Photo ©Jeremy Deputat

Une année après vous avoir fait vivre le Roskilde Festival de l’intérieur, le Daily Rock est de retour en terres vikings pour vous transporter dans la province danoise. Ou devrais-je dire la mégapole, car en début juillet, le Roskilde Festival se transforme de manière éphémère en la quatrième plus grande ville du pays.
En apprenant de l’expérience de l’année dernière, c’est quelques jours avant que je me suis rendue à København, comme on dit ici. Après deux heures de vol, me voilà en Terre promise. Le périple peut commencer.


 

Pour cette édition 2018, la météo est au rendez-vous, avec un soleil de plomb et le mercure qui tape les 27 degrés (qui a dit que le metal n’était pas à l’honneur au Roskilde ?) et, fort heureusement, les gens sont sympas et n’hésitent pas à tout mettre en oeuvre pour que les journalistes perdus retrouvent leur chemin jusqu’au ‘Backstage Village’, l’espace pro du festival, à peu de choses près aussi grand que le Venoge Festival.

 

Parce qu’on ne va pas se mentir, les Danois savent exploiter les immenses plaines de leur pays plat et le festival est absolument gigantesque. On parle de quatre jours de festivités, six scènes dédiées à la musique, une pour d’autres performances artistiques et un club dans l’enceinte du festival. En découle un programme long comme le bras nous obligeant à faire des choix.

Photo ©Bjarke Andersen

 

Voilà la sélection de la journée :

Kakkmaddafakka

Avec un tel nom (quasi imprononçable, qui plus est) on pourrait imaginer un groupe de reggae tout droit venu de Jamaïque. Que nenni, Kakkmaddafakka nous vient de Bergen la deuxième plus grande ville de Norvège. L’ouverture du festival se fait donc en grandes pompes avec ce groupe dont la notoriété n’est plus à faire, ici, au Danemark. Leur indie pop attire la foule et c’est devant une scène Avalon comble que le groupe fait son apparition. Ils n’hésitent pas à communiquer avec le public, à dire quelques mots de Danois et font danser le public conquis. Pas certaine que Kakkmaddafakka aurait autant de succès chez nous, mais éventuellement plus de l’autre côté du Röstigraben de par un son pop rock acidulé. Un bon moment partagé avec un groupe au top de sa forme et content d’être là.

Slaves

Simple et efficace. Le punk-rock DIY d’un groupe anglais, voilà ce qui vous attend si vous allez voir Slaves. La scène du pavillon est l’une des plus petites du festival et elle correspondait parfaitement à ce duo débordant d’énergie. Slaves, c’est une composition peu usuelle : Laurie Vincent à la guitare et Isaac Holman au chant et à la batterie. Le premier étant plutôt discret, le second fait le show pour deux, torse nu, debout derrière sa batterie minimaliste, sans charleston. Cette absence est visiblement une sacrée source d’inspiration, et le duo n’hésite pas de nous faire part de leur titre ‘Fuck the High Hat’ (charleston, en anglais), très rudimentaire et singulier, reflétant bien le style brut du groupe. Un concert sans prétention, mais vraiment sympa.

Eminem

Photo ©Jeremy Deputat

Certes, nous sommes le Daily Rock, mais soyons éclectiques ! La légende du rap US fait son premier concert au Danemark sur l’Orange Stage, scène emblématique du festival, c’est le show à ne pas manquer. Selon les organisateurs, cette scène accueille généralement 60’000 personnes, mais pour Eminem la foule est telle au rendez-vous que l’on parle plutôt de 100’000 spectateurs. Tout le monde se presse pour le concert figurant parmi les highlights du festival. Malheureusement, mon mètre soixante-sept ne me permet pas de voir grand chose parmi les Vikings danois présents dans le public. Qu’à cela ne tienne, Eminem débarque sur scène et enchaîne les tubes, tous plus connus les uns que les autres, en commençant par son dernier album, ‘Revival’ et remontant dans ses jeunes années avec ‘Lose Yourself’, ‘Without Me’ ou ‘The Real Slim Shady’ ! Chose agréable, il est entouré par un bon nombre de musiciens : batterie, basse, guitare, et même violoncelle. C’est également l’occasion de confirmer ce que l’on m’a dit il y a quelques jours : la voix féminine de ses titres peut être remplacée, mais pas lui. Aujourd’hui, pas de Rihanna ou de Beyoncé, mais une charmante jeune femme que mon manque de visibilité ne m’a hélas pas permis d’identifier. Le concert intense dure plus d’une heure et demie, pour le plus grand plaisir des festivaliers. Aussi loin que je puisse m’en souvenir, je n’ai jamais vu autant de monde au même endroit.

 

Conclusion

Après une arrivée dans le festival tel un indien dans la ville, les marques sont rapidement prises et les points de repère deviennent connus. Le Roskilde Festival est ‘the place to be’ pour les Danois, surtout que certains viennent tout juste d’être diplômés (le week-end dernier). L’endroit est tellement vaste qu’il en est presque difficile à décrire. La chaleur et la poussière sont partie intégrante des festivités, les Converses noires se transforment heures après heures en baskets grisâtres et les gens sont partout. Le nombre de festivaliers est d’environ 130’000 par soir, le Roskilde étant complet.

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