive maintenant à ‘Convalescence’. Il y a clairement une succession dans les idées que j’ai de ce qui se passe autour de nous. Le nouveau sujet est celui de la guérison. Notamment le stade de convalescence où l’on se retrouve en début de rétablissement mais il est encore difficile d’imaginer que les choses vont s’arranger. Avec ce nouvel album les choses ne s’arrangent pas, mais il y a une volonté d’aller de l’avant dans l’amour et la bienveillance.

Les parties clean du chant font penser à Gojira, c’est quelque chose qui est venu en travaillant avec Johann Meyer ?
L : Non, on l’avait déjà fait dans nos maquettes pendant qu’on composait. On voulait vraiment apporter un nouvel élément, travailler sur des passages qui sortiraient un peu plus du lot. On a fait pas mal de tests au local, à essayer plusieurs types de voix jusqu’à arriver à une formule qui se retrouve sur plusieurs titres. En l’occurrence c’est ma voix qui est dessus et on est assez satisfaits. Ce n’est pas trop mis en avant, c’est parfois juste un appui de mélodies pour des refrains. On a expérimenté et on est contents. C’est une nouvelle facette du groupe qui est en train de se révéler. Mais pas trop (rires) !

Votre morceau préféré ?
M : Ah c’est difficile. J’en ai deux en tête, j’arrive pas à trancher…

Va pour deux alors !
M : Alors ‘Convalescence’, le premier titre de l’album, qui est un morceau assez énergique, avec du blast, des guitares rapides. C’est le title track qui va avec l’album. Il y a des parties que j’ai composées moi, c’est un morceau qui se démarque un peu du reste avec ce côté très agressif dès le départ. Et c’est un morceau qui a une structure. On a beaucoup plus travaillé là-dessus sur cet album, plus de répétitions, des choses un peu plus cohérentes au niveau des chansons. Et il y a aussi une évolution sur le titre ‘Convalescence’. On avait énormément ça sur les albums précédents, des chansons qui passent d’une partie à l’autre et qui évoluent. Donc c’est un morceau qui me parle beaucoup. Et l’autre, c’est ‘Demons’, qui est le dernier morceau qu’on a composé. On l’a fait en quelques jours, tout est venu très naturellement et c’est un morceau qui a une puissance profonde.
L : Je dirais ‘Demons’ aussi. C’est vraiment de l’énergie pure, sans concession, qu’on a fait en deux répètes avant d’aller à New-York. C’est hyper spontané. Je pense qu’on ne se trompe pas quand on a une idée et que tout va très vite, on ne se pose pas de question et le morceau est fait, il n’y a pas d’erreur.

Et le morceau qui a créé le plus d’engueulades ?
Les deux : (rires)
M : Elle connait les questions qui font mal !
L : Bizarrement, on ne s’est pas trop engueulés. Tout s’est assez bien passé, on a beaucoup travaillé. Je pense que le morceau qui nous a pris le plus de temps et de réflexion ça doit être ‘Merchants’…
M : Ah non je ne pensais pas à ça. J’aurais plutôt dit ‘Old Bones’. C’est une résurrection de vieux morceaux, de vieilles idées qu’on avait avec notre ancien batteur donc il a fallu retravailler tout ça. Il y a eu tellement de versions. On les oubliait, six mois plus tard on les ressortait parce qu’on avait une nouvelle idée. C’était un vrai travail de fond. Pas d’engueulades, mais beaucoup d’énergie.

Ça vous arrive de regretter d’avoir abandonné une chanson ?
L : Ce n’est jamais facile. Quelques fois on a vraiment envie d’oublier un morceau, on en a même besoin, pour pouvoir mieux le reprendre plus tard. Mais ça ne veut pas dire qu’il faut toujours reprendre les choses, des fois on les oublie à jamais et ce n’est pas pour rien. Malgré tout, on a composé cet album assez vite. On s’est vite rendu compte que les morceaux sur lesquels on passait le plus de temps n’étaient pas ceux qui avaient le meilleur rendu. Plus c’est spontané, plus on est tous d’accord tout de suite, plus c’est efficace. Et ça se ressent pour l’audience aussi.

Si on imagine que l’album est un chemin ou un voyage, comment le décririez-vous ?
M : Je crois que l’album démarre très fort. On a mis les deux chansons les plus « dans ta gueule » au début, ‘Convalescence’ et ‘While You Stood Still’. La deuxième est un peu plus courte mais on l’a voulue un peu plus hardcore et bagarreuse. Après, ça se calme un peu avec ‘Endless’ qui est presque un slow, profonde et posée. Ensuite ‘Merchants’, qui continue dans une optique plus bulldozer (rires).
L : C’est un peu les montagnes russes. Ça monte et descend très vite. Ça ne laisse pas indifférent. Il y a une notion de dynamique qui peut capter l’attention si on écoute l’album du début à la fin pour que ce soit un voyage agréable.

Les prochains objectifs ?
M : À la sortie de l’album, on sera à quelques semaines de notre tournée de sortie. Notre plan pour l’année prochaine, c’est de se placer sur des tournées, que ce soit les nôtres ou comme support de groupe plus grand. Pouvoir visiter de nouveaux endroits, en revisiter d’autres.

prometheemusic.com

FICHE CD :
Convalescence
Lifeforce Records
Note : 5/5

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