On ne présente plus l’inferno festival aux fans de black metal. Il n’en existe pas un qui ne rêvent pas de poser ses grosses bottes noires à Oslo en cette période. Cette rencontre dans le nord, berceau du metal noir est à l’image du récit de Tolkien, un voyage inattendu !


Jeudi 29 mars 2018

Nous naviguons à grands pas dans les rues presque désertes d’Oslo en cette période de Pâques. Le son des ceintures, chaines et godillot des festivaliers guident nos oreilles jusqu’aux devant de la porte du Rockefeller, bienvenue en enfer…

Aucune âme non-rafraichie en peut s’échauffer ; direction le ‘rooftop’. C’est l’endroit des retrouvailles, des rencontres, des fumeurs et des Gin Tonic. Vous l’aurez compris, entre les concerts ‘its the place to be’.

Bon, revenons à nos moutons noirs, le programme de la première soirée est parfait pour se mettre dans le bain…

Shining (ceux de Suède, à ne pas confondre avec le groupe du même nom provenant de Norvège ou au film classique), se sont affairés sur scène avec brio en renvoyant une image bien plus clean que celle à laquelle nous nous étions habitués. Le point positif avec cette attitude plus sobre c’est que notre concentration était dévouée au son. Dark Funeral et Obituary leurs succéderont sur cette belle scène du Rockefeller en offrant exactement ce qu’on pouvait attendre d’eux : une prestation précise taillée au couteau. Au sous-sol, dans la salle du John Dee, UADA et One Tail, One Head on quant à eux, eu l’honneur de commencer à faire gouter le plafond, chaleur du diable ! En ce premier jour, les festivaliers ont encore un pied dans l’avion et se permettent tout gentiment de découvrir le festival. Les groupes ont cependant bien rempli leurs rôles et nous sommes à l’issue de cette première soirée, parfaitement lancés pour la suite. Il est temps pour nous de découvrir les pièges des after… à demain !

Odium – © StiPa photography 2018 – No unauthorized use allowed

Vendredi 30 mars 2018

Au lever, nous nous revigorons rapidement pour être à nouveau présentables (illusion d’optique cela dit, la nuit fût courte). Au Inferno, il n’y a pas que les concerts, il y a aussi des conférences qui prennent place. Nous décidons donc de faire le déplacement vers l’hôtel officiel, dans lequel ces fameux meetings ont lieu. Nous avons assisté à une partie de l’excellente clinique du batteur d’Enslaved, Cato Bekkevold, qui a répondu aux questions de manière amusante et passionnée. Ça fait toujours plaisir de prendre une bonne leçon de technique dans la tronche ! Retour au festival pour savourer l’affiche de la soirée avec entre-autres Mephorash, Necrophobic et Emperor. C’est sans surprise Emperor qui remplit le triplex qu’est ce fabuleux Rockefeller pour confirmer leur pouvoir de persuasion scénique. Une belle découverte s’est ajoutée à cette soirée avec Audon ; jolie perle qui ne va pas tarder à sortir de sa coquille, restez attentifs.

Erimha – © StiPa photography 2018 – No unauthorized use allowed

Samedi 31 mars 2018

On vous épargne la fin de soirée de la veille car c’est en fuyant les miroirs que nous abordons le samedi, (tout est dit). Le rythme est engagé et nous nous sommes résignés à devenir les guerriers des nuits blanches. L’année prochaine nous postulerons certainement au poste des valkyries ! La fête débute tôt avec Nordjevel à 16h30. Nous constatons vite que nous ne sommes pas les seuls à avoir pris cher hier, la salle n’est pas à son comble, mais cela ne va pas durer. Krakow et Memoriam feront monter la température d’un cran avant l’entrée du surdoué Ihsahn. Lorsqu’il troque le micro d’Emperor pour s’adonner en solo sur scène, la bête se transforme en magicien et nous fait découvrir la complexité de ses compositions tout en conservant une intégrité qui impose le respect. Une heure de pur régal, merci maître ! Le terrain ne pouvait être mieux préparé pour l’entrée de Satyricon, qui joue ce soir le dernier concert de sa tournée, et quel concert ! Nous notons tout d’abord leur légendaire aptitude à proposer des prestations parfaitement carrées et incroyablement fidèles à leurs albums. Ils ne se contentent pas d’être acteurs de leur musique mais offrent à l’audience toute la puissance et la justesse accompagnées d’un son proche de l’excellence. Le titre éponyme de leur récent album ‘Deep calleth upon Deep’ nous replonge dans l’époque ‘Mother North’ avec grandeur. Satyricon fait partie de ses groupes qui ont su évoluer sans jamais quitter leurs convictions artistes, du grand art !

Satyricon – © StiPa photography 2018 – No unauthorized use allowed

Dimanche 1 avril 2018

Tristesse, désespoir, c’est le dernier soir ! Nous nous dirigeons une dernière fois vers le Rockefeller non sans nostalgie. Première cible ? Tsjuder. Très difficile honnêtement de faire mieux en matière de black underground, nous sommes littéralement tirés par les oreilles vers les devants de la scène. Alors que l’on s’imagine ne pouvoir se réjouir plus, le groupe invite sur scène Freddan/Hanoi (Frederick Melander), légendaire bassiste de Bathory. La coupe de l’excellence est pleine, régalons-nous ! Les batteries rechargées à bloc, nous nous élevons vers le ‘rooftop’ pour profiter des derniers moments de fête et trinquer en l’honneur de cette magnifique épopée. Entre rires, partages et multilinguisme, le devoir nous rappelle avec Carpathian Forest, invité à clore l’édition. C’est un peu sceptiques que nous abordons le concert. Le groupe nous ayant parfois habitué à la livraison de shows alcoolisés, les miracles sont-ils encore possibles ? Et bien oui, ce festival met tout le monde d’accord. Ils nous livrent un travail studieux et engagé. Nous repartons bien décidés à promettre une écoute au nouvel EP ‘Likeim’ prévu le 13 avril prochain.

Le soleil se lève à nouveau, la nuit fût blanche, les concerts sombres à souhait, le voyage fabuleux.

Adieu Oslo, adieu Inferno et surtout… MERCI !!! [Maud.R & Mélanie.F] – www.infernofestival.net

Photos:  StiPa photography –  www.facebook.com/StiPa.Photography

 

Tsjuder – © StiPa photography 2018 – No unauthorized use allowed

 

 

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.