SMOKE THE BEES – Mesmerise

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Revoici les italiens de Smoke The Bees, qui il faut bien l’avouer, n’avaient pas marqué les esprits avec leur premier EP Garrincha. Bien que l’on sentait qu’ils savaient parfaitement se servir de leurs instruments, ils partaient dans tous les sens et n’avaient aucune ligne directrice. Leur copie était du genre bancale, et leurs chansons trop monotones pour qu’on se laisse emporter. Autant vous dire que je n’attendais plus grand chose de leur part.
Je fus donc très surpris en découvrant leur album Mesmerise, qui au gré des pistes, nous emmène faire un tour chez Blur (au chant parfois, on a vraiment l’impression d’entendre Damon Albarn). Ils nous ont concocté ici une pop plus mature avec des sons variés et avec des prises de risques plus marquées. Le tout sonne anglais jusqu’au bout des ongles et ils nous livrent en musique la vision d’une Angleterre rêvée et fantasmée, où l’on se promène le long de la Tamise en écumant les nombreux pubs à proximité.
Plus ambitieux, ils ont délaissé leur son de supermarché et font de la britpop, un laboratoire où toutes les idées à venir du groupe se retrouvent en accord avec ce qu’ils veulent proposer. Mais si les influences sont évidentes et bien digérées, on n’est pas forcément pour autant chez Mme Tussaud. Plus propres sur eux, ils ouvrent leur musique à de nouveaux horizons et y gagnent en crédibilité. Le son est planant, mais suffisamment rythmé pour éviter l’ennui, et le résultat obtenu est une remise en question musicale.
Une fois les chansons devenues familières, l’énorme travail accompli par les turinois ressort à sa juste valeur et, malgré quelques passages obsolètes à mon goût, ils ont le mérite de taper dans le même répertoire d’Oasis (tout du long, ils gardent une essence mancunienne), des Happy Mondays ou bien des Stone Roses. Les compositions sont recherchées, les arrangements lumineux, la production chic, et tout est fait pour caresser l’auditeur dans le sens du poil.
Ils semblent totalement libérés, inspirés avec un sens de la mélodie cool qui tue, et jouent avec une certaine nonchalance qui n’est pas pour me déplaire. Le pic d’inspiration semble atteint à plusieurs reprises et la machine est relancée de bien belle manière. Avec ce Mesmerise, ils prennent enfin le départ et se lancent un défi purement artistique sans limite de consommation. Inoffensif musicalement et en crise d’identité, ils passent enfin la seconde et nous imposent leur rock, qui s’allège quelques fois, et qui menace même parfois. Rafraîchissant et inattendu.
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