C’est la reprise des concerts pour Daily Rock. Oui, enfin !! Après plus d’un mois de pause, retour dans le noir salvateur des salles, direction la Rockhal au Luxembourg, ce mardi 13 janvier 2026. Un mardi, oui. En pleine semaine. Pas le créneau le plus rock’n’roll du monde… et pourtant, qu’est-ce que ça fait du bien de voir ces visages heureux, ces têtes qui hochent déjà avant même la première note.
18h45 – Dragony
Fondé en 2007 à Vienne, Dragony s’est imposé au fil des années comme une valeur sûre du power metal épique, bardé de fantasy, de récits héroïques. Leur album « Viribus Unitis » avait clairement marqué un tournant, plus musclé, plus affirmé. Première fois au Luxembourg, et le groupe ne fait pas les choses à moitié. Sur scène, un faux décor de vestiges en pierre, envahi de lierre qui pousse un peu n’importe comment, comme repris par la nature, ponctué de petits arbustes aux feuilles orangées. Le tout délicatement éclairé par de petites lumières jaunes, contrastant avec une ambiance rouge qui baigne la scène. Derrière, le drap du groupe, logo bien visible, prêt à en découdre. Le chanteur arrive vêtu… alors là, débat dans la fosse : moine ou Jedi ? Personne n’est vraiment sûr. Lui non plus peut-être. Et c’est très bien comme ça. Une chanteuse, aux longs cheveux blonds lumineux, les rejoint sur plusieurs morceaux, apportant une touche mélodique et presque céleste, qui tranche avec la puissance frontale du groupe.
Moment fort : l’avant-dernière chanson. Elle brandit un bâton terminé par une sorte de ruban en forme de queue de dragon rouge, qu’elle fait tournoyer autour d’elle. Le morceau est ultra pêchu, ça accélère, ça tape, ça embarque tout le monde. Et pour conclure ? Le chanteur lâche un cri final, bien aigu, tenu, maîtrisé… frissons. 35 minutes, efficaces, intenses, sans temps mort.
19h45 – Freedom Call
Créé en 1998 en Allemagne, Freedom Call est souvent cité comme l’un des groupes les plus positifs du power metal. Leur hymne Metal « Is for Everyone » est devenu un véritable manifeste, et leur réputation de groupe joyeux, presque solaire, les précède partout. Ici, pas de mise en scène élaborée : juste un drap derrière eux, avec le nom du groupe sur un ciel étoilé et un arc-en-ciel. Et honnêtement ? Ça suffit largement. Les jeux de lumière sont vifs, ultra colorés, presque flashy par moments, pendant que la machine à fumée crache à tout va, noyant la scène dans un nuage joyeusement opaque. Visuellement, ça claque : le chanteur, cheveux longs poivre et sel, sourire accroché au visage. Tous ont des cheveux interminables, du genre à rendre jalouse une bonne partie du public féminin (et masculin, soyons honnêtes). Vestes en jean ouvertes, rien dessous. Jeans, t-shirt gris métallisé.
Simple. Rock. Efficace. Entre deux morceaux, le chanteur balance, hilare, qu’un magazine américain les a un jour qualifiés de « the happiest metal band of the world ». Puis, avec leur dernier single en poche, il ajoute qu’ils sont désormais aussi « the happiest metalcore band of the world ». Évidemment, ça fait rire. Et ils entament leur titre « Heavy metal happycore » Il demande un circle pit… qui restera un peu timide, il faut le dire. Mais l’envie est là, l’énergie aussi. L’avant-dernière chanson ? « Metal Is for Everyone », chantée à pleins poumons. 45 minutes de bonheur simple, direct, sans cynisme.
21h05 – Ensiferum
Fondé en 1995 en Finlande, Ensiferum est l’un des piliers du folk metal viking, mélangeant riffs tranchants, mélodies traditionnelles, chants épiques et thématiques guerrières. From Afar reste un album charnière, massif, fédérateur. Pas de décor non plus ici, mais un immense drap en fond de scène : logo, nom du groupe, et surtout cette image impressionnante d’un viking brandissant une épée, chevauchant un loup hurlant sur un champ de bataille. Tout est dit. Les jeux de lumière démarrent sur des teintes froides, bleu et blanc, presque glaciales. Puis, au fil de la setlist, les couleurs se réchauffent : rouge profond, parfois même des touches violettes.
La montée en puissance est autant visuelle que sonore. Le claviériste chante, le visage peint, regard habité. Le bassiste, lui, porte un kilt noir, imperturbable, massif, ancré dans le sol. Le groupe demandera à deux reprises au public un mosh pit sur les titres « Fatherland » et « From Afar ». Et là… ça répond. Clairement. Moment fort, encore : la chanteuse de Dragony rejoint Ensiferum sur scène pour « Scars in My Heart ». Le mélange des voix fonctionne à merveille, ajoutant une émotion supplémentaire. 1h10 de set. Dense et épique. Le public est conquis.
Un mardi soir, certes. Mais un mardi soir vibrant, lumineux et bruyant comme on les aime. Trois groupes, trois ambiances, un même fil rouge : le metal comme force, comme énergie brute, comme échappatoire joyeuse. Quel bonheur de reprendre le chemin des concerts, vivement le prochain.
Textes : Adeline Pusceddu
Photos : Deadly Sexy Carl
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