SOLSTAFIR – Endless Twilight of Codependent Love

La disto des guitares paraît lointaine. La voix qui lui emboîte le pas ? Frêle, cassée. L’accent est rocailleux. C’est celui de l’Islande, terre natale des membres de Sólstafir.

Et cette équipe ne fait pas du post rock atmosphérique pour rien ! Leur son mélancolique à souhait met en bouteille les paysages sauvages de l’Islande. ˈAkkeriˈ, le premier morceau de 10 bonnes minutes, qui pourtant n’affiche aucune trame traditionnelle de couplet/refrain, en est le parfait ambassadeur. Mesures à pas feutrés, blasts qui rappellent leurs origines black, breaks aériens, riffs de guitares rageurs sont la panoplie dont Sólstafir dispose pour donner vie à leur spleen nordique.

L’avantage, lorsqu’on ne comprend pas la langue, c’est qu’il est plus simple de considérer la voix du chanteur comme un instrument plutôt qu’un véhicule de sens. Or, que dire du timbre si particulier, si torturé, d’Aðalbjörn ‘Addi’ Tryggvason, si intense dans chacune de ses intonations. Le bougre pourrait réciter les entrées du dictionnaire qu’on verserait quand même une larme !

Mais, vraiment, s’il fallait se pencher sur la signification, on serait alors obligé de faire confiance aux dires des musiciens : si leurs paroles portaient plutôt sur la mythologie nordique ou une critique acerbe des religions, leurs derniers efforts se focalisent plus sur leur connexion spirituelle à la nature, la dépression ou l’alcoolisme. Bref, que des sujets en parfaite adéquation avec la tonalité résolument sombre de leur son. Sólstafir sont vraiment tout en cohérence. Là où intervient l’inattendu, c’est dans leur capacité qui paraît infinie à faire résonner au plus profond de soi un sentiment de mélancolie. Sólstafir, c’est un puits sans fond – jouissif – de nostalgie. Si la souffrance semble être leur principal moteur créatif, leur musique a des dons thérapeutiques. De ceux qui nous font traverser notre existence, même dans ses pires difficultés, avec le sentiment inébranlable qu’au final, tout ira bien. C’est la beauté de l’art qui vient au secours de la vie.

www.solstafir.net

Note : 5/5

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