Un samedi soir comme les autres en Moselle… Non pas vraiment. Car cette fin de journée s’annonce assez rythmée et très rock n’roll. D’ailleurs tout commence comme dans une réunion de famille. Parce qu’on retrouve les vestes à patchs, les tee-shirts noirs mais surtout parce que Tonton Zégut est là. Tout seul, assis derrière son stand remplis de bouquins, de gadgets et de fringues à son effigie. Zégut attends ses fans pour échanger, poser pour des photos, signer des objets, etc. Un personnage mythique pour tout bon fan de rock, une gueule, une voix et surtout pas une histoire, mais des tas d’histoires à raconter. D’ailleurs Tonton Zégut est aussi présent ce soir pour parler de son vécu, pour balancer quelques anecdotes et remercier les gens qui font vivre à musique, le rock, le spectacle vivant. Une référence du rock qui impressionne toujours par son charisme qui ne faiblit pas. L’histoire du rock c’est aussi ce genre de personnage qui laisse une empreinte et qui marque toute une génération.
En parlant d’histoire du rock, la suite de la soirée y fait clairement référence. The Scotts c’est un groupe de covers d’AC/DC. Quelques cheveux blancs, des looks de vieux briscards qui savent de quoi ils parlent et dès les premières notes tout cela nous fait vibrer et retourner dans le temps. Le temps d’un AC/DC à son apogée, et d’un succès qui ne se démentira plus. La référence évidente à la période Bon Scott, des morceaux qui font hocher la tête comme « The Jack » ou encore « Problem child ». La voix du chanteur est impressionnante de justesse et de ressemblance avec la version originale et on ne peut que valider ce show tout comme l’a d’ailleurs fait le fils de Malcom Young.
Dans The Scotts, il y a aussi Emmanuel Haeussler, guitariste qui fait un boulot extraordinaire au sein du groupe. Un passionné qui ne l’est pas moins du groupe Iron Maiden. D’ailleurs nous vous conseillons vivement de lire son histoire incroyable qu’il a couché sur papier pour sortir ‘Piece of Mind’, une histoire de rencontres, d’heureux hasards et d’amitié unique mais surtout de rock n’roll.
Après un ou deux petits verres, nous voici devant la scène pour accueillir les suisses de Chaoseum. Du nu-metal depuis 2018, des riffs balancés un peu partout en Europe et un succès grandissant après cinq albums. Dès leur entrée sur scène, les membres du groupe nous emmènent dans leur univers, très visuel, entre The Crow et Joker. Un univers sombre, mais vibrant. Leur musique aux multiples influences (Korn, Deftones) laisse scotché la foule présente. Une voix angélique qui peut hurler, des riffs atmosphériques qui peuvent s’envoler, et un rythme qui s’emballe autant qu’il se pose. Bref un véritable grand huit de la puissance. On retiendra des morceaux comme « Until the End », « Smile again » ou encore « Freakin’Head ». CK Smile, le chanteur, invitera plusieurs fois la foule à interagir et c’est un succès car le public le suit et entre complètement dans le show. Après une tournée en première partie de Tarja à travers d’Allemagne notamment, Chaoseum arrive à la fin de son périple 2026 et prouve ce soir qu’ils ont de quoi grimper vers les sommets du metal.
Et puis, ce soir, c’est les français de Tagada Jones qui clôturent cette édition de RockonWood. Passé par la Moselle en juin, les revoilà quelques mois plus tard, mais cette fois-ci pour présenter leur tout nouveau tout frais « A Fleur de Peau ». Un nouvel album sorti il a seulement quelques jours. Inutile de dire que le public du 112 à plus que hâte. Et Tagada Jones a le feu ce soir. Une belle et forte envie de présenter ses nouveaux titres en live et de voir comment la sauce va prendre. Quoi qu’il en soit le public réponds présent et lance un pogo bien bourrin dès les premières notes de « Les Flammes de la Fête ». Les chansons s’enchainent au même rythme que découlent les notes c’est-à-dire, dans une rapidité et une énergie punk. « Le dernier Baril », « Nous avons la Rage », « Hors Normes », « Contre vents & Marées », « Cargo » puis « Zéro de Conduite ». On écoute, on exulte même si les titres sont plus qu’inspirés de l’actualité ma foi bien désolante.
Niko nous informe que cet hymne habituellement joué à la fin a été remonté vers le début, histoire de changer un peu… et de mettre encore plus le feu aux poudres car « Mort aux Cons » c’est avant tout The titre très attendu par le public en délire qui reprend évidemment les paroles en chœur. Un souvenir de ce moment incroyable au Hellfest où ces paroles ont été scandé à l’unisson par des milliers de personnes… Bref à Terville ça continue avec « Je suis Démocratie », « Elle ne voulait pas », « Vendetta ». Un très émouvant « Vendredi 13 » suivi de « Nation to Nation », « Le feu aux poudres » et un très intéressant « A Fleur de Peau » qui ajoute encore de la nouveauté au set. « De Rires et de Larmes » puis « Wake Up » pour finir avec « Porcherie ».
Pas une minute de répit, pas de pause, pas le temps de souffler, c’est ça l’énergie live de Tagada Jones. Une énergie transmise généreusement au public qui reçoit, qui la transpire, qui la vie. Un show donc qui contente un public venu pour écouter du gros son et pogoter sur du bon, du très bon rock. Une mention toute particulière pour le fabuleux batteur qu’est Job et qui, après quelques mésaventures sur le tournage d’un clip, continue de tourner et joue avec un pied plâtré. Un courage et une envie qui démontrent la volonté et la grandeur de ces musiciens !
Texte : Marjorie Delaporte
Photos : Annie B.
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