NIghtwish - © Andy Gaggioli

NIghtwish – © Andy Gaggioli

Dans l’épaisse programmation des festivals en Suisse, il n’y en a pas beaucoup dédiés uniquement aux sonorités rock ou métal. Même si on apprécie changer, certaines festivals sont beaucoup trop varié. Depuis 2014 la scène helvétique est riche d’un festival rock de plus, le Rock the Ring, organisé sur le champ d’entrainement du TCS à Hinwil, petite ville du reculé Zürich Oberland. Pour la première édition les organisateurs ont été capables de réassembler un line-up incroyable : ZZ Top, Bryan Adams, Gotthard ou Alter Bridge pour les plus connus. Cette année, les sonorités sont devenues plus heavy, parfois modernes, afin d’avoir une programmation pointue et variée. Nightwish, Limp Bizkit, Papa Roach, Toto, Billy Idol, Alice Cooper et Judas Priest nous ont convaincu à jeter un coup d’œil à ce ‘petit’ festival.

Notre arrivé commence avec des bouchons depuis la sortie de l’autoroute qui nous empêcheront de suivre le concert d’ Eluveitie, premier groupe digne d’être pris en compte, après la déception de Hellyeah. A suivre la première (mauvaise) surprise. Le parking n’est pas compris dans le ticket (ou accred), même pas dans le pass des 3 jours et fr. 15.- par soir ont été demandés. Pour un festival avec seulement 15 groupes sur 3 jours et des prix à fr. 230.- pour le pass week-end, on aurait pu s’attendre à des parkings gratos…

Sur place, heureusement, nous avons droit à une très bonne organisation. Le festival a un concept ‘old-school’ avec une seule scène, chose qui permet les spectateurs de se détendre entre les groupes et pas courir d’une scène à l’autre. Le terrain en pente permet aussi une très bonne visibilité depuis presque partout et le sol en asphalte évite de s’effondrer dans la boue en cas de pluie. Oui, bon, les festivals ne sont pas un truc pour des gamins, mais ceux qui ont été au Sonisphere à Jonswil en 2010 savent aussi apprécier un peut plus de confort… Evitable par contre le Golden Circle payant. Compréhensible dans un gros concert de stade, avec un ou deux groupes, le choix de créer une zone exclusive dans un festival devient vite difficile pour les groupes précédant les headliners, qui devront faire sans l’ambiance caractéristique au premier rang. Après avoir loupé Eluveitie donc, nous sommes prêts à accueillir Papa Roach et leur nu-metal/rap-metal qui fait leur beurre depuis une quinzaine d’années. Le groupe est sans aucun doute bien rodé et le chanteur Jacoby Shaddix est comme une balle en caoutchouc qui saute dans toutes les directions. Ils nous présentent tous leurs morceaux plus connus, de ‘Broken Home’ à ‘Last Resort’, ainsi que quelques morceaux issus de le nouvel album ‘F.E.A.R.’, mais malgré que les plus jeunes semblent bien s’amuser, l’atmosphère tarde à monter. Autre registre avec Limp Bizkit, qui grâce aussi à un son énorme, clair et puissant, nous frappe droit dans le visage ! Fred Durst est un frontman charismatique qui entretien le public et descend même dans le pit. Il se déplace même au fond du golden circle pour la joie des fans plus loin de la scène. Derrière Wes Borland nous surprend avec un de ses déguisements bizarres et le son de guitare le plus ‘fat’ du festival. Les cinq ricains nous présentent un show précis et truffés de hits: ‘Rollin’, ‘Nookie’, ‘My Way’ ou ‘Break Stuff’ ont la capacité de bien réveiller et faire sauter le public. Le groupe s’amuse sur scène et nous propose aussi un medley de reprises avec ‘Creeping Death’ et ‘Smells Like Teen Spirit’, une reprise de ‘Killing in the name’ et leure célèbre reprise de ‘Faith’ de George Michael. Oh well, peut-être une reprise de moins et jouer un morceau original en plus ? Mais bon, personne ne semble se plaindre et terminent un très bon concert avec ‘Take a look around’.
A suivre, Nightwish et leur fascinante ‘nouvelle’ chanteuse Floor Jansen. Leur dernier CD ‘Endless Forms Most Beautiful’ a le potentiel de devenir un gros succès en mixant les sonorités du passé avec une plus haute accessibilité au grand public que la période Tarja. Comme on aurait pu s’attendre, le groupe nous propose un show spectaculaire truffé de feu et flammes à accompagner leur performance. La set-list couvre  toute leur carrière mais, en ce qui me concerne, ‘la mayonnaise tarde à monter’. Un son plat et basé sur des bass-drums hyper triggées n’a surement pas aidé et le résultat est un concert plutôt plat et peu dynamique, malgré le talent inimitable des musiciens Une note de mérite à Floor, qui est en train de remplir un rôle difficile, vu ce qui est arrivé à ces prédécesseurs. Une présence scénique charismatique et sympathique et une voix qui se suffit à elle-même. Well done! Je voudrais quand même leur donner une autre chance en occasion de leur tournée en salle. Leur musique puissante et pompeuse mérite un son digne.

