Page 30 - Daily Rock 149 - Février 2023
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SWISS MADE
oadfever pourrait s’appeler l’image de la pochette
Rockfever tant ils font du premier album des
trembler les murs et vibrer Valaisans de Jacuzzi
les foules. Leur vitalité Jaguar, nous allons nous
emb
R constamment renouvelée, leur A arquer dans un univers
présence scénique investie forme sans nul sauvage, dansant et rayonnant.
doute leur marque de fabrique. 2023 débute Avec leurs touches électro qui se
à peine que les voici qui déboulent avec mélangent aux guitares et aux
ROADFEVER l’album « Invisible Enemy » dont la qualité JACUZZI JAGUAR rythmiques montant en puissance.
Invisible Enemy de mixage est impeccable. Qu’est-ce qu’on Jacuzzi Jaguar Nous démarrons avec le premier single
Autoprod y trouve ? Du hard rock à l’état pur dont Escudero Records de l’album « Baïla », qui donne le ton
les mélodies et la voix puissante de Stevie d’emblée : Jacuzzi Jaguar sait de quoi il
Pike s’impriment aussi bien dans la peau parle et a un certain don pour créer une
que dans la tête. Aux premiers accords de « In Chains », ambiance marquante dès les premières secondes.
les frissons me grignotent déjà et je suis en train de marteler le sol S’en suivent onze autres morceaux grondants, pop puis plus,
avec mes santiags et de bouger la tête dans tous les sens. Bon, j’ai Stefan Clay et sa bande profitant de leurs années d’expérience
pas de santiags et mes cheveux sont encore trop courts pour que au sein de multiples formations (Belmondo, Doppelgänger,
je me livre au fameux lancer de tignasse d’avant en arrière mais Fleuve Congo…) pour nous en mettre plein les oreilles. Élégant
qu’est-ce que ça peut faire tant qu’on est possédé par l’esprit rock comme un Jaguar, riche comme un propriétaire de Jacuzzi,
! Avec ses dix titres, on part en transe, on part très loin. Synergie ce premier opus montre les griffes. On retiendra des titres
magique entre les riffs ravageurs de David Pariat à la guitare, comme « Oh My Darling », les deux excellents « Silences Of
le jeu de Pascal Bavaud à la batterie, les vibratos de Stevie au Desire », l’un à la voix féminine, l’autre à la voix masculine
chant ainsi que le jeu subtil de Isa H-D à la basse. (on se demande ce que cela créerait si on les juxtaposait ?)
Par moment, je capte des visions de grands espaces vierges à et qui arrivent à point nommés pour faire une pause sur cet
l’instar de ceux rencontrés dans le Grand Ouest américain. Si vous album. On termine avec un traditionnel morceau invitant la
croyez que c’est un album, vous vous trompez : c’est un putain de guitare sèche, « Dreams », qui clôture cette galette de manière
voyage. Coups de cœur pour : 'Here comes the night ', ' In Chains ' mélancolique. On regrettera néanmoins le manque de moments
Rock’n’roll roots' qui déploient une force combative et stimulante. plus aventureux et expérimentaux. En soit, un très bel effort
Bref, vous l’aurez compris, c’est un album à faire tourner plus de ce trio ayant émergé des cendres de plusieurs formation
d’une fois ! A écouter en boucle, à offrir, à découvrir quoi qu’il de la scènes romandes. Vernissage le 25 février aux Caves de
advienne. Rock on forever ! [SR] www.mx3.ch/roadfever Martigny pour voir la bête pousser son premier rugissement !
[LN] www.jacuzzijaguar.com

