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Slayer : la case de l’Oncle Tom.

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« You can’t be into Slayer one summer », dit-on. Il faut croire que c’est vrai. Samedi soir, la moyenne d’âge de l’Université de Montréal s’est complètement affolée lorsqu’une horde de fans de Slayer a envahi l’aréna du CEPSUM.

Voilà 30 ans que Slayer empile les cabinets Marshall pour maltraiter harmonies et tympans en chantant la mort et le sang. Trois décennies sans ralentir le drum à fédérer les fans les plus fidèles qui soient. La quantité anormalement élevée de tempes grisonnantes –pour un concert de métal- le montre : les fans de la première heure sont toujours là!

Le set-list du CEPSUM était clairement pour eux. Slayer était d’humeur old school. Mais comme Slayer a toujours été Slayer, finalement, vieilles pièces et répertoire récent se mêlent sans distinction. Les crucifix retournés, les casques sur les têtes de mort et les lumières rouges nous plongent dans une ambiance Evil Dead mort de rire. Tom Araya a la banane et a toujours un mot gentil –en français s’il-vous-plaît- lorsqu’il arrive à en placer une. Difficile en effet de couper les multiples ovations offertes par la foule. On se croirait en famille à faire du trash pour rigoler avec tonton. Ce que me confiait notre cher rédacteur en chef et photographe à la lentille magique : « Tom Araya, il me fait penser à mon oncle. » Ça ne s’invente pas.

Finalement, Slayer est une expérience intemporelle. Les chansons ne vieillissent pas, les fans non plus. Ils emmènent simplement leurs enfants hauts comme trois pommes et déjà convertis. Seule la guitare de feu-Jeff Hanneman, posée en arrière de son remplaçant, nous rappelle que personne n’est immortel. Même si Kerry King a la même barbe, la même posture et la même attitude qu’il y a 20 ans!

Place aux jeunes

Quand la moitié restante de Slayer était sur scène et que les shorts en coton ouaté y étaient encore tolérés, ils étaient pour leur part dans leurs couffins, bien loin de toute cette agitation. Gojira est venu offrir une prestation énergique et ultra-rôdée à un public de vieux briscards qui ne connaît pas la relève.

Le son catastrophique a eu le mérite de mettre en valeur le jeu de lumière. Encore une preuve qu’une salle de sport est faite pour voir, par pour écouter. L’ingénieur du son a heureusement eu l’intelligence de ne pas en plus tout mettre dans le tapis ce qui a préservé un peu de clarté à l’ensemble.

Après une entrée explosive sur… Explosia –mouahahaha- la salle s’est très vite réchauffée sur le déjà classique Backbone et son bassiste bondissant. En bon Français, Joe tente le Québécois : « Putain de tabernacle de bordel de merde »  en dédiant The Heaviest Matter Of The Universe à la scène métal Montréalaise. L’apprentissage de la langue de la Belle Province n’est pas chose aisée et il manque de peu de dédicacer l’Enfant Sauvage à « Tous ceux qui ont su rester des…. J’ai failli dire des gosses, je voulais dire des enfants, ceux qui ont su rester des enfants. » Pas facile!

Gojira conclut sur Vacuity et c’est déjà la fin du set après seulement 9 pièces. C’est court, mais c’est malheureusement le fardeau des groupes supports. Ils quittent la scène en scandant Slayer.

Merci Evenko

La présence de Daily Rock était permise entre autre à l’invitation du groupe 4ARM, qui avait la lourde tâche d’ouvrir cette belle soirée. L’organisation des plus pragmatiques d’Evenko nous a fait passer au travers de QUATRE files d’attente pour récupérer un passe d’entrée. Quatre files d’attente, pile-poil le temps du set de 4ARM. Désolé messieurs.

Un témoignage à rapporter tout de même : mon voisin de devant embrassait son disque de 4ARM qu’il venait d’acheter au stand de merchandising. Parfois, une image vaut mille mots.

 

Texte : Marien Joly

Note du photographe, un gros merci à Caroline.

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