Dernier concert de l’année pour moi qui se termine comme elle a commencé, c’est-à-dire magnifiquement bien avec une grosse soirée thrash metal aux Docks de Lausanne. 2018 avait en effet débuté avec la venue ici-même de Kreator, pour libérer définitivement nos tympans du martyr des chants de noël.

Ce soir la boucle est donc bouclée avec pas moins de 4 groupes réunis sous la bannière « MTV Headbanger’s ball« , du nom de cette émission culte qui nous offrait 2 heures de metal tous les dimanches soirs (et un début de semaine difficile chaque lundi) avec sa présentatrice culte Vanessa Warwick qui ne laissait personne insensible (moi le premier).

La plupart des groupes à l’affiche ayant eu leur heure de gloire dans les années 80s, les musiciens ont un certain âge et doivent se coucher pas trop tard. Cela commence donc très tôt avec un premier concert à 18h30 déjà. L’honneur d’ouvrir la soirée appartient aux grecs de Suicidal Angels avec un set de 45 minutes. Belle prestation énergique, mais c’est un peu trop lisse et cela manque d’agressivité à mon goût.

On conserve la thématique des anges et après les suicidaires, voici venu celui de la mort (enchaînement logique, rien à redire). Death Angel, groupe californien qui fait partie des vétérans de la scène thrash, propose un show ultra pro, très centré autour de son prodigieux guitariste Rob Cavestany. Le chanteur Mark Osegueda est lui aussi très à l’aise sur scène et fait le job pour faire monter le niveau avant les deux groupes principaux. Vraiment un groupe qui mériterait plus de succès.

L’unique déception de la soirée, ce fût au moment de manger. Arrivé le ventre vide sur place à 18h15, je pensais m’acheter un sandwich, mais voilà que le stock était déjà écoulé et que l’on me proposait au mieux un paquet de chips nature taille enfant. Le reste de la soirée s’annonçait compliqué, surtout que mon binôme valaisan usuel de Daily Rock était de garde sur sa dameuse et que je ne pouvais donc pas compter sur la meule de fromage de secours qu’il garde dans son coffre à la place de la roue du même nom.

A défaut du ventre, heureusement c’était plein les oreilles avec le show surpuissant de Sodom, un groupe que je n’avais pas vu ni écouté depuis très longtemps et qui a gardé toute sa fougue. Tom, le seul membre d’origine assure bien. Certes, sa voix est cramée ce soir et il s’en excuse. Il faut quand même dire que cette petite tournée MTV consiste en 17 dates en 17 jours et que c’était l’avant-dernière. A ses côtés, Frank Blackfire en fait beaucoup mais le fait très bien. Quelle bonne claque que d’entendre en concert « Agent Orange » après l’avoir fait tourné en boucle à l’époque. Des compos efficaces qui vont droit au but(t) permettent de conserver une tension permanente et en toute logique, le public réagit bien au set de Sodom en applaudissant chaque morceau. Le meilleur des quatre concerts pour moi.

Cerise sur le gâteau (oui j’ai toujours faim mais quand on est en mission on fait des sacrifices) et une fois n’est pas coutume avec dix minutes d’avance sur le planning, Exodus lance le dernier concert de la soirée. Au bon endroit (Bay Area) au bon moment (années 80s), Exodus n’a malheureusement pas connu le même succès que les membres du Big 4. Groupe culte qui est surtout connu pour avoir eu dans son effectif Kirk Hammet et plus récemment pour ses penchants échangistes avec Slayer (qui lui a emprunté Gary Holt après lui avoir prêté Paul Bostaph), Exodus est une valeur sûre en concert. Le chanteur Steve Souza a une belle présence scénique et du coffre. D’ailleurs c’est peut-être lui qui a boulotté tous les sandwichs ce soir. Après quelques morceaux, il tombe son drôle de bonnet et continue de traverser la scène de gauche à droite. Le guitariste Lee Altus maîtrise son instrument avec une facilité déconcertante. Aucun temps mort ce soir si ce n’est quelques mots de Steve pour remercier les gens qui se donnent la peine de venir aux concerts, en particuliers ceux qui ont fait de la route. Pas idiot, le groupe joue beaucoup de ses vieux morceaux, en particulier  ceux tirés du premier album, pour le plus grand plaisir du public. Un samedi soir comme on aime.