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« Je ne vois personnellement pas l’intérêt de parler de dragons ou de chevaliers. »

Jeudi férié de mai. C’est l’occasion pour Arch Enemy de revenir aux Docks de Lausanne et de retourner la salle vaudoise, en compagnie de Drone et Unearth. Rencontre quelques heures avant le concert avec Michael Amott, guitariste et fondateur du groupe.

C’est la seconde fois que vous venez à Lausanne en quelques mois, après l’Inferno Festival. Tu connais un peu la Suisse ? Tu aimes venir y jouer ?

Oui ! Nous avons eu quelques concerts mémorables ici. C’était souvent à Pratteln ou à Zurich comme il y a deux jours. C’était vraiment cool. Nous étions venus ici dans le cadre d’un festival, ce qui n’est bien sûr pas la même chose. Ce soir, ça s’annonce sold out, ça va être vraiment rock ! Le public suisse est un peu réservé au début des concerts (rires), mais dès qu’il est entré dans le show, c’est vraiment fou !

Tu as joué dans plusieurs groupes, tu as fondé Arch Enemy et tu es dans cette industrie depuis vingt-cinq ans. Quel regard portes-tu sur l’évolution du métal ?

J’ai évidemment vu beaucoup de changements au fil des années. Quand j’ai débuté, il n’y avait pas d’internet, on écrivait encore à la main et on enregistrait sur des cassettes. Maintenant je peux même enregistrer mes morceaux sur mon téléphone, c’est dingue ! Mais heureusement je ne me suis pas cantonné à rester dans le passé, j’évolue avec ma musique. L’industrie a également évolué. Il y avait beaucoup d’argent pour financer les groupes et produire des enregistrements de qualité. Ce n’est de loin plus le cas. Nous avons la chance d’avoir beaucoup de fans et de pouvoir continuer à faire ce que nous aimons.

Et malgré tous ces changements, toujours aussi motivé ?

Plus que jamais ! C’est génial de pouvoir vivre de sa passion. Je n’ai pas de famille dont je dois m’occuper, pas de femme qui m’attend à la maison. Je peux donc profiter pleinement en tournée. Je suis tellement chanceux de pouvoir écrire les chansons que je souhaite, les jouer et que les fans apprécient ma musique. Je pense que pas mal de monde « tuerait » pour être à notre place. Je connais tellement de musiciens brillants mais qui n’ont pas cette chance.

Tu en parlais il y a quelques instants : quand tu travailles sur une nouvelle chanson, comment t’y prends-tu ?

Pour moi, je travaille toujours sur la musique en premier. On rajoute par la suite les paroles. Je laisse la musique parler, je veux ressentir une atmosphère sur une chanson. Pour certaines chansons, tout est parfait après une journée, alors que pour d’autres il te faut des années pour arriver à un résultat. Par contre, je n’écris généralement pas en tournée, je le fais plus facilement chez moi.

En ce qui concerne les paroles, vous êtes un groupe très engagé au niveau des textes. Vous avez également travaillé avec Amnesty International. Quelle est pour toi l’importance de faire passer un message ?

Nous vivons dans un monde vraiment brutal. Je ne vois personnellement pas l’intérêt de parler de dragons ou de chevaliers. Il y a tellement de violence sur terre. J’aime parler de choses personnelles ou de sujets vraiment contemporains. Je mets vraiment une partie de moi-même dans une chanson ; Alissa (ndlr : la chanteuse) pense la même chose. J’estime que ma musique est la représentation la plus juste et la plus vraie de ma personnalité. C’est de l’art, personne ne te dira quelque chose sur les paroles. Si les gens pensent que je suis fou, je n’ai qu’à dire que la chanson ne parle pas de moi (rires).

Alissa est votre nouvelle chanteuse. Quand Angela t’a dit qu’elle souhaitait quitter le groupe, as-tu pensé à simplement dissoudre Arch Enemy ?

Michael : Nous en avons bien sûr parlé avec les autres membres du groupe. Cependant, cela n’avait que peu de sens pour nous. On apprécie tellement de jouer ensemble, que nous aurions dissous Arch Enemy pour simplement créer un nouveau groupe le lendemain. Donc nous avons simplement cherché une nouvelle chanteuse et continué le projet qui nous tient tous à cœur. Alissa a de l’expérience, c’est une femme forte. Elle a amené également de nouvelles visions au groupe. Je suis vraiment excité par le futur car le changement a toujours du bon. Nous avons toujours envie d’offrir une musique brutale, mais tout en conservant des mélodies.

Quelles sont tes influences musicales ? Ou alors les groupes que tu écoutes en boucle ?

Michael : J’écoute surtout de la « vieille » musique. Je n’écoute pas vraiment les groupes que nous pourrions classer comme nos contemporains. Je les respecte tous de produire leur art et de le partager. Mais ce n’est pas mon truc. Parfois je n’écoute même pas de musique. Il faut simplement être prêt quand une idée arrive, réussir à la capter tant qu’elle est là. Mais j’aime la musique classique, le blues, un peu tout ce qui change d’Arch Enemy. Je pense pouvoir me définir comme un fan de musique de manière globale. J’écoute beaucoup de musique française aussi, comme Gainsbourg ou Françoise Hardy. Je ne suis pas cantonné dans le métal brutal.

En Suisse, nous avons une belle scène de métal. As-tu des conseils pour eux ?

Michael : Je connais Krokus ou Celtic Frost qui ont eu de belles carrières internationales. C’est difficile car cela dépend bien sûr du contexte. Mais ce qu’il faut vraiment faire, c’est le maximum de concerts possibles. De balancer tes chansons à la gueule des gens, sur les réseaux sociaux par exemple. Il y a toujours eu des tendances en matière de musique et cela peut être difficile. Mais il faut jouer avec ton cœur, ne pas suivre les modes ou vouloir faire ça pour la gloire. Par exemple, nous avons été très populaires un temps aux USA, puis les gens changent d’un coup. Il faut jouer pour les vraies raisons, pour toi.

itw_arch.enemy_coverFICHE CD
War Eternal
Century Media
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