La journée du samedi est accompagnée par la pluie et par une programmation plus orientée aux rockers plus âgées. FM, The Hooters et Roger Hodgson de Supertramp, on les loupe sans remords (rien de personnel, hein !) et on se laisse diriger vers Toto et leur pop/prog rock. Grace à leur capacités techniques énormes et leur discographie sans fin (même si le public mainstream se souvient uniquement de leur super-hit ‘Africa’) le groupe arrive à faire oublier la pluie aux présents. Billy Idol a le rôle de terminer la journée ‘oldie’. L’ex-punk Anglais (il a commencé sa carrière avec Generation X) a lui aussi à disposition une série de hits qui ont fait danser des générations depuis les années quatre-vingt. ‘Cradle of Love’ et ‘Dancing With Myself’, des mentionnés Generation X, placées au début du concert sont un sucès sans égal et le public prend son pied. Billy, lui, semble être un highlander. Ni l’âge, les excès de jeunesse ou les accidents de moto ne peuvent pas le tuer. Son back-up band, orchestré par son ancien copain Steve Stevens à la guitare, l’accompagne à la perfection dans ce voyage. Une set-list bien balancée de morceaux plus récent, hits (‘Sweet Sixteen’) ou reprises (‘L.A. Woman’ de The Doors) font bouger tout le monde, même si une certaine sensation de routine flotte dans l’air. La plus part attend les immanquables ‘Rebel Yell’ et ‘White Wedding’ pour terminer avec une autre reprise, ‘Mony Mony’, un bon concert.

La journée du dimanche s’annonce la plus métal du week-end, avec les ‘vieux’ Judas Priest et Alice Cooper pour clôturer le festival. Les festivités commencent avec le groupe local Crown of Glory et leur hard rock. Malgré les efforts, ils semblent un peu perdus sur la grosse scène et n’arrivent pas à capter l’attention du public rassemblé devant la scène. Les choses changent d’emblée avec Five Finger Death Punch, un des groupes américain les plus en vue du moment. Le groupe est un concentré de puissance et de mélodie. Les interminables tournées autour du monde les ont transformés en une machine à concert solide et précise et malgré la pluie lors des premiers morceaux, le public apprécie beaucoup. Sympa aussi que le chanteur Ivan Moody se soit rappelé de leur premier concert en Suisse au Rohstofflager de Zürich devant 70 personnes ! Les Boss Hoss sont un groupe allemand à l’attention du grand public grâce au format TV ‘The Voice of Germany’ et leur interprétation de hits pop/rock comme ‘Toxic’ de Britney Spears ou ‘Hey Ya !’ de Outkast en version rock country. Je suis sûr que dans de bonnes conditions, ils seraient capables de créer une bonne atmosphère, mais cet après-midi, ils ont du mal à y arriver.
Le moment de Mr. Nice Guy, aka Alice Cooper arrive. Avec plus de 30 ans de carrière sur les épaules le sympathique chanteur américain est sans doute une des icônes du rock et un entertainer de race. Son hard rock de qualité accompagné par une série de prestations de style film d’horreur pour choquer le public, est toujours un plaisir à vivre en live. Vu le peu temps à dispo il n’y a pas trop de temps pour les expérimentations et malgré des morceaux plus récents trouvent la place dans le set, la plus part du show et basé sur ceux qui le public s’attend en premier… ‘No More Mr. Nice Guy’, ‘Under My Wheels’, ‘Billion Dollar Babies’, ‘Hey Stoopid’, ‘Welcome to my nightmare’… Les musiciens de Alice Cooper sont toujours  un des raisons de la qualité de ses concerts mais une note de mérite particulière va à la nouvelle guitariste Nita Strauss, qui a pris la place de Orianthi. Avec des qualités techniques qui n’ont rien à envier à n’import quel mec, la jolie blonde avec son stage-act sauvage et une charge érotique énorme, a laissé beaucoup d’hommes présents sur le carreau! Ce n’est pas un concert d’Alice sans qu’il se fasse décapiter pendant ‘I love the Dead’ et donc voilà que nous sommes satisfait. Mais il vient ressuscité pour terminer le concert avec ‘I’m eighteen’ et ‘Poison’. Mais non, ce n’est pas encore terminé, aussi l’hymne des étudiant américains ‘School’s out’ doit être joué, cette fois avec 4 (??) guitares, vu que Jason Hook, de 5FDP et ex-membre du groupe de Alice, monte sur scène pour la grande fête finale !

