TEXAS – Vaudoise Arena, Lausanne – 1er avril 2022

Dire que ce concert de Texas était attendu est un euphémisme après deux ans et plusieurs reports successifs pour tester notre patience.

Une soirée particulière à plus d’un titre, d’abord parce que c’était la tournée anniversaire de ‘Southside’, le premier album de Texas, qui fêtait ses 30 ans. Mais également parce que c’était le premier concert à la Vaudoise Arena de Lausanne-Prilly et plus globalement le premier concert d’envergure dans la région après deux ans de disette.

Alignement des planètes, ce 1er avril 2022 est également le premier jour du retour total à la normal, avec l’abandon des ultimes mesures anticovid (fin du port obligatoire du masque dans les transports publics notamment), donc une raison de plus de célébrer cette soirée forcément spéciale.

Dès l’ouverture des portes, la patinoire lausannoise, aménagée en moins de 24h en salle de concert, se remplit bien. Plus de trois quarts des places ont trouvé preneurs et malheur aux absents car la soirée a été splendide du début à la fin.

Le concert commence par une première partie acoustique, avec tout le groupe assis face au public pour jouer l’intégralité de Southside dans le même ordre que sur le disque. Cela débute donc directement avec du lourd : le tube ‘I Don’t Want A Lover’ et ses slides de guitare, ou encore peu après ‘Everyday Now’, deux chansons qui n’ont jamais quitté la setlist de tout concert de Texas.

Visuellement, il n’y a pas d’artifice, juste 5 personnes assises qui ne se sont jamais levées pendant 10 morceaux. Du coup, toute l’attention est portée à la musique et aux anecdotes pleines d’humour de Sharleen Spiteri. Elle plaisante notamment sur la grande idée qu’ils ont eu de laisser Texas ouvrir pour Texas, ce qui s’est avéré épuisant vu leur âge avancé, ou encore le fait qu’ils ont dû essuyé les refus de deux producteurs (dont un qui n’avait même pas voulu l’entendre chanter) avant de s’entendre avec Tim Palmer.

A la moitié du set, ‘Faith’ réveille un peu la salle avec un énergique solo de guitare de Tony McGovern. Avant d’enchaîner avec ‘Thrill Has Gone’, Sharleen rappelle que le groupe avait absolument voulu que ce soit le second single pour suivre après le succès de ‘I Don’t Want A Lover’ classé dans le top 10. Cela avait été un four commercialement parlant, mais au final le reste de l’Europe, dont la Suisse, avait adopté ce morceau, donnant raison au groupe et sauvant peut-être sa carrière.

C’est assez dingue de constater à quel point cet album est cohérent et sans temps mort. Outre les singles bien connus, il y a d’autres chansons qui tiennent la comparaison, chacune avec son truc et c’est sympa de les redécouvrir dans ces conditions.

A la batterie, il y a une nouvelle musicienne, Cat Myers, présentée par Sharleen en fin de set, admettant qu’il était temps après plus de trois décennies qu’il y ait enfin une autre fille dans le groupe. Introduit par un « Merci mes amis » de Sharleen qui parle un peu français, consciente que son accent écossais complique un peu la communication, ‘Future Is Promises’ conclut cette première partie.

A peine trente minutes de break pour agrandir la scène, enlever les tabourets et changer de tenue. Sur les flyers, la deuxième partie du concert promet hits incontournables et extraits du nouvel album ‘Hi’. Le constat est rapide : Depuis 1989 et la sortie de Southside, Texas a composé une kyrielle de tubes à chaque décennie, mais surtout fin 90’s, début des années 2000. Cela débute avec “Halo”, un des nombreux extraits de ‘White On Blonde’, l’autre album mythique des écossais, puis ‘Summer Son’ pour faire bondir toute la patinoire. Sharleen a revêtu un complet velours et surtout abandonné son bonnet rouge. Elle lâche ensuite son imposante Gretsch pour ‘Hi’. A ce stade, personne n’a aucun regret d’avoir pris sa place ce soir. Le son est vraiment bien, ce qui est toujours assez compliqué dans une patinoire (c’était un des gros défauts du cube de Malley), en tous les cas dans la fosse. Dans les gradins, il y avait un peu d’écho sur les parties calmes. Texas enchaîne les succès (une première aussi dans l’antre du LHC), avec ‘In Demand’ qui s’illumine de téléphone portables, ‘In Our Lifetime’ ou encore le récent (et excellent) ‘The Conversation’.

Avant le dernier morceau, Sharleen nous rappelle que non ce n’est pas vraiment la dernière chanson et si on demande gentiment, on aura encore droit à une, deux voire trois chansons, mais qu’il faut jouer le jeu et faire semblant d’être triste avant ‘Say What You Want’. Chose promise chose due, le rappel débute comme le premier concert avec la version électrique de ‘I Don’t Want A Lover’. Le public est invité à chanter dès la deuxième phrase. La participation est bonne mais le couple devant moi est aussi doué que discret ! Probablement, le manque d’entraînement après deux ans sans aller à des concerts.  Encore un énorme tube avec ‘Black Eyed Boy’, puis une toute dernière chanson, ‘Suspicious Minds’ popularisée par Elvis Presley, que le groupe écossais reprend souvent. Avant de démarrer, Sharleen nous explique que Tony va jouer deux accords et que ceux qui ne reconnaissent pas la chanson peuvent rentrer directement chez eux. Un classique bien exécuté pendant que la chanteuse arpente une dernière fois la scène de long en large en remerciant Lausanne de son accueil et la Suisse d’avoir soutenu Texas depuis si longtemps.

Le public est ressorti de la patinoire avec le sentiment d’avoir passé une bonne soirée.

Merci à Opus One pour l’accréditation et l’organisation.

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