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FILET DÉSERT — LA LUNE COMME BOUSSOLE (INDÉPENDANT)

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Recrue de la ligue des artistes-entrepreneurs, Filet Désert jette les bases d’un répertoire où la folk et les dérivés du rock alternatif convergent vers La lune comme boussole, leur premier album paru le 8 mai 2026.

Tout sauf novice, le tandem montréalais formé de Jean-François Larocque (voix, guitares) et Jacques Legault (basse) a visiblement longtemps exploré pour développer son identité musicale. Avec des rythmes lents et une poésie décalée comme outils de travail, ils piochent et creusent pour arriver à destination, toujours dictés par une totale liberté artistique. Qu’ils se rendent à Saint-Herménégilde pour repêcher en chemin le batteur Marc-Antoine Sévégny (Bolduc tout croche, Après l’Asphalte), Filet Désert s’échange la rondelle et contourne la voie de la facilité avec ses compositions qui naviguent entre folk-progressif et post-grunge.

« Se tirer en bas du pont Champlain

Mais pas pour vrai

Juste dans ta tête

Pas besoin d’un naufrage

Pour s’imaginer un chemin facile

Qui passe ailleurs

Que par la ville

Et aimer le paysage » 

Paysage

Le concept « fait soi-même » oriente la démarche de Filet Désert, alors que les deux musiciens réalisent, autofinancent et assurent eux-mêmes la prise de son de ce premier disque aux sonorités lo-fi; l’esthétique brute frôle même le pop rock dans Méconnaissable et dans Tu m’évapores avec ses mélodies plus accrocheuses. Ce procédé contrebalance avec les histoires particulièrement vagues des chansons; elles errent sur des textes aérés, un brin absurdes et surréels, voire satiriques. L’écriture imagée attire l’attention avec ses tournures simples et résonnantes, sans trop se perdre dans la surabondance et les clichés. Somme toute, elle s’harmonise aux structures étendues des compositions. Or, l’imprécision laisse place à l’interprétation et même à la contemplation. Comme le démontre la pièce Vaillant, une écoute attentive est nécessaire pour s’imprégner de chaque morceau de cette trame folk hétéroclite. Ainsi, leur dynamique, avec le gardien des grosses caisses, s’alourdit dans Paysage, devient plus entraînante dans Me taire et se teinte de blues dans Pédale de dirt.

« Pis si tu t’ennuies de voir le soleil

Il se peut qu’un matin tu te réveilles

Dans ses rayons

Ça s’en vient, ça s’ra pas long » 

Rayons

Se familiariser avec l’univers de Filet Désert c’est se situer quelque part où Avec pas d’casque partagerait une tisane à la camomille avec Plume. On se connecte d’emblée à la voix posée de Jean-François Larocque, dont le phrasé nonchalant adoucit la prose du narrateur. Cette prose oscille parfois dans la description de son environnement immédiat, parfois elle s’ancre plutôt dans un rôle d’introspection. Et son chant inspire autant confiance qu’il insuffle la sympathie. Tout y mène au recueillement dans Rayons avec ses chœurs à l’unisson, créant une ambiance presque liturgique. Au piano, Larocque clôt l’album d’une sobre élégance par une courte pièce-titre instrumentale.

Avec son rock minimaliste, le duo Filet Désert déjoue les obstacles — et les non-dits — du cheminement artistique. Il compte un but en dévoilant La lune comme boussole, une œuvre inaugurale axée sur l’amitié, qui allie créativité et expérience partagée, des caractéristiques prometteuses pour un projet musical indépendant. Filet Désert, c’est le reflet de l’anti-artifice qui jaillit en faveur de l’authenticité.

Crédit photo : Marie Décary Larocque (@mariedecary)

Vous pouvez maintenant vous procurer La lune comme boussole en vinyle directement sur leur page Bandcamp. Disponible également chez les disquaires locaux à Montréal comme Aux 33 Tours, Le 180g, Le Vacarme, ainsi qu’à L’Oblique.

Pour écouter l’album :

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