Le 29 novembre dernier, l’Alhambra de Genève accueillait Ultra Vomit dans le cadre du Recluses Festival. Une date très attendue depuis le mois de mai, reportée en raison des problèmes de santé de Fétus. Prêts à en découdre avec le public genevois, Nicolas Patra, de son vrai patronyme, et Emmanuel Colombier (Manard) nous ont accueillis dans les loges, juste avant de monter sur scène.
Comment va Fétus ?
Fétus : Il va bien ! Depuis l’opération, je n’ai plus eu de douleurs. Ensuite, j’ai fait des séances de kiné. Beaucoup de séances quand même. Du coup, ça va !
25 ans que vous êtes là ! Comment se sent-on après avoir parcouru tout ce chemin ?
Manard : Plus vieux !
Fétus : (rires) Ça ne me paraît pas aussi long car il y a eu des périodes de pauses, puis le nombre d’albums est relativement faible. Quatre en 25 ans, c’est pas un rythme de fou !
Cette année, des dates ont dû donc être reportées en raison de l’hernie discale de Fétus, dont le Hellfest et le Recluses. Comment avez-vous vécu cette période d’arrêt forcé ?
Fétus : Pas bien, mais on a vite compris que ce seraient des reports et pas des annulations.
Manard : Ce qui a soulagé notre frustration, car si on avait dû tout annuler, on aurait été dead !
Fétus : De manière générale, on a eu un peu peur que l’on nous dise « c’est maintenant ou jamais ». Pour le Hellfest, c’est différent, on savait que ça allait le faire car c’est chez nous. On est liés avec eux. Par contre, pour les Eurockéennes, festival qui ne programme pas beaucoup de metal, ils auraient pu nous dire « déso, c’ était cette année, on a déjà d’autres plans pour l’édition suivante ». Finalement, ils nous ont de suite reprogrammés et on a trop rien raté.
Manard : En plus, on est reprogrammés en même temps qu’Orelsan !

D’ailleurs, pour le Hellfest 2026, vous figurez en tête d’affiche aux côtés d’Helloween et Iron Maiden, en MainStage. Comment accueille-t-on ce genre de nouvelle ?
Manard : Écoute, ce sont des petits groupes qu’on aime bien ! (rires) En réalité, Helloween fait partie de mon top 5. Si je croise Micheal Kiske, je pense que je m’évanouis. C’est l’un de mes chanteurs préférés de tous les temps ! Bon là, il est en galère, il a chopé un truc et a dû annuler toute sa tournée sud-américaine.
L’an dernier : de retour en studio avec ‘Ultra Vomit et le Pouvoir de la Puissance’, votre quatrième album, sept ans après ‘Panzer Surprise’. Est-ce difficile pour vous d’écrire ?
Fétus : Franchement, ce n’est pas naturel. Après chaque album, j’ai l’impression que c’est le dernier et que toutes les idées sont épuisées. Typiquement, pour ‘Objectif : Thunes’ en 2008, beaucoup d’idées étaient déjà là en 2004, mais elles n’ont abouti que pour cet album, sur lequel on a eu l’impression d’avoir écumé tous les styles, du black au hardcore, en passant par le heavy. Je me demandais ce qu’on pouvait faire de plus.
Manard : Finalement, on s’est dit, qu’on allait refaire la même recette (rires) ! En fait, pour ‘Objectif : Thunes’, il y avait cet effet démonstration : « regardez, on parodie ». Aujourd’hui, c’est plus devenu notre marque de fabrique tout en l’incluant dans nos propres morceaux, plutôt que le concept même. Par contre oui, il y aura toujours des références.
Fétus : Pour résumer, non ce n’est pas naturel chez nous. Si on a du temps et l’envie de le faire, on ouvre le robinet aux compos. Mais tu ne sais jamais. Il faut qu’il y ait une inspiration, et elle arrive ou elle n’arrive pas. En tournée, le robinet n’est pas ouvert. Il y a juste des petites gouttes qui tombent !
En plus, vous avez beaucoup de morceaux par albums !
Manard : Oui, c’est vrai ! C’est un aspect qui est très difficile, car il ne faudrait que huit morceaux, ça irait. Mais nos morceaux sont courts et on ne peut pas proposer un album de quinze minutes !
Fétus : Sur le dernier album, on avait trop de matos. Ce qui n’était pas le cas pour l’album d’avant.
Manard : On a d’ailleurs viré un morceau qui n’a pas fait l’unanimité au sein de l’entourage… qui parle de l’amour impossible entre… un petit-fils et son grand-père ! Mais on l’a enregistré, il existe ! Je ne sais pas dans quel cadre, mais c’est obligé, un jour on le sortira !
Fétus : C’était aussi une question d’équilibre, on essaie de rester cohérents sur les différents thèmes par album. Car on reconnaît que beaucoup de morceaux sont en-dessous de la ceinture… Par exemple, on n’a pas envie de parler de caca sur tout un album.
Vous a-t-on déjà dit que vous alliez trop loin dans vos morceaux ?
Manard : Oui, une fois un mec m’a dit, à l’époque ‘d’Objectif:Thunes’ : « on ne rigole pas avec le black metal ». Du coup, je lui ai répondu : « Bah si, puisqu’on vient de le faire ». Chez Universal, une fois, on nous a demandé de biper sur le morceau ‘Je possède un cousin’.
Fétus : Pour moi, c’était mort car il n’y avait plus de vanne ! On a trouvé la parade ultime, on n’a rien changé à l’audio, mais dans le livret au lieu de « dans l’an*s d’un bambin », on a écrit « dans la mousse d’un bon bain » ! Sinon, les épouses « vétoïsent » et nous menacent de divorce quand on va trop loin ! (rires généraux dans les loges)

On le sait, vous puisez vos inspirations dans tout un tas de références. Quelles sont les influences ou les références ultimes de 2025 qui pourraient donner lieu à des morceaux ?
Fétus : Bonne question ! Mes deux dernières en date sont le dernier album d’Orelsan et celui des Trois Accords.
Manard : Moi, à part le dernier Coroner… je n’ai pas forcément de nouvelles influences. C’est vrai qu’on est plus sur des influences vintage. On pourrait éventuellement partir sur du Game of Thrones.
Nous voici donc sur la dernière date du mois de novembre 2025, ici à Genève. Comment vivez-vous les concerts en Suisse et quel accueil vous réserve le public généralement ?
Manard : À part les skinheads qui ont voulu nous cramer les cheveux en 2002, dans un squat, lors d’un concert… !
Fétus : C’est toujours hyper cool, puis Paléo cet été, c’était incroyable.
Quelles sont les mots et expressions de la région que vous avez appris ?
Fétus : « Ça joue », « foutre le cheni ».
Manard : Il paraît qu’à Genève ils disent quand même « quatre-vingt ».
Last question : quel est le rêve ultime et commun que vous aimeriez réaliser ensemble ?
Manard : Il n’y a plus grand chose car tout a dépassé toutes les attentes.
Fétus : À partir du moment où on a eu notre nom en façade l’Olympia (Paris), c’était déjà ouf.
Manard : Même quand on a fait le premier concert en fait ! Mais un rêve commun…
Fétus : Parfois, j’aimerais bien qu’on fasse des concerts à l’étranger.
Manard : Yes, parfois, des étrangers – qui ne comprennent pas forcément les paroles, viennent nous voir et nous demandent de venir jouer dans leur pays. Donc oui, un rêve ultime, ce serait de jouer au Japon !
Les prochains concerts dans la région :
- 20.02.2026 – Z7, Pratteln
- 15.05.2026 – Docks, Lausanne
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