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Obscure formation régurgitée par la scène extrême britannique, Dragged Into Sunlight se confie à nous, anonymement, avant leur passage au Romandie.

 

Votre premier album, ‘Hatred for Mankind’, avait secoué la scène underground à sa sortie, vous attendiez-vous à une telle réception ?

Non, avec Dragged Into Sunlight, nous essayons d’être dépourvus d’attentes pour construire une musique dépourvue de limites. Nous nous considérons honorés d’avoir pu partager la scène aux côtés de groupes avec lesquels nous avons grandi.

Vous prévoyez un nouvel album ? Sonnera-t-il plutôt comme votre premier effort, ou comme le second, ‘WidowMaker’, très différent ?

Nous en sortirons un… lorsque le moment sera venu. Et il sera différent de ce que nous avons fait jusqu’alors, ça nous apporte peu de choses de reproduire la même formule.

Sur scène, vous gardez le dos tourné au public, qu’est-ce que cela signifie ?

Oui, Dragged Into Sunlight a toujours joué ainsi et continuera de la même manière. D’une part, c’est une manière de signifier de ce que nous faisons, nous le faisons avant tout pour nous, dans une démarche égoïste, et d’autre part, ça traduit l’absence de compromis qu’on retrouve dans le groupe. C’est ce que c’est, écoutable ou non.

Certains vous considèrent comme « l’essence du négativisme », est-ce que cette appellation vous parle ?

Oui, nous ployons sous un fardeau tous les jours, et c’est là-dessus que le négativisme repose, de manière innée : c’est dans l’âme, dans la composition de chaque être humain. Le processus d’écriture agit comme une sorte d’exorcisme.

Vous tenez vos identités secrètes, pourquoi ? Qu’en tirez-vous ?

L’existence de Dragged Into Sunlight compromet des individus exerçant une profession à côté. L’anonymat a du sens dans un monde où chacun sait tout sur tout le monde. De nombreuses personnes sont impliquées dans Dragged Into Sunlight, nous respectons mutuellement nos vies privées. Les avantages sautent aux yeux : nous pouvons disparaître quand bon nous semble. Et cet anonymat ne devient compliqué que si nous le considérons comme tel.

Lors de votre dernier passage (ndlr : à l’Usine, en avril 2011), vous jouiez en ouverture. Maintenant, vous êtes la tête d’affiche, comment voyez-vous cette évolution ?

C’était un honneur d’ouvrir pour Rwake en 2011, c’est un groupe que nous avons énormément écouté au fil des années et qui continue de produire une musique phénoménale. Personne n’aimerait rester pour un groupe qui ne l’intéresse pas, de la même manière, Dragged Into Sunlight continuera d’exister en hommage aux groupes qui nous ont inspirés. Il y a peu à dire sur la fierté dans une industrie qui s’acharne à sucer l’essence de la créativité, nous clôturons une soirée de la même manière que nous l’ouvrirons au fond : le plus important, c’est que le show tienne la route. Cette fois, nous faisons cette tournée, seuls, avec pour objectif de donner un aperçu du plus de nouvelles compositions possibles.

Par ailleurs, sur les onze concerts des quatorze de cette tournée européenne, nous avons découvert un grand nombre de nouveaux groupes, c’est aussi ce qui nous intéresse et nous sert de motivation en premier lieu.

Vous avez fait une tournée au Japon en juillet 2014, comment était-ce ? Différent d’ici ?

La politesse est imprimée dans la culture japonaise, la musique extrême est ainsi dissimulée aux yeux du public et prospère en tant que sous-culture. Quant aux groupes, ils étaient exceptionnellement remplis d’énergie, libérant beaucoup de sang et de sueur. À côté de telles prestations, les groupes européens ont parfois l’air un peu quelconques. On recommande les noms suivants : Nola, Endon, Zothique et Coffins.   

FICHE CD
WidowMaker’
Prosthetic Records

www.draggedintosunlight-official.bandcamp.com

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