Marco Ema dévoile son troisième album, Soleil mâché, paru le 16 janvier, trois ans après Anyway, Mommy Love. Cette fois, l’auteur-compositeur-interprète assure lui-même la réalisation, épaulé par son complice Cédrik St-Onge (Étienne Coppée, Vendôme, Aswell,Luan Larobina), dont l’enregistrement s’est effectué dans son studio de ce dernier, le Studio Wild.
Composé de onze morceaux, Soleil mâché s’articule autour de la transformation. On y aborde un thème comme le retour à soi, au temps, aux autres et à l’existance. Musicalement, l’album navigue entre pop-funk, textures plus grunges et élans assumés. La richesse instrumentale favorise une approche organique et qui plait. Cordes, vents, claviers et percussions, combinés à une présence marquée des chœurs, forment un terreau sonore dense et enveloppant. Enfin, les arrangements évoquent une pop teintée de folk (Avalanche) et de folk-country(<3*), portée par des textures mélodiques accessibles.
Au chant, Marco Ema demeure constant et incarné. La chanson phare appuie une transition, une étape qui se travaille lentement, qui se transforme — une idée appuyée par le visuel de la pochette : un soleil DIY saturé, brut et évocateur. Cette approche efficace se reflète d’ailleurs dans la progression de l’album où rien n’est brusqué, tout s’installe graduellement, dès l’ouverture avec Jour férié.
« Je veux prendre de la hauteur
À coup d’erreurs
Tanné de dépendre
D’attendre mon heure comme si j’avais encore le feu »
— Jour férié
Soleil mâché agit comme une analogie littéraire abordant la vie, la mort, le milieu rural et la mémoire sans détours. Une nostalgie douce rappelant parfois, tant dans l’écriture que dans certaines mélodies, l’héritage de Félix Leclerc. La pop évolue sans excès, se transformant au fil des écoutes. Marco Ema s’entoure d’ailleurs de nombreux musicien·ne·s et collaborateur·rice·s —Pierre Guitard, Pol, Alex Métivier, Héron, entre autres — créant une atmosphère complice et familière, reflet d’une scène musicale bien solide.
Y’a tellement d’hommes qui parlent fort
Des crises de cœur au moindre effort
À quoi ça sert toute cette colère ?
Je fais de la musique, j’espère que ça fait l’affaire
— Feu de paille

Photo: Karelle Goguen-Bancel
Et avec Soleil mâché, il consolide son univers tout en l’ouvrant à une instrumentation collective, une étape charnière de maturité artistique. Comme un Refrain, pour nommer en citer un exemple, a une rythmique qui rappelle une routine rassurante : stable, prévisible, constante. Un bercement où l’amour est abordé avec justesse et douceur. Un repère où l’on se sent à la maison. Et bonne nouvelle : Marco Ema sera de passage à Montréal au Bain Mathieu pour un spectacle à même une piscine intérieure le 27 mars prochain. De quoi marquer les esprits — et ton fil Instagram.
SPECTACLES
- 27 février : Cité polaire-Val-d’Or
- 11 mars : Le Minotaure-Gatineau
- 13 mars : Bains publics-Rimouski
- 14 mars: La Baleine endiablée–Rivière Ouelle
- 27 mars : Bain Mathieu-Montréal (Première)
- 28 mars : Grizzly Fuzz-Québec(Première)
- 8 mai : Garage à Simon (Café Culturel de la Chasse-Galerie)
- Lavaltrie-22 mai : Beat et Betterave-Frelighsburg
- 18 septembre : Le Zaricot-St-Hyacinthe
BILLETS
https://www.marcoema.com/spectacles
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