Le prolifique, et bête de scène, auteur-compositeur, et booker, Alex Paquette, leader de la formation Reggae-Ska Francbâtards, lance un nouvel album festif et engagé, comme à son habitude, avant de prendre la route pour une multitude de spectacles au Québec et à l’étranger. L’album justement intitulé «Et on prend la route» sera disponible à partir du 2 mai sur toutes les plateformes et en format physique pour les amateurs d’objets réels et d’arts vivants. Pour ce nouvel opus, Alex est accompagné d’un groupe de cinq musiciens, provenant de plusieurs régions du globe, qu’on nomme Les Insulaires. Une troupe, avec cuivres, qui propose des orchestrations riches remplies de droiture et d’harmonie en parfait soutien à la voix rassembleuse et fraternelle du chanteur. Parce que c’est ça Alex Paquette; le grand-frère un peu bohème mais toujours digne de confiance. L’album mélange les styles,les langues et les saisons pour créer un amalgame vibrant et dansant qui vise droit dans le mille et qui saura plaire à un vaste auditoire déjà convaincu et à venir. Alex et Les Insulaires ne réinventent pas la roue mais proposent une musique particulièrement bien produite et positivement efficace qui comblera les attentes de petits et grands dans n’importe quel festival estival. C’est beau, des rimes.
Bien que nous ne sortions pas drastiquement des sentiers battus certains morceaux de l’album se distinguent dans leur approche. L’émotive «On vieillit» trace un bilan mitigé de la vie de l’artiste qui fait, dans le présent, le point sur son passé afin d’en mieux définir l’avenir. Il y a aussi la surprenante « Reggaedon » qui, comme son nom l’indique, incorpore une touche de rigodon à une pièce reggae pour créer quelque chose, jusque-là, de jamais entendu. Il s’agit là probablement de mes deux pièces favorites de « Et on prend la route »
Par contre, si nous pouvons nous permettre une légère critique constructive, parce que c’est bien à ça que servent les critiques d’albums; les textes auraient probablement pu bénéficier d’une session de relecture et de réécriture supplémentaire afin d’améliorer certaines tournures de phrases et d’assurer une meilleure fluidité entre certaines syllabes. La versification (le nombre de syllabes au sein d’un vers) est parfois inégal et se trouve en rupture avec certaines parties mélodiques. En résumé, le fond prévaut un peu trop sur la forme, un balancier plus égal aurait permis à l’auditeur de s’attacher davantage aux messages lancés de tout coeur par l’artiste qui malgré tout rejoint son public avec un message clair d’amour, de paix et d’ouverture.
