Wolfgang Van Halen déposait son projet Mammoth sur la scène montréalaise en cette veille de tempête de verglas. Initialement prévu à l’Olympia, le concert a finalement été déplacé au Théâtre Beanfield en plein après-midi. Formé en 2015, le groupe, qui porte le premier nom de Van Halen avec la bénédiction d’Eddie, compte déjà trois albums à son actif, dont le dernier, The End, est paru l’an passé. Pour l’avoir vu en première partie de Creed lors de son dernier passage en ville, j’avais été bluffé par son niveau de jeu ; son père, qui l’a vu jouer à ses côtés, en était d’ailleurs très fier. J’attendais donc ce rendez-vous avec impatience.
La soirée a débuté avec les Gallois de James & the Cold Gun, qui ont pris d’assaut la scène avec une décharge d’énergie brute. Ce fut pour moi une belle découverte : on sent que c’est un groupe véritablement fait pour les planches, tant les musiciens ne se ménagent pas. Fidèle à sa réputation, la formation a livré une performance sans compromis, rappelant les belles heures du punk-rock avec une touche moderne sur des titres comme Twist The Knife, Above the Lake et Cut The Brakes. Le charisme magnétique de James Sedgeley et l’alchimie des guitares ont frappé fort pour cette première rencontre avec le public québécois.
C’était ensuite au tour de 10 Years d’offrir une performance solide et maîtrisée. Le groupe du Tennessee mise toujours sur ce mélange de metal alternatif atmosphérique et de riffs pesants qui a fait sa renommée. Dès l’ouverture avec Russian Roulette, l’ambiance est montée d’un cran, confirmant que de nombreux fans s’étaient déplacés spécialement pour eux. La voix de Jesse Hasek, pilier central du son, a brillé par sa justesse sur Novacaine, Gravity et l’incontournable Wasteland. Le groupe a également surpris la foule avec une magnifique reprise de Heart-Shaped Box de Nirvana, un moment fort parfaitement adapté à leur style. Le set s’est terminé en force avec Shoot It Out, confirmant la constance de ces vétérans après deux décennies de route.
Enfin, Mammoth a pris possession d’un Théâtre Beanfield rempli de fans majoritairement acquis à la cause de Wolfgang. Malgré le changement de salle de dernière minute, l’énergie était palpable dès les premières notes de One of a Kind. Wolfgang a une fois de plus démontré toute l’étendue de son talent, particulièrement sur des pièces comme Optimist et la poignante Resolve, où son jeu de guitare fait toujours mouche. Après une montée en puissance avec Epiphany, le groupe a conclu la soirée de façon magistrale avec The End, laissant derrière lui un public conquis par cette démonstration de rock moderne et authentique.
En somme, malgré les caprices de la météo et le changement de salle improvisé, cette soirée fut une réussite totale. De la fougue brute de James & the Cold Gun à l’efficacité mélodique de 10 Years, jusqu’à la virtuosité de Mammoth, Montréal a vibré au son d’un rock authentique. Wolfgang Van Halen prouve une fois de plus qu’il ne porte pas seulement un nom, mais qu’il possède un talent immense qui impose le respect. Une dose de guitares nécessaire qui nous a fait oublier, le temps d’un concert, la météo qui était annoncée pour le lendemain.





























