Powerwolf

C’est une affiche 100% européenne que nous proposent les organisateurs de cette soirée. La petite mais néanmoins agréable halle des fêtes de Thônex verra se produire en son sein les deux germaniques de Beyond The Black et Powerwolf ainsi que la tête d’affiche de l’étape, je veux bien sûr parler des Hollandais d’Epica.

La vitesse de déplacement pour rentrer dans la ville du bout du lac nous as permis d’allègrement louper la prestation du premier combo soit Beyond The Black. En effet, afin de suivre la cadence élevée de la circulation jusqu’au lieu des réjouissances, un simple véhicule agricole aurait suffi.

Nous arrivons heureusement à temps pour Powerwolf. La première surprise est que la salle n’est complètement garnie que jusqu’à la régie, mais guère au-delà. Et cet état de fait sera malheureusement récurent jusqu’à la fin de la soirée.

C’est entouré d’un traditionnel décor d’église que Powerwolf fait son entrée. Le Backdrop ne laisse aucun doute sur l’univers quasi « religieux » du groupe allemand. Le son est d’emblée clair et très bien équilibré. On sent les cocos heureux d’être là et fin prêts à en découdre. Le frontman Attila Dorn nous gratifie même dès le départ de quelques mots dans la langue de Molière. Ceci fait son petit effet, et nous ne pouvons qu’être reconnaissant de cet effort.

Falk Maria Schlegel navigue entre ses deux claviers entourant la batterie et ne cesse de venir motiver le public sur le devant de la scène. Et cela marche fort bien ! Il se la joue même à la Bruce Dickinson et The Trooper, en agitant un drapeau à l’effigie de Powerwolf… Mais l’effet n’est pas le même que pour Sir Dickinson et cet effort tombe à plat.

La qualité de communication du leader Attila n’est plus à démontrer. Il fait chanter à gorge déployée les fans présents en demandant même si nous, public, nous n’aurions pas pris des cours de chant avec Simone Simons. Beau compliment n’est-il pas ? Solos de guitare de haut vol et harmonisations de certains passages parviennent à nous mettre les poils au garde à vous. Le sens mélodique du groupe fait mouche et est fort plaisant. Par contre, le frontman force sur sa voix dans les aigus et la justesse s’en ressent. Dommage. A contrario certains de ses passages vocaux en voix de tête nous donnent presque l’impression que King Diamond himself est sur scène.

Ils finissent leur set par In the Name of God et s’en vont après une heure de labeur. Leurs titres se veulent répétitifs mélodiquement ainsi que dans leurs structures. Il n’y a pas d’entre deux avec ce combo. Soit on entre intégralement dans l’univers de leur power metal, soit on peine un peu. D’un point de vue strictement personnel je fais partie de ceux qui peinent un peu à pleinement apprécier. Reste que le concert était solide et ultra en place. Je crois qu’on peut le dire sans craintes, Bosch du travail de pros !

21h35 soit l’heure d’entrée d’Epica sur scène. On s’aperçoit immédiatement que leur production se veut simple et épurée de toutes fioritures. Exit la pyro et autres gadgets habituellement utilisés par les Hollandais. La configuration de la salle explique certainement cela.

L’introduction  est sans surprise. Il s’agit de Eidola morceau introductif instrumental de leur dernier magnifique album ‘The Holographic Principle’. S’en suit ‘Edge of the Blade’, premier titre de cette galette. Malheureusement, Simone Simons se trouve largement sous mixée en ce tout début. Mais les choses s’arrangent rapidement au fil des minutes. La déesse rousse porte une magnifique robe argentée qui lui va à ravir. Elle semble en pleine forme et le reste du groupe aussi. D’emblée la cohésion d’ensemble et l’unité que possède Epica sautent aux yeux.

Pour autant s’amuser comme il se doit, Coen Janssen possède un clavier sur roulettes et se déplace d’un côté à l’autre de la scène au gré de son humeur. Taquin comme on le connaît, il n’hésite pas à se balader pour avoir du fun tantôt avec Isaac Delahaye, tantôt avec Mark Jansen. Mais quel réel plaisir de voir un groupe qui prend son pied et du bon temps. Malheureusement nous ne distinguons pas toujours les silhouettes des musiciens tant le jeu de lumières se veut agressif. Mais Epica est coutumier du fait. Trop de stroboscopes tuent le stroboscope. La crise d’épilepsie guette…

Certains titres sont clairement taillés pour le live. A l’instar d’un ‘Unchain Utopia’ qui nous fait nous rappeler que nous avons des cervicales. Puis ‘Dancing in A Hurricane’ qui voit Coen Janssen sur le devant de la scène avec son fidèle ‘Curveboard’. Ce titre est tout simplement un bijou et le public présent ne s’y trompe pas. En on continue, ça déroule, avec ‘Beyond The Matrix’ qui voit l’ensemble des fans sauter comme un seul homme. Excellent !

Un wall of death est requis pour le dernier morceau de la soirée. Lequel ? ‘Consign to Oblivion’ fichtre ! Ne pas le jouer, reviendrait au même que si Metallica oubliait ‘Enter Sandman’ ou Iron Maiden ‘The Number of The Beast’. Cette compo finit entièrement d’achever un public visiblement ravi. Public qui s’est voulu très éclectique. On en veut pour preuve ce mec en costard cravate, cette cinquantenaire connaissant les moindres syllabes des paroles ou ces frêles adolescentes à notre droite secouant leurs crinières comme des damnées. Du haut de ses vingt années passées de carrière, Epica se veut définitivement rassembleur et intergénérationnel.

En piochant aussi bien dans sa discographie plus ancienne, mais en laissant une large place au dernier bébé ‘The Holographic Principle’, les Hollandais nous ont offert un show de qualité et ce dans une atmosphère d’osmose et de partage sincère avec le public. Ils sont généreux et ça les fans le ressentent aisément. Une heure et demie de pur bonheur.

Entre Powerwolf et Epica, nous rentrons dans nos chaumières comblés, avec de belles mélodies plein la tête, le sourire aux lèvres et les cages à miel débordantes d’acouphènes.

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