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Les meilleures choses ont une fin, les demi-dieux meurent comme tout le monde, et la vie continue après que Sa Sainteté Lemmy s’en soit allé empoisonner les pissenlits par la racine. Qu’allait faire Phil Campell, au manche de gratte chez Motörhead pendant presque plus longtemps que la plupart d’entre vous, moutards et gamines, n’ait poussé son premier vagissement terrestre ? Consacrer sa vie à passer la poussière dans la prodigieuse collection de militaria hitlérienne du décédé ? Ouvrir un ashram végétalien d’où les mauvaises pensées et la promiscuité seraient bannies ? Ou embrigader sa marmaille et un chanteur dont absolument personne n’a jamais entendu parler pour pondre du rock propret garanti sans gluten ? Ben voilà. Vous avez passé les trois quarts de votre vie à trépigner sur ‘Overkill’, ‘Ace of Spades’ ou ‘Death or Glory’ ? Conservez soigneusement vos vinyls et CD’s, parce que ce ne sont pas les nouveaux MP3 de l’ami Phil qui vont vous permettre de faire votre deuil. Comparaison n’est pas raison, et tout artiste a le droit, quand il officie hors d’un groupe culte, de proposer la musique qui lui plaît, même à des années-lumières de ce qui l’a fait connaître à l’origine. Il n’en reste pas moins que l’on passe ici du single malt râpeux au ouiski-coca avec plus de glaçons que de liquide – pas vraiment mauvais, mais ça passe vite la soif… En fait, ce n’est pas un cocktail trop sucré qui nous est servi que ses divers éléments qu’il faudrait boire l’un après l’autre. Le coca, ce sont les trois premiers titres de ce maxi, qui n’auraient franchement pas détonné sur un album de L.A. Guns ou Faster Pussycat. On est KO debout de tristesse quand déboule ‘No Turning Back’, qui ENFIN nous secoue un peu mandibules et cervicales sur un rythme un poil plus motorcabochesque – il faudrait songer toutefois à offrir un fix de testostérone au type derrière le micro, ou lui frotter la gorge avec un peu de paille de verre ? ‘Life in Space’ nous assène le coup de grâce avec une chansonnette faussement folkeuse piquée dans les poubelles de Bon Jovi époque ‘Blaze of Glory’. De quoi donner envie de s’offrir un t-shirt orné d’une peinture de loup, une paire de santiags beige et un perf’ à franges avant d’aller faire un tour sur une 125 affublée d’un guidon obscènement long. Je raille pas, moi aussi j’ai eu ma période glam rock, croyez-le ou non. Mais c’était avant mes 13 ans et ma découverte de ‘No Sleep Till Hammersmith’. Désolé.

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