Après les terribles orages de la veille, c’est un beau soleil qui nous accueille à Montreux pour la découverte du site remanié du MJF. Plaisir renouvelé d’une vue unique sur le Léman et les Alpes lorsque l’on descend des hauts de la ville vers le lac en empruntant l’une des ruelles étroites et pentues. C’est déjà à ce moment que l’on perçoit la magie du MJF et que l’on comprend la séduction qu’elle opère sur les artistes qui s’y produisent.

Un air de vacances et de dolce farniente flotte sur la promenade que nous arpentons jusqu’à la place du Marché où est nichée la magnifique Scène du Lac. Bien sûr, ce ne sont pas les conditions du Stravinksy, mais ce site est idyllique, pente douce permettant même aux moins grands de profiter de la vue – et quelle vue ! – sur la scène, le lac et le coucher de soleil sur les Alpes. A notre arrivée, Editors est en plein soundcheck, le son est énorme, la ligne de basse à la Massive Attack de ‘Sugar’ est vraiment bombastique !

On retrouve les Anglais sur le coup des 20 heures, ‘Strawberry Lemonade’ et ses accents electro lancent parfaitement le concert. Tom Smith est au taquet comme à son habitude et arpente la scène, s’arrêtant brièvement pour quelques poses photogéniques.

La setlist est remaniée, mêmes titres mais pas dans le même ordre. ‘An End Has a Start’ et son tempo enlevé emboîte le pas. On ne se lasse pas de la voix chaleureuse et du charisme de Tom, interprète et compositeur habité, un artiste généreux et authentique. C’est d’autant plus vrai avec ‘Sugar’ qui prend les fans aux tripes et au cœur. Retour aux rythmes dansants avec ‘Picturesque’ et ‘Karma Climb’ avant l’un des hymnes du groupe, ‘Munich’, aux sonorités post new wave qui emballent les fans.

Vient alors l’apogée du concert, ‘Smokers Outside the Hospital Doors’, 1er couplet et refrain joués en acoustique par Tom, un frisson de plaisir et d’émotion parcourant le public sur cette magnifique chanson. La surprise du set est ‘Killer’, la reprise du tube d’Adamski des années acid house, qui tout compte fait passe très bien dans le répertoire d’Editors. Le point final du set arrive bien trop tôt (50 minutes de concert !) avec l’imparable ‘Papillon’ qui emballe une dernière fois l’assistance. Oui, seul et immense regret, la brièveté du concert, même pour une première partie.

La préparation de la scène pour The Smashing Pumpkins a demandé passablement de temps, peut-être l’une des raisons de la brièveté du set d’Editors ? A 21h25, le groupe investit la scène devant un public tout acquis à sa cause, chauffé à blanc, impatient de célébrer ses retrouvailles avec le groupe mythique. Début de concert de feu avec des titres enlevés (‘The Everlasting Gaze’, ‘Doomsday Clock’ et ‘Zoo Station’ – cover de U2), son puissant qui galvanise les fans. Pas de doute, le groupe est en grande forme, emmené par un Billy Corgan des grands soirs, drapé dans un long manteau de toile noir et blanc. On calme les chevaux avec ‘Today’ titre grunge fleurant bon les 90’s et les années MTV. Sur scène, on apprécie les présences féminines de Kiki Wong à la guitare et Katie Cole, guitare acoustique et voix, aussi belles que talentueuses, donnant une nouvelle dimension à certains titres du groupe. Les hits de The Smashing Pumpkins, repris en chœur par les fans, sont bien sûr au rendez-vous : ‘Tonight, Tonight’, ‘Ava Adore’, ‘Mayonaise’, ‘1979’, ‘Cherub Rock’ n’ont perdu ni de leur superbe ni de leur intensité, hymnes intemporels inscrits au panthéon du rock. Les fans sont aux anges, chantent en chœur et s’adonnent au headbanging en rythme.

Moment de douceur et de poésie avec le délicat ‘Disarm’ et ‘Springtimes’, belles harmonies vocales de Billy Corgan et Katie Cole, délicates touches de guitare, acoustique et électrique, moment suspendu dans le temps. Notre coup de cœur est pour ‘Bullet With Butterfly Wings’, interprétation incroyable de ce titre qui est l’essence même du groupe, mélange de rock – grunge – punk – metal où l’on sent la tension monter au fil de la chanson pour exploser en une éruption de riffs mélodiques. Cet excellent concert – que l’on peut déjà qualifier d’anthologique – s’achève avec un ‘Zero’ énergique qui comble de bonheur un public qui aurait bien voulu que la fête musicale se prolonge.

www.editors-official.com

www.smashingpumpkins.com
www.montreuxjazzfestival.com

Texte : Jean-Blaise Betrisey

Photos : Davide Gostoli

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