Festival itinérant de début d’année dédié au hardcore, le Persistence Tour a à nouveau fait halte à Lausanne pour son édition 2019. Si la précédente tournée emmenée notamment par les mythiques Suicidal Tendencies en tête d’affiche avait fait salle comble, l’affluence est un peu moindre ce soir, mais l’ambiance tout aussi chaude. Il faut dire que le programme est une fois encore incroyablement costaud avec pas moins de 7 groupes en une seule soirée.

Les plus endurants et les plus chanceux sont arrivés malgré la neige pour le premier concert à 18.00 heures déjà. Si j’ai eu la possibilité d’être sur place dans l’après-midi pour une interview de Lou Koller de Sick Of It All (publication à suivre), je n’ai en revanche pas pu voir les trois premiers concerts, soit les trente minutes chacun accordées à Take Offense, Siberian Meat Grinder et Booze & Glory. Comme les concerts ont eu dix minutes d’avance sur le planning durant tout la soirée, je suis arrivé juste à temps pour ne pas voir la fin de Booze & Glory. Donc direct dans le vif du sujet avec le premier groupe que je voulais voir en concert : Walls Of Jericho et son intenable chanteuse, à nouveau présent dans le cadre du festival comme en 2017. Un groupe qui tourne beaucoup à défaut de passer du temps en studio et dont la réputation sur scène n’a rien d’usurpée, au point que je l’aurais bien mis plus haut sur l’affiche. Les américains sont déchaînés et font déferler une vague sonore d’une violence démente. Candace harangue la foule avec beaucoup d’aisance, communique avec le public malgré le timing serré et ne manque pas d’enjamber le pit pour se rapprocher autant que possible des fans. Grosse grosse claque qui doit donner des sueurs froides aux musiciens de Municipal Waste appelés tant bien que mal à suivre.

Pas intimidés, les américains délivrent leur set teinté de thrash avec efficacité. Le seul à faire un peu tâche ce soir, c’est le chanteur abandonné par sa voix. Il a dû la laisser au bar car il confesse avoir bu quelques coups avant le show. Il a quand même le mérite d’être sur scène et de faire ce qu’il peut, mais c’est très moyen. Heureusement les guitares sont saillantes et cela tape pas mal. On sent bien l’expérience des musiciens. On notera au passage que le Persistence Tour, si cela a l’air fun depuis le public, c’est une autre paire de manche depuis l’intérieur, avec une tournée en Europe sans le moindre day off, un timing ultra serré chaque soir et des conditions d’accueil souvent un peu spartiates car rarement prévues pour autant de monde.

Curieusement, Ignite était programmé en deuxième tête d’affiche, ce qui dès les premières notes apparaît comme une aberration tant leur style est trop doux par rapport aux autres groupes. Si d’un côté, il est vrai qu’un petit break dans la violence peut sembler bienvenu au cours de cette longue soirée, il aurait probablement fallu le prévoir plus tôt, mais en aucun cas juste avant le dernier groupe. 45 minutes un peu lisses et contenues qui m’ont laissé de marbre. Comme si cela ne suffisait pas les gars nous font pratiquement une power ballad en deuxième partie de set. Finalement, cela s’avère surtout un bon moyen de conserver de l’énergie pour Sick Of It All.

Sous une grande bannière à leur nom, les New-yorkais de Sick Of It All débarquent en toute puissance dès les premières secondes. Comme à son habitude, Pete Koller saute dans tous les sens alors que son frère Lou traverse la scène de long en large son micro en mains. Pas étonnant que ces gars soient les derniers à jouer ce soir. Pas étonnant non plus qu’ils aient une carrière aussi longue et le respect de tous. C’est du hardcore classique, un style qu’ils ont contribué à faire connaître et qu’ils n’ont pas l’intention d’abandonner pour la plus grande joie du public ce soir, qui se déchaîne sans compter. Pas tous les jours qu’une légende du hardcore foule les planches d’une salle suisse-romande !

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