Au cœur du Hellfest, la team HellCare s’est imposée comme un dispositif central de prévention et d’assistance. Maraudes, écoute psychologique, gestion des situations d’urgence : derrière les dossards bleus, des bénévoles veillent en continu sur les festivaliers. Dans un festival où les questions de bien-être ne peuvent plus être secondaires, leur champ d’action s’est élargi à des enjeux majeurs : santé mentale, comportements à risque, consommation de substances, protection auditive, sexualité, mais aussi violences sexistes et sexuelles et discriminations. Jason, bénévole HellCare, raconte les réalités d’un dispositif devenu indispensable sur le terrain.

Peux-tu présenter ton rôle au sein de la HellCare ?
Cela fait deux ans que je suis bénévole à la HellCare. Notre rôle est d’être le point d’entrée de toute la prévention sur le Hellfest. Cela concerne la protection solaire, les protections auditives, les violences sexistes et sexuelles, les conduites addictives ou encore l’accompagnement psychologique.

Dans chaque Algeco HellCare, il y a toujours des bénévoles pour distribuer de la crème solaire, des bouchons d’oreilles ou répondre aux questions des festivaliers. Une psychologue est également présente en permanence pour accueillir les personnes qui ont vécu une situation difficile, qu’elle soit liée au festival ou non. Parfois, certaines personnes ont simplement besoin de parler. À côté de ça, il y a les équipes de maraude, dont je fais partie.

Comment s’organisent ces équipes de maraude ?
Nous intervenons toujours par équipes de trois. Il y a d’abord une psychologue diplômée, qui accompagne les personnes sur le plan psychologique. Ensuite, une personne chargée de la liaison, qui reçoit les appels radio et consulte les signalements effectués via l’application. Enfin, il y a un référent Safe Zone, qui est mon rôle.

Lorsque nous arrivons sur une intervention, je prends contact avec les personnes présentes, j’explique que la situation est prise en charge et j’organise un espace autour de la personne. On demande par exemple aux gens de lui laisser de l’air, d’éviter qu’une dizaine de personnes lui parlent en même temps et de rester calmes.

Ensuite, selon la situation, nous décidons vers qui orienter la personne. Si elle est blessée ou fait un malaise, nous appelons les secouristes. Si le problème relève davantage de la sécurité ou d’un comportement dangereux, nous faisons appel aux agents de sécurité. Et lorsqu’il s’agit d’une situation plus grave, nous sollicitons directement la gendarmerie.

Les festivaliers utilisent-ils beaucoup l’application du Hellfest pour signaler des situations ?
Oui, je pense qu’elle est bien utilisée. Beaucoup de festivaliers viennent aussi nous dire qu’ils apprécient le dispositif, ce qui est vraiment encourageant. Comme toute nouveauté, il y a toujours des améliorations à apporter, mais on voit que l’outil trouve progressivement sa place et qu’il est de plus en plus utilisé.

Combien y a-t-il d’équipes sur le festival ?
La HellCare est répartie sur quatre secteurs : le camping bénévoles, le camping festivaliers, le site du festival et le HellCity. Chaque secteur dispose de son propre Algeco et de plusieurs équipes de maraude.

Sur le site du festival, je dirais que nous sommes à peu près une douzaine d’équipes de trois personnes. L’organisation évolue aussi en fonction des horaires. Cette année, il y a moins d’équipes le matin et davantage le soir, tout simplement parce que les interventions sont beaucoup plus nombreuses en fin de journée.

Faut-il une formation particulière pour rejoindre la HellCare ?
L’objectif est de recruter un maximum de personnes déjà formées : psychologues, infirmiers, secouristes… Mais comme nous sommes très nombreux, ce n’est pas toujours possible.

Tous les bénévoles suivent donc une journée complète de formation au siège du Hellfest avant le festival. On y aborde les premiers secours, les conduites addictives, l’utilisation des radios, le fonctionnement de l’application, la mise en place d’une Safe Zone et la manière d’intervenir auprès des festivaliers.

Y a-t-il une intervention qui t’a particulièrement marqué cette année ?
Avec la chaleur, nous avons surtout pris en charge des malaises. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’était pas forcément lié à l’alcool. Beaucoup de personnes nous disaient avoir bu de l’eau, mais avec de telles températures, cela ne suffit parfois plus. On transpire énormément et la déshydratation peut arriver très vite.

Nous sommes intervenus auprès d’une femme qui faisait la queue au merchandising, en plein soleil, vers 15 heures. Elle s’est effondrée d’un seul coup. Heureusement, des festivaliers ont réussi à la rattraper avant qu’elle ne tombe sur la tête. Ils ont effectué un signalement via l’application et nous sommes arrivés quelques minutes plus tard.

Nous lui avons donné de l’eau, essayé de la rafraîchir, vérifié qu’elle restait consciente, puis demandé aux personnes autour de nous aider à créer de l’ombre avec leurs parapluies en attendant l’arrivée des secouristes. La SNSM est intervenue très rapidement.

Avec cette chaleur, vous aussi, devez prendre soin de vous…
Oui, bien sûr. Nous avons été très bien briefés avant le festival. Nous faisons des pauses régulières à l’ombre, nous nous arrêtons très souvent aux points d’eau et nous buvons énormément. Je crois que je n’ai jamais autant bu d’eau de ma vie ! (rires)

Nos shifts durent cinq heures et tout est prévu pour que nous puissions rester opérationnels malgré les conditions.

Les festivaliers évoquent souvent le manque d’ombre sur le site. Savez-vous si des aménagements sont prévus ?
Là-dessus, je ne peux pas vraiment répondre, car nous sommes uniquement sur la partie opérationnelle. En revanche, je peux dire qu’il existe déjà beaucoup de dispositifs : les points d’eau, les murs d’eau, les brumisateurs…

Lorsque nous intervenons auprès d’une personne qui souffre de la chaleur, nous lui conseillons toujours de mouiller régulièrement son chapeau, de boire beaucoup d’eau et de profiter de ces installations pour se rafraîchir. Des arbres ont également été plantés, mais il faudra évidemment un peu de temps avant qu’ils offrent une véritable zone d’ombre.

Et une fois ton service terminé, place aux concerts ?
Exactement ! Je fais mes cinq heures de bénévolat, puis je redeviens un festivalier comme les autres.

Hier, par exemple, j’ai vu Igorrr et j’ai pris une énorme claque. J’adore déjà leur musique, mais c’était la première fois que je les voyais en concert et c’était incroyable. J’attends aussi avec impatience Behemoth, The Dillinger Escape Plan, Decapitated ou encore Rotting Christ. Il y a vraiment une programmation exceptionnelle cette année.

INFORMATIONS HELLCARE ICI

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