ROTTING CHRIST + MOONSPELL + SILVER DUST – PTR, Genève – 11 décembre 2019

Dernier concert de l’année (pour moi) alors autant se faire plaisir avec une triple affiche impressionnante.

Mercredi sous la pluie, toujours aussi difficile de traverser Genève en voiture en fin d’après-midi, puis de slalomer entre les dealers pour rallier l’Usine.

Mais cela vaut le coup, car ce soir, je vais revoir plusieurs groupes que j’ai déjà vus par le passé mais jamais ensemble sur la même scène. A l’annonce de cette tournée, je me rappelle avoir pensé que c’était de la folie, d’abord en raison de son ampleur (50 dates en Europe en 53 jours), mais également parce que je voyais mal comment un groupe comme Silver Dust allait pouvoir ouvrir pour Rotting Christ, dont la puissance n’est plus à présenter.

Il ne reste que quelques dates à cette tournée interminable et à l’évidence tout le monde a survécu jusque-là.

Comme chaque soir, Silver Dust passe en premier et dispose d’une trentaine de minutes pour lancer la soirée. Lord Campbell et ses musiciens ont toujours ce look particulièrement soigné et semblent débarqués tout droit de l’époque victorienne. Musicalement, je constate que le groupe a musclé son set en préférant les morceaux les plus costauds. Bien lui en a pris et le public déjà bien présent lui fait un chaleureux accueil. Il faut dire que Silver Dust communique également beaucoup et offre un vrai spectacle, avec danseuse et projections vidéos. On a droit à une vraie première partie qui n’est pas là pour essuyer les plâtres dans l’indifférence. De son côté, Lord Campbell n’hésite pas à descendre dans le public, jouer de la guitare avec la bouche ou encore serrer les mains des fans. Au final, moi qui était avant tout venu pour voir Rotting Christ, je me retrouve très agréablement surpris par ce premier concert, que j’ai par ailleurs trouvé bien mieux que leur set au Venoge Festival en août. Que de chemin parcouru pour les Jurassiens. Impresionnant.

A peine le temps de vider l’imposant attirail scénique de Silver Dust que les grecs débarquent. Faut dire que c’est plus simple pour eux vu qu’ils ont juste leurs instruments. Rotting Christ c’est effectivement beaucoup plus sobre, d’ailleurs il s’agit d’un des seuls groupes de black metal qui n’arbore pas ce maquillage panda indissociable du genre. C’est la première fois que je les vois avec le nouveau line-up, George Emmanuel et Vagelis ayant décidé de privilégier leurs nouveaux projets. Les frères Tolis se retrouvent donc entourés par un nouveau bassiste et un nouveau guitariste dont je n’ai pas encore mémorisé les noms. Cela démarre évidemment de manière très intense, mais je m’étonne de ne pas être aussi enthousiaste que par le passé. Je trouve que cela a de la peine à décoller pendant le premier quart d’heure et puis au fur et à mesure des morceaux, l’intensité ne fait qu’augmenter et dès le milieu du set, je retrouve enfin cette puissance incroyable qui m’avait scotché notamment aux Docks en 2016 sur la tournée « Rituals ». La fin du show arrive bien trop vite alors que l’ambiance est incroyable, en particulier pendant le final avec « Grandis Spiritus Diavolos » suivi par l’incontournable « Non Serviam ». Le public est intenable et la température vient de doubler quand les grecs se retirent sous de nombreux applaudissements. Mon seul regret c’est de ne pas avoir entendu plus d’extraits de Rituals, mais c’est le principe d’une tournée à trois groupes, faut de la place pour tout le monde.

Moonspell est un de ces groupes qui force le respect pour son parcours et surtout sa cohésion sans faille. Les membres du groupe sont soudés comme des frères depuis le début de leur parcours et cela fait plaisir à voir comparé à tous ces groupes qui tournent avec à peine un membre du line-up original. Le show des portugais est lui aussi très théâtral. Retour à l’ambiance du 18 ème siècle, dans lequel leur dernier album 1755 est ancré. Cela commence avec un Fernando Ribeiro qui arrive lanterne de marin à la main sur le premier morceau ou qui revêt le fameux masque en forme de bec que portaient les médecins lors des épidémies de peste. On s’éloigne un peu du 18 ème quand il sort sa croix laser, mais personne ne se plaint de ce léger anachronisme. Le public semble très content de la prestation des portugais qui maitrisent admirablement leur sujet. La salle est comble et cette soirée est un vrai succès comme on aimerait en voir plus souvent.

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