J’ai un peu hésité à traiter dans la même chronique les deux livres de Christine Spianti – l’autre s’intitule Jim Morrison Indoors/Outdoors – mais je me suis décidé à les séparer parce qu’il me semble que les deux artistes sont très différents et méritent chacun un traitement à part… Comme ils en bénéficient dans les livres. En revanche les deux soulèvent un petit problème : Où les ranger ? Comment les classer : essais, romans, bio… ? Alors je dirai : « hommages » et l’on pourrait ajouter « critiques »

Là, Christine Spianti s’adresse à une femme et la tutoie, et elle circonscrit son propos dans l’espace (New York) et dans le temps 1967-1975. Ce tutoiement produit un drôle d’effet. On pourrait/on peut avoir l’impression – voulue – que c’est au lecteur que le tu s’adresse. Nous avons parfois le sentiment de nous retrouver dans la peau de Patti Smith, mais c’est fugace. Juste suffisant pour que nous puissions porter sur nous un regard critique… et défricher les admirations de la poétesse-chanteuse. En fonction bien sûr de ce que nous savons aussi du reste de sa vie en dehors de Robert Mappelthorpe – profitez-en pour aller regarder ses photographies ou des œuvres des artistes admirés par Patti – et de ses chansons.

Le portrait n’est pas tendre, il ne laisse rien passer du comportement de Patti Smith mais il est tellement poétiquement composé que les « menues illégalités » commises se noient dans une nécessité au service d’une volonté d’artiste. Il donne aussi, quand il présente ceux que la chanteuse fréquente et rencontre, l’impression de démythifier notre vision de cette époque et de ces gens.

On notera la qualité de reproduction des illustrations photographiques et certains s’offriront quelques bouffées de nostalgie sereine.

A lire en écoutant Dylan. Gardez l’audition de Patti Smith en conclusion comme preuve que vous avez tout « compris ».

Patti Smith, La poétique du rock
Auteure : Christine Spianti
Editeur : Maurice Nadeau

Auteur: