Cedric Burnside (vocals, acoustic guitar, drums). Cedric Burnside Project @ Blues Rules Crissier Festival, Crissier (VD), Switzerland, 21.05.2016. (c) Christophe Losberger

Cedric Burnside (vocals, acoustic guitar, drums).
Cedric Burnside Project @ Blues Rules Crissier Festival, Crissier (VD), Switzerland, 21.05.2016.
(c) Christophe Losberger

 

Les dieux du Blues ont donné leur bénédiction au Blues Rules Crissier Festival, les 20 et 21 mai dernier en accordant à Vincent Delsupexhe et Thomas Lecuyer, les organisateurs du festival, et à tous leurs fidèles les seul jours de beau du mois de mai ! Normal me direz-vous, car le Blues Rules recevait dans son festival pas moins de 5 révérends et l’ouverture de la soirée était assurée par Madrijazz, une chorale de gospel lausannoise qui a lancé les festivités avec des morceaux joyeux et entraînants qui ont conquis le public qui arrivait doucement. Mississippi Gabe Carter de Chicago est ensuite venu prêcher la bonne parole (vraiment), accompagné des rythmiques et gimmicks envoûtants de sa guitare, du bon vieux blues du Mississippi ce qui explique son surnom. Entre deux révérends, Jynx, duo du sud de la France, cordes, voix et percussions est venu présenter notamment son dernier (et aussi premier) album tout frais sorti de presse, dans un savant et intéressant mélange de world music et de blues, de morceaux méditatifs et de blues rugueux, et même une chanson chantée en occitan.

Le Révérend KM Williams, le regard sévère, est lui venu du Texas pour nous parler de sa foi dans un blues ancien et moderne à la fois, en s’accompagnant soit d’une guitare slide, soit d’une cigar box à une corde et d’un stompbox. Une belle découverte que la voix et le chant de ce révérend-là. Le Révérend Deadeye qui le suivra sur scène est déjà beaucoup moins conventionnel : d’abord on ne sait pas trop à quelle Eglise il appartient, mais on sait que ses ancêtres étaient bel et bien des missionnaires. Accompagné d’un batteur, son blues est puissant : un blues garage habité annonçant la venue du rock’n’roll et tous ses apôtres !

Le clou de cette première soirée était bien évidemment Mighty Mo Rodgers, présent à Crissier avec son excellent band italien (Pablo Leoni, Walter Monini, Luca Giordano) qui a soutenu à merveille la voix chaude et les claviers de Mighty Mo. Mighty Mo Rodgers s’est baladé avec maestria entre différents types de musique afro-américaines : blues principalement, rythm’n’blues, soul et même un passage reggae, qui n’est qu’une autre forme d’expression du blues comme le rappellera le Docteur ès blues Might Mo. Il avait pour l’occasion créé une chanson ‘Blues Rules’, comme l’avait fait Wes Mackey lors d’une des premières éditions du festival.

The Chainsaw Cowboys, sont venus en voisin depuis l’autre côté du lac (quasiment) secouer les spectateurs en cette fin de soirée avec un set de dirty blues super bien léché : bons riffs de guitare, bonne voix et percussions percutantes, qui préparait gentiment le public à la dernière prestation de la soirée, celle du déjanté et néanmoins bernois Révérend Beat-Man, dont l’Eglise est celle du blues trash à 185% et qui nous a révélé comme à son habitude les liens entre le blues et le punk et entre le gospel et le death metal. Avec le patron de Voodoo Records on ne sait jamais sur quel pied on est en train de danser !

"James Chainsaw" Lionel Ippolito (vocals), "Erich Chainsaw Zann" Farid Kedim (guitar). The Chainsaw Blues Cowboys @ Blues Rules Crissier Festival, Crissier (VD), Switzerland, 20.05.2016. (c) Christophe Losberger

« James Chainsaw » Lionel Ippolito (vocals), « Erich Chainsaw Zann » Farid Kedim (guitar).
The Chainsaw Blues Cowboys @ Blues Rules Crissier Festival, Crissier (VD), Switzerland, 20.05.2016.
(c) Christophe Losberger

Le second jour de festival débuta avec un bon vieux blues acoustique des années 20 tout droit venu de Arkadelphia (canton de Vaud), dans un show entraînant et varié de Floyd Beaumont et ses quatre Arkadelphians qui se présentaient à Crissier dans leur nouvelle formation. The Blue Monday Ministers, venus tout exprès de Roumanie ont enchaîné sur un mode blues tranquille en duo guitare, voix, harmonica. Mais la tranquillité s’en est très vite allée avec l’arrivée sur scène de Molly Gene One Whoaman Band, qui a réveillé les spectateurs avec un show de blues trash énergique, allant jusqu’à reprendre de l’AC/CD avec une seule guitare et un footdrum, mais en laissant tout de même quelques plages de tendresse gospel.

Le premier évènement très attendu de la soirée était l’arrivée sur scène de Leo Bud Welch, accompagné de Dixie Street à la batterie et Vencie Varnado aux voix sur quelques chansons. Leo, qui nous le rappelons à sorti son premier album à l’âge de 81 ans et en a maintenant 84, nous a gratifié d’une heure de bon vieux blues du Mississippi tout droit sorti du juke-joint. Le facétieux Leo Bud Welch a par ailleurs souvent été vu hors scène pendant les deux jours du fesival, à la plus grande joie du public.

Johnny Montreuil est venu de Paris, comme son nom a pu le laisser suggérer, avec un rockabilly festif et des histoires contemporaines venant tout droit de la rue. Une belle découverte pour la plupart des festivaliers. James Legs était déjà venu en 2010 avec les Black Diamond Heavies et revenait cette année sous son propre nom, mais une formation identique claviers, voix, batterie. Et comme en 2010 un show rock’n’roll très puissant et énergique avec sa voix rauque et ses claviers distortionnés. Pour finir la soirée et le festival, Cedric Burnside a d’abord commencé en acoustique guitare, voix avec quelques chansons blues dans la plus pure tradition du Mississippi, extrêmement bien exécutées. Puis Cedric Burnside est passé à la batterie et son compère Trenton Ayers est entré en scène avec sa guitare électrique et des sons rappelant parfois Hendrix. Si vous ne savez ce que font les jeunes musiciens, allez écouter le Cedric Burnside Project et vous verrez que le blues continue d’évoluer et n’est pas mort !

http://www.blues-rules.com

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