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Goat

Le Nox Orae – le bout de la nuit dans la langue d’Ovide (le premier qui fredonne ‘Les Démons de Minuit’ sort) – avait déjà fait fort en 2014 en rassemblant les affoleurs de critiques que sont Thee Oh Sees, Warpaint et The Horrors. C’était une montée d’ambition par rapport aux éditions précédentes, telle qu’on se demandait si le Nox Orae était sur le point de se hisser dans la cour des festivals à surveiller de près. Maintenant le doute est balayé, la prog’ de l’édition 2015 fait déferler une vague de bon goût à même de réveiller le hipster qui sommeille en vous (celui qui vous force à suivre les Inrocks en cachette). On pense à Goat tout d’abord, vous savez, ce projet suédois aux airs voodoo de rock psychédélique expérimental, baigné d’influences fusion, qui joue pieds nus et en costumes inquiétants. Le Nox Orae les emprunte ici à la programmation 2014 du Kilbi Festival, comme Thee Oh Sees l’année passée ; mais lorsqu’on tient une telle référence comme source d’inspiration, c’est les spectateurs qui en profitent les premiers. Goat a la faiblesse – la force ! – de parvenir à s’affranchir des sentiers battus sans pour autant se donner des airs inaccessibles ou condescendants. Leur dernier album, ‘Commune’, témoigne de ce mélange inattendu d’exotisme et d’ouverture. Cet aspect se retrouve également dans deux noms qui vont piocher au Moyen-Orient. D’abord les sonorités folkloriques du Syrien Omar Souleyman, qui a fait ses premiers pas dans la musique en tant qu’animateur des mariages de la région. Il s’est ensuite exporté en collaborant, entre autres, avec Björk, avant d’écumer les salles d’Europe, comme Fri-son en 2013. Sa popularité est valorisante dans la mesure où elle témoigne de l’ouverture musicale du public occidental, qui est parvenu à reconnaître le talent de cet artiste pourtant baigné dans les sonorités traditionnelles de son pays. Aussi oriental, les Israëliens de Vaadat Chagirim puisent leurs influences davantage à l’ouest, concoctant un shoegaze évoquant avec évidence My Bloody Valentine, à la différence près que les paroles ne sont pas en anglais. Le deuxième soir, on tient Fuzz. Ça ne vous dit rien ? Attendez voir, si je vous dis, scène rock psyché de San Francisco, vous me dites ? Thee Oh Sees ? Oui bon, mais encore ? Ty Segall ? Tout juste auguste ! Fuzz, c’est un de ses nombreux projets montés pour exprimer sa passion pour les décibels. Un seul album au compteur pour l’instant sous ce nom, mais quel album ! On dit souvent ‘Méfiez-vous de l’écrivain à un seul livre.’, l’adage pourrait également s’appliquer aux groupes de rock en l’occurrence, tant cette pépite est réussie. Il reste bien Deerhoof, dans un registre au moins aussi expérimental que Goat, dont on pourrait vous parler, mais hélas on a encore l’esprit dérangé par le style vocal de sa chanteuse, et du jeu déconstruit de ses guitaristes, et de ses percussions sans queue ni tête. On s’en remet et on revient vers vous.

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www.noxorae.ch

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