review_juliette

@ Caroline Vuagniaux

La salle fribourgeoise était à demi pleine pour le retour après cinq ans de l’actrice-chanteuse complètement barrée. La première partie était assurée par le duo John Dear (ex-Zorg) qui a fait le job en réunissant une foule encore un peu éparpillée. Leur rock 70’s fumeux parsemé de gros riffs bien dodus qui font dodeliner de la tête a su éveiller les rockeurs encore endormis malgré des instrumentaux longuets. Guillaume a le sens du show du vieux routard à qui on ne la fait plus et Catia s’est appliquée derrière sa batterie, instrument qu’elle joue depuis peu. Son jeu est d’ailleurs encore un poil scolaire, mais on apprécie l’effort.

Juliette a ensuite débarqué telle la lionne en furie à qui on a volé un petit. Pas de plume sur la tête ce soir, mais une tunique rouge façon Kill Bill du plus bel effet. Très contente de constater qu’elle n’avait pas été oubliée par son public après toutes ces années, la chanteuse était déchainée et l’ambiance a suivi, chacun se trémoussant, s’embrassant, se versant de la bière et se jetant les uns contre les autres, tout ça dans la bonne humeur la plus totale. Les ‘Mind full of Daggers’ ‘Sticky Honey’, Purgatory Blues’, toujours aussi efficaces ont rempli de joie les amoureux de rock sans prise de tête. ‘Hello Hero’, le nouveau single a sonné un peu incongru avec son côté presque ska. Du côté des reprises, on a eu droit à ‘Proud Mary’ (Creedance Clearwater) et ‘It’s a Man’s World’ (James Brown), bluesy à souhait. Grâce à une rythmique énorme assurée par le musclé Brad Wilk (RATM) et Juan Alderete (Mars Volta), Juliette a pu laisser sortir la folie qui est en elle. Rien que pour ça, cette soirée dédiée au dieu sacré du riff était réussie.

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