Vola – Witness

Skin (Deborah Anne Dyer)(vocals), Skunk Anansie @ Thônex Live, Salle des Fêtes de Thônex (Genève), 29.01.2017. (c) Christophe Losberger – www.daily-rock.com

Voici un groupe peu connu il y a encore quelques années. Pourtant, ce groupe de métal progressif formé en 2004 fit quelques EP, avant de se lancer dans un album nommé Inmazes paru en 2015, portant à charge de les propulser comme un groupe à l’étiquette changeante à travers les écoutes de leur titre. Est-ce que c’est du métal, du djent métal, du progressif, du cyber ? Un peu tout ça à la fois ?

Force est de constater qu’on ne peut pas imposer un genre particulier à tous les groupes, VOLA se distingue par sa patte, manipulant la fusion des genres avec brio. À la fois lent, saccadé, doux, sombre, clair et agressif toujours porté par la voix suave et juste du chanteur Asger Mygind.

Dans la même manière qu’on peut initier un néophyte à la musique classique par le très connu « je n’aime pas le classique, mais ça j’aime », VOLA ferait une belle entrée en matière pour ceux qui veulent découvrir le genre du progressif, à la manière d’un Leprous, d’un Voyageur ou même d’un TesseracT. Ces groupes offrent un panel de musique bien différent.
VOLA reste le plus accessible à mon sens, mais pourvu d’une grande capacité de réécoute tant leurs titres sont subtils, accrocheurs, et parviennent à donner envie d’enchainer à la piste suivante, qui se finit la plupart du temps par une écoute complète de l’album. Le dernier album de VOLA, Witness rentre parfaitement dans cette catégorie de musique qui se réécoute en boucle encore et encore, et procurant les mêmes sensations de plaisir auditif à chaque itération. Des accords et des sonorités toujours bien trouvés au bon goût de reviens-y.

Au menu du jour, nous commencerons par l’entrée avec un Straight Lines, une première bouchée nous fait comprendre que nous sommes dans du Djent metal dynamique mais clair, avec des touches de clavier qui rendent le morceau aérien et un refrain presque pop, plaisant et restant en tête.
En bouche, nous sentons quelques notes subtiles criblées de guitares tiraillées, puis l’homogénéité gagne du terrain devenant fluide à l’écoute. Une musique qui se comprend et se ressent pour entrer en harmonie avec nos sens. Head Mounted Sideways reprend la même philosophie, le même chemin avec un début saccadé suivi d’un ton plus doux, donné par la voix du chanteur qui sonne comme une caresse dans le conduit auditif. Une musique passant du sombre au clair, du rythme distordu tout comme les guitares au refrain plus soyeux accompagné d’un clavier aérien.

24 light Years vient comme un verre de jus sucré, nous transmettre une petite douceur joyeuse avant le plat principal. Pas de guitare distordue ici, la voix posée d’Asger nous transporte jusqu’à la dernière gorgée.

Apparait soudain sur la table, un feat, un morceau fait en coopération avec SHAHMEN. Voilà maintenant que VOLA se met au hip-hop, tout en maintenant sa patte avec une voix portée haute, planante et des guitares à six cordes saturées de bourdon, accompagnées par la voix de Brandon Lee Stratton sur une courte partie du morceau faisant jouer ses talents de rappeur.

Ce plat continue de nous faire voyager avec Freak, un titre tout en douceur, des rythmes plus lents, les guitares électriques rythmiques laissant la place aux guitares acoustiques, et toujours la voix suave d’Asger qui nous transporte. Un thème musical accrocheur soupoudré de sel, réhaussant le goût grâce aux chœurs présents qui viennent enrichir le morceau. Il en va de même pour Napalm et Future Bird, qui parviennent à nous faire garder une écoute attentive et les yeux rivés sur l’assiette tant ces plats glissent tout seuls et se dégustent avec une extrême facilité, notamment grâce au clavier qui place ces notes pile où il faut pour nous faire vibrer donnant plus de saveur au morceau.

La coupe de glace nous dessert les derniers titres les plus classiques de l’album. Les guitares froides sont présentes, la voix lente du chanteur nous accompagne durant toutes les dernières pistes et le clavier donne une lueur d’espoir à des morceaux presque dramatiques.

J’attribue une étoile au guide Michelin, ce 3ème album de vola est un genre de métal progressif qui arrive à se défaire des étiquettes souvent attribuées au même genre, et parvient à se sortir des sentiers battus nous donnant une vraie pâte (feuilletée) qui leur va à merveille, jouant sans arrêt avec le clair/obscur qui leur donne un ton presque énigmatique du début à la fin de l’album, tout en trouvant avec subtilité de quoi nous rassasier avec des morceaux techniquement riches aux sonorités agréables qu’on peut réécouter sans se lasser.

 

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