Judas Priest a la tâche difficile de répéter la prestation de Alice Cooper. On demarre avec ‘Dragonaut’ issu du dernier opus ‘Redeemer of Souls’ suivi par l’immortel ‘Metal God’. Rob Halford, le ‘Metal God’ lui même, et sans doute charismatique mais se révèle très passif sur scène. Pour compenser, il y le ‘nouveau’ guitariste Richie Faulkner (bon, il est déjà là depuis quatre ans) qui n’arrête à aucun moment de poser à droite et à gauche. Rob donne une bonne prestation vocale, même si certaines notes plus hautes sont visiblement difficilement accessibles. Le groupe a produit autant de perles de metal que n’importe quelle set-list serait parfaite, mais les morceaux comme ‘Victim of Changes’, ‘Beyond the Realms of Death’ ou ‘Breaking the Law’ sont toujours un plaisir à revoir en live. J’ai quand même de la peine avec le son, qui ne semble pas avoir l’impact que j’aurais voulu, mais peut-être est-ce à cause de ma position dans le pit. Après avoir fini la première partie du concert avec ‘Hell Bent for Leather’, ‘Electric Eye’ et ‘You’ve Got Anther Thing Coming’ font office de rappel. Mais personne ne veut les laisser partir et tout le monde sais qu’il y a encore deux morceaux à jouer. Et voilà que ‘Painkiller’ et ‘Living After Midnight’ arrêtent le concert. Sur la première, les difficultés vocales de Rob sont évidentes mais tout le monde semble avoir tout oublié avec la grande fête finale. Si vous voulez les revoir, ils seront de retour sur Genève en novembre!

Avec Cooper et les Priest on a donc terminé dignement un bon festival, qui nous a donné le meilleur avec une programmation de haut vol. [Elli Göbel]

Judas Priest Judas Priest Judas Priest Judas Priest Judas Priest Judas Priest Judas Priest Judas Priest Judas Priest Judas Priest Judas Priest Judas Priest Judas Priest Alice Cooper Alice Cooper Alice Cooper Alice Cooper Alice Cooper Alice Cooper Alice Cooper Alice Cooper Alice Cooper Alice Cooper Alice Cooper Alice Cooper Alice Cooper Five Finger Death Punch Five Finger Death Punch Five Finger Death Punch Five Finger Death Punch Five Finger Death Punch Nightwish Nightwish Nightwish Nightwish Nightwish Nightwish Limp Bizkit Limp Bizkit Limp Bizkit Limp Bizkit Limp Bizkit Limp Bizkit Limp Bizkit Papa Roach Papa Roach Papa Roach Papa Roach Papa Roach Papa Roach