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Le duo genevois revient d’Arizona et du studio de Jim Waters avec ‘Wrong Motel’ sous le bras. Un album poussiéreux et crade à souhait. Il se pourrait bien que celui-ci devienne la pierre anguleuse du groupe.

https://www.youtube.com/watch?v=9SK0nCRxhTE

Avant toute chose, nous aimerions avoir les réponses aux questions du journaliste Jay B. Anchorman :
Il a quoi de ‘wrong’ ce motel?
Lynn: Le titre est en fait tiré d’une chanson sur l’album qui raconte une histoire où l’on se perd dans une ville et le seul endroit que l’on trouve pour se recueillir est un vieux motel. Pour te répondre je dirais qu’on a osé un son plus rock ou garage encore que l’album précédent. Certains titres comme « Hi Lady » parlent de choses comme la superficialité, « I Wish You Mine » comme le désir de posséder quelqu’un, « My Playground » parle ouvertement de sexualité, « Sucker Creep » parle d’envoyer chier un gars lourdos qui drague, « Oh Greed » d’avidité… Le thème des chansons ressemblent un peu à une version détournée des sept pêchés capitaux, sauf qu’il y en a douze. Il faut dire que lors de l’enregistrement de l’album, on a dormi à même le sol du studio qui était rempli de figures de clowns et d’objets bizarres démoniaques. J’y ai fait des cauchemars. Je pense que ça nous a inspiré plein de choses « wrong »!
Saskia: L’idée du titre de l’album nous est peut-être effectivement venue inconsciemment du fait qu’on dormait par terre dans un lieu tout sauf fait pour cela (rire).

Lynn, embrasses-tu au premier rendez-vous?
Lynn: Oui. C’est ‘wrong’?

Saskia, utilises-tu la batterie de John Bonham?
Saskia: de manière générale, c’est plutôt les batteries qui nous utilisent pour qu’on joue sur elles. La mienne c’est pareil.

Avez-vous engagé un mec pour faire du Ukulélé?
Lynn: On avait parlé de rajouter des instruments funky avec un des gars de Calexico (qui répétaient en face du studio). Ta question me fait me demander: pourquoi ne l’a-t-on pas fait!?

Vous avez eu un succès énorme en Suisse avec ‘Lalala’, qui vous a valu un ‘Swiss Live Talent’ du meilleur morceau de rock : on part dans quelle optique en studio quand on sait qu’on est attendu au tournant?
Lynn: Je n’ai pas le sentiment que ça nous a terriblement influencées dans le processus de création. Vu qu’on l’a enregistré à l’étranger, ça a généré une organisation différente et on était plus concernées par l’échéance du temps. On a pas changé grand chose à notre manière de procéder: on s’est marrées et on a fait des chansons qui nous plaisent, tout en prenant des risques. Comme on a toujours fait, en fait!
Saskia: on fait ce qui vient du ventre, je crois qu’on ne sait pas composer autrement.

Comment êtes-vous entrées en contact avec Jim Waters? Qu’est-ce qui vous a attiré chez lui?
Lynn: Le groupe lucernois Sons Of Morpheus qui fait partie du roster de notre label avait eu une expérience positive avec eux. On a choisi de suivre leur route. Nous avons aussi été attirées par ses productions avec Sonic Youth et The Jon Spencer Blues Explosion.

On remarque que cet album a un son très grunge nineties comparé à ‘Distoris Clitortion’, était-ce votre volonté de retourner à un côté plus ‘live’?
Lynn: En fait c’est ce qu’il y a de plus naturel pour nous.
Saskia: l’enregistrement analogique donne un sensation de proximité, de chaleur qui nous correspond vraiment, on est très contentes du résultat.

Vous aviez fait de ‘Distoris Clitortion’ un manifeste du parti féministe, qu’en est-il de ‘Wrong Motel’?
Lynn: Wrong Motel c’est peut-être le répondant machiste? Je sais pas, on s’en fout non?
Saskia: c’est un manifeste.

La légende est-elle vraie? Savez-vous vraiment jouer même si vous êtes des filles?
Lynn: Je ne connais pas ma gamme pentatonique. Mais j’essaie encore.
Saskia: Je joue volontiers au jass et au poker, je connais même les règles.

Les paroles semblent plus introspectives, et semblent se focaliser plus sur l’être humain plutôt que la société en général : la génération Y est-elle un bon sujet d’étude?
Lynn: La génération dite « Y » est fascinante. Aujourd’hui tout est possible. L’introspection a toujours été un sujet présent dans mes textes, mais pas forcément dans nos albums précédents, c’est vrai. Je continue de trouver que le corps, l’esprit et la spiritualité sont des sujets merveilleusement inspirants. Mais en effet, peut-être d’avantage en avançant dans la vie.

Vous alternez les titres très festifs (‘My Playground’) et plus sombres et tordus (‘Run Away To Byron Bay’) : est-ce l’ambiance du désert d’Arizona qui vous a donné ces mood-swing?
Lynn: Tu as tout compris. « My Playground » a été écrite en suisse en plein hiver pluvieux – je sais pas comment elle a pu en sortir festive d’ailleurs – mais « Run Away To Byron Bay » demeurait instrumentale jusqu’à la veille de l’enregistrement de ma partie vocale. Je me suis enfermée un dimanche entier dans le local sombre à côté du studio en me promettant de ne pas sortir tant que la chanson n’était pas terminée. Putain, je crois que cette chanson est un de mes pires souvenirs de l’enregistrement, elle est totalement inspirée par les cactus et la zone industrielle lourde de l’Arizona. Elle parle d’une période ou tout ce qui m’importait était de me casser en Australie.
Saskia: le mood swing était déjà présent dans ‘Distoris Clitorsion’ (entre ‘Lalalala’ et ‘War of Freaks’ par exemple), je crois qu’on aime bien changer d’ambiance suivant les morceaux, c’est plus inspirant. L’écart le plus marqué serait entre une chanson comme ‘My Plaground’ et ‘Waraconda’ pour moi je crois.

Vous allez faire des dates dans toute l’Europe durant cet été : quel fut votre meilleur concert et quelle date vous réjouissez-vous de faire?
Lynn: Mon meilleur souvenir de cet année pour l’instant reste l’Eurosonic en Hollande mais tout fût plaisant. Cet été je me réjouis de jouer au Caribana.
Saskia: Meilleur concert 2015: Bratislava, les gens étaient vraiment touchants et généreux, on a joué dans une cave, je me sens chez moi dans ce genre d’ambiance. A venir: Openair de St-Gall, parce qu’on joue le même jour que le meilleur groupe du Monde.

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