Rockeuses, Rockeurs,

L’heure est grave. Le rock va mal. Le disque s’effondre. On a plus de bières au frigo. C’est la crise. Les Ukrainiens trinquent, les Syriens agonisent dans l’indifférence générale, les Suisses ont fermé leurs frontières et les Français, malins qu’ils sont, s’apprêtent à les imiter. La routine.

Sur ces paroles pessimistes, parlons d’un groupe qui agite les slips de la Suisse romande depuis quelques mois, à savoir Kadebostany. Deux questions demeurent sans réponse : pourquoi s’obstinent-ils à causer en anglais sur scène et durant les interviews alors que tout le monde sait qu’ils sont de G’nève, et comment ont-ils fait pour accumuler autant de ‘vues’ sur YouTube? Près de deux millions pour leur ‘Walking with a Ghost’ ! Alors de deux choses l’une, soit ils ont passé des nuits blanches à se toucher devant leurs clips so hype pour faire monter leurs stat’ en appréciant ce concentré de swag, soit ils ont un truc. Et hop, on arrive à la première question.

Le débat est levé : think local or think global. En anglais, s’il vous plaît..

En Romandie, on est sur l’île de la consanguinité. Un groupe romand fait un album, il fait la mini-tournée Usine – PTR – Pont Rouge – Nouveau Monde – Amalgame, avec une première partie aux Docks ou à Fri-son quand il a de la chance, et c’est tout. Et le problème, c’est la proximité. C’est les passages sur les radios locales, c’est les blagues régionales entre les morceaux. Pour espérer s’exporter en France (on oublie la Suisse allemande, c’est un autre continent), t’es obligé de te la péter. De te la jouer rockstar millionnaire, de rouler en Mustang dans tes clips. Mais en vendant pareillement son âme au diable, est-ce qu’on perdrait pas une intimité avec le public indispensable, d’une certaine manière? Le débat est levé : think local or think global. En anglais, s’il vous plaît.

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