Il est 21h15. C’est vers une foule silencieuse que s’approche le trio de électro-rock. Sans attendre, me voilà plongée dans un show de lumière blanche qui accompagne les premières notes du fameux titre ‘Dead Crush’…

Les corps autours de moi s’animent doucement, des mouvements de bassins dessinent des ronds et les doigts qui claquent le rythme du morceau. Une toute petite salutation au public, presque timide voir intime, et c’est reparti pour une danse de la chair sur ‘Fitzpleasure’. Une ambiance sensuelle et douce envahit la salle. En seulement deux titres, je constate le public entrer en transe. Je me laisse transportée par cette vague humaine et n’en suis pas déçue.

Alt-J se remarque et se démarque par des sonorités profondes, des basses en continue qui nous déséquilibrent et nous font valser. Cette sensation est agréable et n’étourdit point. Je ferme les yeux, ravie de partager un moment paisible entourée d’inconnus. Quoi de mieux pour illustrer cet instant qu’un enchainement avec ‘Something Good’ faisant résonner les paroles ‘Get High, Hit The Floor Before You Go’ ? Puis arrivent un xylophone, un synthé aux multiples facettes et des voix légères dans un décor très pop nature. On retrouve alors cet univers bien à eux, un brin sauvage et très esthétique. C’est à cet instant que je retrouve mon amie photographe et d’un simple échange de sourires, nous partageons cette même fréquence en symbiose…

Ce n’est qu’en milieu de concert que les titres du nouvel album font leur apparition. Rien d’extravagant dans l’interprétation, si ce n’est un trop court solo de guitare. Soudain, le chanteur s’avance, murmure ; « This is for… » et demande la participation du public qui ne se fait pas prier pour donner la réplique … « Matilda !» ! Toujours dans cette délicatesse, le trio ronronne, il est précis dans sa musique tel un métronome ; pas de place pour la spontanéité.

C’est un tableau parfait, travaillé et pensé. Cette peinture se termine sur ‘Breezelblocks’ et ‘WW3’. Un au revoir enthousiaste, rappelant de façon tribale, ce sentiment amoureux intense dont on oublie la date de péremption et que l’on vit avec passion. Comme une mobilisation à la percée de la discrète pudeur, celle qui, malgré son simple habit, semble inatteignable. Volupté et finesse inaccessible, Alt-J nous a offert un concert, qui termine cette semaine avec noblesse et sans artifice. Celui qui apaise avant de retourner dans le tumulte de nos vies. [Justine Aviolat]

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