Accrochez-vous ! Monkey3 envoie plus de 8 minutes et demie par morceau en moyenne. Et pas une de trop : c’est planant du début à la fin – et même encore un peu après. Sans chant, tout instrumental. Encore beaucoup de géométrie, tant dans l’artwork que dans le mélodies et arrangements. Rien d’étonnant pour du Monkey3, dirons certains. Si vous ne les connaissiez pas avant, c’est sûr, il faut être prêt.e à encaisser le son ! Une fois la ceinture de sécurité mise et le casque enfilé, direction l’espace intersidéral (ou intérieur) pour un interminable voyage vers une planète inconnue et lointaine.

Ce nouvel opus diffère du précédent, qui était plus tribal et organique, mais reste très cohérent en lui-même et dans le style du quatuor lausannois. Quelques tonalités et suites d’accords sont franchement sombres, comme au début de ʿPrismʾ, ce qui donne beaucoup de caractère aux morceaux. Certains passages (de plusieurs minutes, tout de même) montent progressivement en puissance et en rapidité, pour repartir après l’apogée sur les mêmes bases, mais dans une dimension toute autre du même riff (au hasard, citons ʿEllipsisʾ), rappelant la bonne vieille goa-trance… mais version opéra-rock.

Monkey3 / Up in Smoke Festival 2016 / © Christian Ballard

Bref, impossible de mettre le doigt sur ce qui hypnotise à l’écoute de l’album, tant il y a de pistes à suivre, de détails, de sonorités et de sentiments différents qui se dégagent du tout et qui viennent titiller les sens. D’ailleurs, à force d’écoutes, vous n’entendrez jamais deux fois la même chose et vous partirez à chaque fois pour une autre destination, ce qui explique le succès de leurs prestations scéniques et le goût de reviens-y de leur musique ! ça décrasse la carcasse et c’est tant mieux !

L’interview du groupe est à lire ici !

monkey3official.com

Note : 5/5

Auteur : Alain Foulon