Animal as Leaders incarne assurément le renouveau des groupes de prog, on ne pouvait donc pas passer à côté d’une rencontre avec leur batteur Matt

10 années d’existence, que retenir de toutes ces années passées ?

Ça fait 5 ans que je suis dans le groupe. En fait c’est toujours en progrès, on essaie de faire toujours quelque chose de nouveau ou de faire ressentir de la nouveauté. On pousse toujours nos capacités et c’est un peu ce que doit être la musique progressive : toujours te faire sentir qu’il y a toujours quelque chose de nouveau, qui n’a pas été fait avant. En tant que groupe progressif, il faut toujours aller de l’avant et je pense qu’on l’a très bien fait.

Cela fait un peu plus d’une année que « The Madness of Magny » est sorti, quel regard portes-tu sur cet album ?

Heu… voilà une bonne question ! Heu… Je ne sais pas.

Ce n’est pas une bonne question ?

Si ! Je l’aime toujours autant et il reflète toujours cette période où on se réunissait pour écrire ensemble et créer une nouvelle musique ensemble. Il me donne toujours ce sentiment.  Il a été sorti il y a un moins d’un an en fait, en novembre.

Comment vois-tu l’évolution de l’écriture au sein de Animal as Leaders ?

A l’origine c’était Tosin qui se chargeait de l’écriture. Jusqu’à ce que Javier et moi nous mettions à écrire un peu. On a écrit le dernier album tous ensemble dans une pièce. Tosin est venu avec des propositions mais on a tous ajouté notre patte sur chaque chanson et chaque parole. J’ai écrit une chanson sur cet album, « Arithmophobia » qui a été basée sur la batterie, je suis juste arrivé avec les rythmes et les mecs ont écrit par dessus. Je pense que c’est une révolution dans l’écriture. Il y a toujours une partie où on est tous impliqués, à écrire les rythmiques, ou d’autres qui composent pour la guitare. Je pense que c’est définitivement quelque chose de nouveau. Chacun écrit son truc et je pense que si tu évolues en tant que musicien, tu es amené à travailler sur des choses différentes, à explorer de nouveaux territoires. C’est donc naturel que tu viennes avec de nouvelles choses.

Est-ce que de la difficulté technique naît la beauté ?

Tu veux dire est-ce que la technique apporte de belle chose ? Je dirais que ce n’est pas nécessairement lié, ce n’est pas parce que tu as beaucoup de technique que tu fais forcément de belles choses.

Est-ce qu’au contraire la technicité ne va pas refréner certains auditeurs ?

Oui ! La musique trop technique peut définitivement éloigner certains auditeurs. Beaucoup de gens ne veulent pas être challengés lorsqu’ils écoutent de la musique. Cela est dû au manque d’attention de certaines personnes au lieu d’écouter une performance entièrement et de donner une chance. Il y a beaucoup de choses qui viennent aux gens, ils sont aussi exposés à beaucoup de choses différentes et très rapidement, ce qui les amène à se détourner facilement. Et bien évidemment les gens aiment les paroles, parce qu’ils sont pris avec les paroles car elles leur disent quoi ressentir et les amènent à penser à la musique. Donc oui c’est plus difficile car tu dois être introspectif dans un sens, tu dois regarder au fond de toi et te demander ce que la musique te fait ressentir. Tu dois aussi réfléchir en utilisant tes émotions et faire tourner ton cerveau. Avec notre groupe, j’aime penser qu’on a un aspect émotionnel envers la musique, que c’est ce qui nous rend différents, et qu’on n’apparaît pas seulement comme étant un groupe technique

Comment peut-on expliquer que votre musique soit aussi appréciée par les métaleux que par des personnes jouant du jazz ?

En ce qui concerne les métaleux c’est plus dû au jeu de guitare, c’est agressif. C’est aussi dû à la batterie. C’est agressif en général, ça a des temps assez fort, ce qui devient de plus en plus populaire dans le métal. En ce qui concerne les fans de jazz, il y a de la quiescence, de la guitare claire, une batterie dynamique, et plein de choses qui gardent l’intérêt, bien plus que simplement des riffs. Je pense que c’est ce qui a toujours été fait. Ça a commencé il y a longtemps avec Miles Davis, Chick Corea, Mahavishnu, Herbie Hancock… ça a commencé avec ces gars et c’était appelé du jazz rock. Ils mixaient du jazz avec du rock et ça a fusionné. C’est juste le fait de mixer des styles qui d’ordinaire n’iraient pas ensemble et ça fait partie du challenge : rendre un son bon. Mais la chose cool dans tout ça, c’est que tu obtiens une nouvelle musique.

Est-ce qu’un jour il y aura du chant dans Animal as Leaders ?

Je ne pense pas (rire). Peut-être une fois, une collaboration avec un chanteur pour en faire une chose intéressante mais il n’y aura définitivement pas un chanteur à temps plein.

Il n’y a pas de place pour un chanteur ?

Non ! (rire)

Comment peut-on expliquer que le prog soit souvent mal représenté en festival ? Peut-être que c’est seulement en France et qu’aux Etats-Unis vous avez plus de possibilités de jouer dans des gros festivals ?

C’est définitivement sous-représenté en festivals. C’est peut-être parce que les gens veulent écouter de la musique qui les guide facilement. Comme je le disais, ils ne veulent peut-être pas être challengés en essayant d’écouter du prog. Ils veulent juste écouter les mêmes rythmes, la même progression et les mêmes vocalises, des choses qu’ils peuvent comprendre facilement.

Quand vous venez en France vous préférez quoi : la bouffe, les femmes ou le vin ?

Tout ! (rire)

Un dernier mot ?

(Prononcé en français) Heu.. Merci beaucoup ! (rires)

Merci à Elodie (HIM MEDIA) , à Matt pour le temps pris, à Nadèje et Faustine (DRF Crew)

 

 

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