vu_pour_vous_Fat_whites.OK(BD)

© Laure Noverraz

Lundi soir. La semaine a à peine commencé que le plafond culminant à des dizaines de mètres au-dessus de nos têtes se retrouve empli de sueur prête à s’écraser sur notre front. Notre curiosité journalistique se met à palpiter: ‘I was told they were mental’ (‘on m’a dit qu’ils étaient cinglés’) me confie un collègue photographe et compagnon d’infortune avant d’accéder au-devant des barrières, au plus près des sécu peu avenants censés contenir les ardeurs libidineuses d’un O2 Academy plein à craquer.

Une fois toutes les lumières éteintes, le sextet anglais Fat White Family (ou Fat Whites) doit désormais faire ses preuves: ‘mental’ ou pas ‘mental’ ? En entamant leur set par le planant et psychédélique ‘Auto Neutron’, le groupe met d’emblée le public dans sa poche. Un chanteur passablement éméché et sous l’emprise d’autres substances probablement illicites, tenant sa canette de Guiness tel un Graal, à moitié nu et vêtu d’une sorte de bas de pyjama extrêmement moulant, viendra confirmer nos expectatives: ‘mental’, absolument. Il faudra moins de trois minutes pour que le groupe s’égosille et se torde, se vide des canettes et bouteilles d’eau sur la tête, se frotte négligemment l’entrejambe et apporte une dimension supplémentaire au Fat Whites: le rock’n’roll qui t’emmerde bien profond. Ça suinte la drogue, les excès, l’amour, la haine, le sexe et le rock’n’roll. Pour la peine, on se dit qu’un groupe avec une telle attitude ne devrait pas se retrouver dans une soirée à trois mille personnes et trente balles l’entrée. On veut voir ça partout dans les squats, dans nos oreilles, on veut du rock qui transpire et qui bande. On veut plus de Fat White dans nos vies.