La nouvelle formation montréalaise Forêt Noire a fait paraître le 10 avril son premier mini-album de trois pièces, tout simplement intitulé 1. Le quatuor comprend d’anciens musiciens ayant porté, il y a plus d’une décennie, le sublime projet post-rock Appalaches. Le groupe né en 2012 s’était forgé une solide réputation autant ici qu’à l’international. En d’autres mots, cette première parution de Forêt Noire est particulièrement attendue dans les sphères du Post, du Sludge et du Stoner québécois. Ceux qui espéraient entendre un Appalaches 2.0. verront leurs attentes rester inassouvies. Nous sommes complètement ailleurs. Alors qu’Appalaches nous amenait vers des sommets enchantés, Forêt Noire nous garde les deux pieds bien ancrés sur le plancher sale et gommant. Si Appalaches était le mononcle bien-veillant, Forêt Noire est celui qui remplit de pierres les poches de l’enfant avant de le jeter à l’eau.
Quelques secondes d’écoute sont suffisantes pour comprendre l’environnement sonore auquel nous aurons droits lors du mince dix minutes que couvre les trois morceaux du EP. Les mélodies y sont volontairement et concrètement sombres alors que la production plus garage rend l’ensemble encore plus abrasif qu’il ne l’est déjà. Les textes, incompréhensibles à l’écoute, et plus qu’imagés à la lecture, ajoutent à l’ambiance torturée avec une voix émotive, plaintive et criarde typique du style Post-Metal-Sludgy que propose le quatuor. Les thèmes sont foncièrement nihilistes, tragiques et désespérants avec des vers comme « Devenir du compost » ou bien « C’est la genèse qui me fane ». La puissance cathartique de l’oeuvre est bien réelle. L’auditeur comblera un besoin de défoulement certain en moins d’un quart-d’heure.
La première chanson intitulée Bravade se retrouve dans les sphères d’un Punk-Rock dissonant et discordant, rapide et violent avec cette petite touche Math pour venir complexifier le résultat et empêcher la stabilité d’un vrai 4/4 précis. La deuxième chanson Sordide s’enchaîne à la première sans temps mort, lié par un feed-back, elle rappelle légèrement certaines textures de groupe comme Deftones ou Deafheaven. La dernière pièce intitulée Lousse est la plus Stoner-Rock du lot avec sa basse bien fuzzé et son BPM plus lent. Elle est aussi la plus longue du lot couvrant à elle seule la moitié de la parution.
À voir en spectacle
Le 24 avril au Piranha Bar à Montréal avec Magnolia Noir, Underground Fuzz et Quantum Quasar
et le 5 juin à Gatineau dans le cadre du Festival Lourd
Photo: Gabriel F.Taillon
