Par Pier-Luc Diamond — 14 octobre 2026
Entrez dans la zone libre d’Interdit les chiens, trio formé de Cédric Martel (basse), Charles Blondeau (batterie) et Simon Trottier (guitare) qui a présenté son premier album homonyme le 11 septembre 2026. Ce projet navigue entre noise rock et post-punk, où fusent douze pièces portées par une énergie brute et pénétrante.
Prenez garde! Cette zone musicale s’adresse à tous les mordus des courants du rock expérimental américain. Avec un album majoritairement instrumental, les trois musiciens-accompagnateurs réputés se sont offert un terrain de jeu sans frontières, là où s’étend un rock lourd et pesant, parfois dissonant.
Entre Bruit sonique et Les sirènes qui pleurent, leur teneur rock capture l’essence de Fugazi et les effluves chaotiques de Sonic Youth, ce qui plaira certainement aux initiés et peut-être même, plus localement, au public du groupe montréalais zouz. On explore ainsi une zone délimitée de pièces grondantes assez courtes, où s’ensuit une deuxième partie plus modérée et technique; on y déniche même de rares passages chantés où sont égrenées quelques paroles pour accrocher l’auditeur.

« Un moment donné on va décider de plonger dedans
Réaliser qu’ici y’a plus rien d’important
Viens te noyer comme un rat »
–Labrador
Le plaisir et la spontanéité émanent de ce projet réalisé à la hâte, aux inspirations affichées et, surtout, assumées. C’est indéniable : le trio maîtrise les codes du post-punk dans sa démarche artistique, au détriment d’une identité sonore pleinement définie où se manifestent des influences musicales parfois trop marquées. Ils sont néanmoins aux commandes d’une création originale qui s’éloigne du pastiche.
Quoi qu’il en soit, si Interdit les chiens s’engage avec fougue dans un univers encore en friche, il nous offre une expression nuancée et constante. Incisif et perspicace, l’album Interdit les chiens marque le point de départ d’un trio montréalais impassible, laissant les auditeurs assouvis et revigorés.
Crédit photo : Inderdit les chiens
Pour écouter l’album :
