WARPAINT fête ses dix ans !


La première fois que j’ai entendu parler de Warpaint, j’étais à l’université en 2011 à Amsterdam et une de mes potes qui aimait la dream pop et les trucs arty un peu space m’a fait écouter ‘Billie Holiday’ (de leur EP). Avant qu’elle ne branche le son, je me suis dit : merde, ça va encore être un truc acidulé, je vais faire comment pour lui expliquer que c’est pas mon truc, les groupes de meuf dans le genre sauf si elles sont énervées voire overdrive (j’adore Bikini Kill, The Raincoats et j’ai forcé tous mes mecs à les écouter). Rien à voir. J’ai été frappée par la subtilité, la variété du son. Byzance indie. Une guitare agréable, une texture sensuelle mais un mystère planant, un truc baroque voire sombre exulté par la voix de TT Wayman et la guitare de Kokal, entre autres. Voici un groupe qui a explosé en 2010 mais qui a en fait été fondé par des amies d’enfance en 2004, et Wikipédia précise même ‘le jour de la St-Valentin’.

Après leur EP de 2008 dont les sessions sont arrangées et mixées par l’ancien guitariste des Red Hot Chili Peppers, John Frusciante, c’est en 2010/2011 qu’arrive la consécration internationale et que de milliers d’auditeurs/trices comme moi, en festival européens ou dans leurs chambres d’université vont s’enthousiasmer pour leur son insolite et rêveur. On les compare entre autres aux Cocteau Twins. En 2009, ‘Exquisite Corpse’ est ré-édité sur le label Manimal Vinyl. Les autres albums seront signés chez Rough Trade, dont ‘The Fool’ en 2010 qui les a propulsées en tournée internationale avec ‘Undertow’ et ses millions de vues sur internet.

Pour ‘Warpaint’, leur deuxième album (2014), Flood, artiste 80s ayant collaboré avec Soft Cell et Nick Cave produit et mixe l’album. Warpaint ont clairement voulu créer un son minimaliste sans trahir son âme expérimentale. Kokal cite entre autres le rnb et la soul comme influence vocale. C’est une réussite. Un panachage entre hommages persos (‘Biggy’), rock dansant (‘Disco/Very’) et mélancolie. ‘Love is to Die qui sera même repris dans une pub. En 2016, arrive l’attendu ‘Heads Up, comme une nouvelle étape. L’album contient encore un clin d’oeil à leurs influences (‘Dre’) et plusieurs morceaux alternatifs comme ‘New Song. Malgré leur succès confirmé, les quatre nanas ne cessent de créer et se renouvellent sur scène en jouant depuis leurs débuts des chansons inédites, ou improvisent des sessions de jam comme aime le dire Kokal. ‘Jubilee’, à écouter absolument, est un parfait exemple de cette osmose qui anime ce quatuor nourri d’une insouciance rebelle, offrant une légèreté lyrique et un sérieux talent musical en constante ébullition.

C’est vrai qu’il n’y a pas tant de groupes de meufs ultra connues dans le rock indie américain MAINSTREAM ou alors c’est aussi et surtout des show women (I see you Peaches, le Tigre), et Warpaint a eu des membres masculins, donc n’allons pas trop vite en besogne pour les taxer de girlband revendicateur. Non. On va avancer qu’après Warpaint, il y a peut-être de plus en plus d’artistes féminines décalées, prêtes à conquérir le devant de la scène lors de festivals populaires comme Werchter ou Main Square, dans les traces du quatuor californien.

Warpaint, comme peindre son visage avant le combat, lentement, parfaitement et avec détermination. Leur prochaine métamorphose est imminente – le groupe étant en studio au moment même où nous écrivons ces lignes… [Krizstina Kovacs]

www.warpaintwarpaint.com

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