Les Docks étaient encore très clairsemés quand Tami T est arrivée sur scène seule à 20.30 heures avec son synthé pour ouvrir une soirée qui s’annonçait pourtant comme assez unique dans son genre. Après trois morceaux sans bouger (même pas les paupières) à distiller une électro quelconque flirtant avec l’EDM, la musicienne s’est alors accrochée un bout de bois devant le bassin avec une corde façon bondage et a commencé à faire des percussions en tapant dessus avec une baguette. Si musicalement, cela n’apportait pas grand chose au morceau, visuellement c’était tout différent et tous les mecs présents ont dû se dire « ouch » dans leur tête quelques fois. A peine un merci et deux autres chansons, que cela était plié en 25 minutes. Tout de suite, la sono lâche ‘Get Your Freak On‘ pour indiquer qu’il n’y aurait pas de rappel, ce qui était bienvenu en l’occurrence.

Trente-cinq (longues) minutes plus tard, le parterre est plein et le balcon est même ouvert pour accueillir Fever Ray. Belle illustration de ces quelques mots écrits sur son site internet l’an passé peu avant la sortie de son deuxième album : « On a attendu bien trop longtemps, c’est bon, maintenant tout le monde est là ».

Difficile de savoir à quoi s’attendre car cela fait huit ans que Karin Dreijer n’a plus tourné et les clips de son dernier album sont pour le moins curieux. En plus, elle a demandé l’interdiction de faire des photos et des vidéos avec les portables, donc peu d’informations ont filtrés sans compter que c’est encore le début de la tournée.

Par un petit catwalk au centre de la scène, ce sont six musiciennes qui arrivent à tour de rôle en mode défilé, chacune avec une apparence très stylée, pour ne pas dire absurde comme cette choriste avec une combinaison bodybuilding. La dernière à arriver est bien sûr Karin Dreijer, crane rasé et maquillage panda, avec un grand sourire. On l’a dirait toute droit sortie de la bande d’Immortan Joe dans Max Mad Fury Road. On ne sait alors toujours pas trop à quoi s’attendre, mais on a désormais la certitude que cela va être drôlement barré.

Le set débute avec deux morceaux récents ‘An Itch‘ et ‘A Part Of Us‘ sur lesquels les deux choristes se démènent. En fait, elles dansent plus qu’elle ne chantent. A l’arrière, deux filles sont aux percussions et une troisième au synthé. Le son est vraiment bon, la voix principale ressort clairement du mix (et quelle voix !). Tant mieux car sur scène c’est un peu le cirque avec des musiciennes qui tout en se marrant ressortent des pas de danse que l’on avait espéré disparus avec les Worlds Apart.

Les morceaux s’enchainent bien et on a droit à des extraits des deux albums de Fever Ray. Malgré les années d’écart, difficile de dire quels sont les anciens morceaux et quels sont les nouveaux car ils se marient facilement, mais d’un autre côté après sept ou huit chansons, cela commence à être un peu répétitif. Heureusement, c’est là que l’intensité monte d’un cran avec une version splendide de ‘Concrete Walls‘ chantées à trois sur le devant la scène, puis un excellent ‘To The Moon And Back‘.

A ce stade, le public a peut être entendu au grand maximum trois fois « Thank You » durant tout le concert. Dommage de ne pas communiquer un peu plus, surtout que Fever Ray a un discours et des positions intéressants dans de nombreux domaines et qu’elle avait là un auditoire plus que réceptif (et certes probablement déjà tout acquis à ses causes).

Avant le rappel, on a eu droit à un de mes morceaux préférés du dernier album ‘IDK About You‘ suivi par ‘Keep The Streets Empty For Me‘. A peine sorties de scène, les filles sont immédiatement de retour pour un rappel avec leur hit le plus connu, qui est pourtant à des années lumières du matériel joué ce soir, ‘If I Had A Heart‘, la chanson qui accompagne les aventures de notre viking préféré, Ragnar Lothbrok, depuis cinq ans ans déjà. Sans transition, ce sera ensuite ‘Mama’s Hand‘, un chouette titre mais dont la fin semble bâclée. Sur les derniers beats, les six musiciennes se réunissent devant la scène pour saluer une audience qui a semblé très satisfaite de sa soirée. A juste titre.

 

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